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Prédicat: ont cueilJi j nous = à nous

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Ce procédé a l'avantage de bien montrer la fonction de chaque mot, et en particulier des prépositions, par exemple dans, qui unit le circonstanciel le jardin au verbe ont cueilliy et non pas au complément direct des fraises.

2. Analyser la phrase œmposée, c'est la décomposer dans ses éléments, qui ne sont plus les mots, mais les propositions^ en indiquant la nature^ \sl forme et la fonction de chacune d'elles.

3. L'analyse, qui se fonde sur les principes exposés dans la seconde partie de cet ouvrage, peut seule rendre un juste compte de l'emploi des signes de ponctuation, comme dans la phrase suivante qu'il faut décomposer d'abord dans ses parties principales, puis dans ses divisions secondaires et tertiaires, de la manière suivante :

La parole de Dieu est semblable à la semence du laboureur : si une pierre dure la reçoit^ elle ne germe pas; si elle tombe parmi les ronces^ elle est étouffée; si une bonne terre la reçoit, elle produit une récolte abondante.

Cette phrase est une phrase surcomposée de coordination • comprenant deux parties, qui sont dans un rapport copulatif et sont séparées par les deux points : la première partie est une proposition simple ; la seconde est composée de trois propositions copulatives, entre lesquelles se place le point- virgule, signe de la coordination, et chacune de ces propositions a i son service une proposition subordonnée exprimant une condition, et séparée de la principale par une virgule, signe de la subordination.

4. C'est une erreur de croire que dans une phrase il y a autant de parties que de propositions, comme si elles avaient toutes la même valeur logique. Voici donc comment il faut analyser les deux phrases suivantes :

Chacun se dit ami; mais fou qui s'y repose (La F.).

§ 320 ANALYSE SYNTAXIQUE 695

Cette phrase surcomposée de coordination comprend deux parties séparées par un point-virgule et exprimant deux pensées différentes qui sont dans un rapport adversatif, marqué par la conjonction mais. La première pensée est exprimée par une proposition simple : Chacun se dit ami; la seconde^ par une proposition composée de subordination dans laquelle une proposition principale est fou a à son service et subordonne une proposition accessoire : qui s'y repose^ proposition substantive, parce qu'elle a la valeur d'un substantif, faisant la fonction de sujet du verbe ellipse de la principale (est).

Rien ne sert de courir: il faut partir à point (La F. VI, 10).

Cette phrase de coordination comprend deux parties séparées par les deux points et exprimant deux pensées différentes. Chacune de ces parties renferme une principale dont le sujet logique est exprimé par une proposition substantive abrégée par rinfinitif : V Rien ne sert que Von coure, c'est-à-dire : Il ne sert de rien que Von coure; 2® Il faut que Von parte à point.

5. On peut développer ce mode d'analyse en détaillant chaque proposition comme dans cet exemple :

Un philosophe ancien voulait qu'on priât à haute voix, afin que chacun put se convaincre qu*on ne demandait rien aux dieux dont on eût à rougir.

Cette phrase de subordination renferme les propositions suivantes :

a) Un philosophe ancien voulait. Proposition principale. Un philosophe, sujet déterminé par ancien; voulait, prédicat verbal, & TindLcatif, parce qu'il marque un fait.

b) Qu^on priât à haute voix. Proposition substantive exprimant le régime direct du verbe voulait, auquel elle est liée par la conjonction que. On, sujet ; priât, prédicat verbal, au subjonctif, parce qu'il dépend du verbe de volonté voulait (§ 288) ; à haute voix, circonstanciel de manière.

c) Afin que chacun pût se convaincre. Proposition adverbiale de but, liée au verbe de la principale par afin que. Chacun, sujet; pût, prédicat verbal, au subjonctif, & cause de afin que (§ 305); convaincre, régime direct de pût; se, régime direct de convaincre,

d) Qu'on ne detnandait rien aux dieux. Proposition substantive exprimant le régime indirect du verbe convaincre, auquel elle est liée par la conjonction que. On, sujet ; demandait, prédicat verbal, à l'indicatif, parce qu'il dépend du verbe déclaratif se convaincre (§ 288) ; rien, régime direct (accusatif) ; aux dieuXy régime indirect (datif).

696 ANALYSE SYin?AZIQUE § 320

e) Dont an eût à rougir. Proposition adjective déterminative, liée au pronom indéfini rien par le relatif dont. On, sujet; eût, prédicat verbal, au subjonctif, parce qu'il dépend d'une proposition négative (§ 294) ; à rougir, régime direct de eût; dont, régime indirect de rougir.

Socraié demanda à 96$ amit s'ils connaissaient un pays où Von ne mourût pas.

Cette phrase est une phrase de subordination renfermant une principale et deux accessoires qui sont subordonnées Tune i l'autre, comme suit :

Socrate demanda à ses amis

s'ils connaissaient un pays où Ton ne mourût pas.

a) Socrate demanda à ses amis. Proposition principale : Socrate, sujet ; demanda, prédicat exprimé par un verbe à l'indicatif, parce qu'il exprime un fait; amis, complément indirect déterminé par ses et lié au verbe par la préposition à.

b) S'ils connaissaient un pays. Proposition substantive abstraite, complément direct du verbe demanda auquel elle est liée par la conjonction si. Ils, sujet; connaissaient, prédicat exprimé par un verbe à l'indicatif, parce que si interrogatif demande ce mode (§ 291); ww pays, complément direct de connaissaient.

c) Oit Von ne mourût pas. Proposition adjective déterminative, liée à pays par le pronom relatif oà. On, sujet; mourût, prédicat exprimé par un verbe au subjonctif, parce qu'il dépend de la proposition précédente, qui est interrogative (§ 294); où, circonstanciel de lieu de mourût.

6. La phrase de subordination n'étant que le développement de la proposition simple, on peut encore figurer la dépendance de ses diverses parties de la manière indiquée ci-dessus. Ex. :

Cet ami^ qui vous veut beaucoup de bien, vous prêtera de Vargent dès que vous lui en demanderez,

i. Sujet: ami j . ^^^^ i beaucoup de bien

f vous (= à vous)

( de Vargent 2. Prédicat : prêtera j vous (= à vous)

( dès que vous demanderez ] ^^ (= "^ ^ argent)

' lui (= à lui).

7. On peut abréger l'analyse syntaxique au moyen de signes convenus :

a) On indique la nature et la fonction de chaque mot par les abréviations suivantes, placées au-dessus et au-dessous :

§ 820 ANALYSE SYNTAXIQUE 697

Nature. Fonction.

s. s= substantif v. = verbe s. == si:get

a. = article adv. = adverbe p. = prédicat

adj. = adjectif pr. = préposition a. s= attribut

n. = nom de nombre c. = conjonction cp. = complément

p. = pronom i. = interjection c. = circonstanciel

p. p. y. pr. a. s. a. s. pr. s. Je lui enverrai par la poste une lettre de félicitation. 8. cp. p. c. cp. a.

b) On désigne les propositions principales par les majuscules A, B, C, etc., et les propositions accessoires, selon qu'elles sont substantives, adjectives ou circonstancielles (adverbiales), par les initiales: s, a, c ; — s*, a*, c*; — s', a', c', etc., pour les accessoires de 1*', de 2*, de 3* rang, etc. On souligne les pronoms relatifs et les conjonctions qui servent à lier les propositions. Ex. :

La patience est amère, mais son fruit est doux. = A, fi. L'attelage suait, souillait, était rendu. = ABC (contraction). L'eau qui dort est pire qxAe Teau qui coule. = AaAca*. L'envieux, mourant, éteindrait volontiers le soleil, afin que personne n'en jouit après lui (§ 296). = AaAc.

On peut faire ressortir la subordination des propositions de la manière suivante :

Je crois (A)

que mon cousin viendra me voir (s), ai le temps est favorable (c*) et ai son père,

qui est en voyage (a^), est de retour (c')

aprè» avoir terminé l'affaire (c^)

pour laquelle il a dû s'absenter (a^).

La phrase surcomposée s'analyse de la même manière : les grandes divisions se marquent par A, B, etc. ; si Tune d'elles est à son tour composée par coordination, on distingue ses subdivisions par les chiffres 1, 2, etc. ; si elle est composée par subordination, on se sert des signes indiqués ci-dessus :

Tous les Grecs m'ont déjà menacé de leurs armes; — A

Mais^ dussent-ils encore, en repassant les eaux, (c c*

Demander votre fils avec mille vaisseaux, ic

Coûtât-il tout le sang gu'Hélène a fait répandre, — c a* Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre, ^ — c

Je ne balance point, je vole à son secours, — R^, B*

Je défendrai sa vie aux dépens de mes jours (Rac.) — B^

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