‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 42 sur 100 · EXPLOSIVES. CONTINUES · texte numérisé non relu

EXPLOSIVES. CONTINUES

Labiales

§ 72. — Les explosives et les continues forment en réalité deux grandes classes. Mais comme la classe des explosives se composerait d’un ordre unique, pour nous exprimer plus commodément, nous nommerons les explosives un ordre, qui sera en opposition avec les nasales et les liquides et les spirantes, qui sont les ordres des continues. Quant aux explosives elles-mêmes, elles se subdiviseront en trois degrés, les sourdes, les sonores et les aspirées (on n’oubliera pas qu’en grec peut-être, et certainement en latin et dans les langues germaniques, les aspirées sont devenues des spirantes).

Une autre division croisant celle-là classera les consonnes, suivant les organes qui les émettent, par familles des gutturales (et des palatales qui en dérivent), des dentales (et des cérébrales qui en dérivent), et des labiales.

Ainsi le classement des consonnes, suivant le tableau ci-dessus, a lieu moyennant une table à deux entrées, verticale pour les ordres et les degrés, et horizontale pour les familles.

§ 73. — Parmi les continues, les spirantes seules sont susceptibles d’une réelle distinction de degré. Encore, cette différence qui existe dans les sons du français, entre ch et y, entre s et z, entre f et v, ne se retrouve-t-elle pas dans les langues anciennes. Le sanscrit n’a pas de f continu en face de son c,- il n’a pas de sifflantes sonores. Le grec, si pauvre en continues, ne possède ni le v en face du <p (le <p n’était même probablement pas une continue originairement), ni le z en face du s. I je. latin n’a de z qu’une repré-

GH. COUP. o

eentation du £ grec, lettre double qui n’est pas une spirante; et pour correspondre au c, son /’n’estpas une vraie labiale, mais une sorte d’aspiration générale dont nous expliquerons plus loin la nature (§ 118).

Quant aux liquides (/, r), aux semi-voyelles (y, e), aux nasales (« , rn ) , et à l’aspirée simple (h), elles ne sont en réalité ni sonores ni sourdes; aussi la classification des moyennes et des ténues, des douces et des fortes, ne s’est-elle jamais étendue jusqu’à elles, non plus qu’aux autres continues des alphabets anciens. Mais pour les règles de leur euphonie, les grammairiens indiens ont classé les liquides, les semi-voyelles, les nasales et l’aspirée simple parmi les sonores, tandis que les sifflantes étaient rangées parmi les sourdes.

Page 1