AVERTISSEMENT
Une préface n'est réellement utile que lorsqu'on récrit après avoir terminé l'ouvrage, et qu'elle peut ainsi en résumer le sens et l'intention. C'est pourquoi la préface de la Grammaire comparée des langues classiques ne sera donnée qu'avec la dernière partie. J'y expliquerai comment la part que j'ai prise à la traduction de la Grammaire comparée de Bopp, par mon savant ami M. Bréal, m ? a fait songer à mettre entre les mains des lettrés français non initiés aux études de ce genre, un livre plus élémentaire, n'embrassant que les langues familières à notre public, et le sanscrit qui en est le centre de comparaison obligé. Je me suis proposé un triple but :
donner une base à la fois rationnelle et historique à la grammaire du grec et du latin ; esquisser l'origine étymologique des idiomes dont le français est principalement issu; et
rV AVERTISSEMENT.
enfin pénétrer, par une analyse un peu rigoureuse, dans l'organisation intime des langues et dans les lois de leur développement vital.
Si je me suis décidé à publier le commencement de mon travail sans attendre qu'il fût terminé, c'est que cette première partie forme à elle seule un tout, et en quelque sorte une œuvre détachée. La phonétique, en effet, est arrivée à constituer une branche à part de la grammaire comparative, et une espèce de science préparatoire, précédant l'examen des racines et de la formation des mots. On peut l'étudier en elle-même, et des ouvrages aussi importants que les Esquisses d'étymologie grecque de M. G. Curtius, et les travaux de M. Corssen sur la prononciation et les formes du latin, ont posé les lois fondamentales de la formation des mots grecs et latins sans sortir de ce cadre. Ce que je dois à ces savants livres ainsi qu'à la Grammaire comparée de Bopp, à celle de M. Léo Meyer, au Compendium de M. Schleicher, aux Grammaires sanscrites de M. Benfey, etc., je le reconnais hautement. J'ai tâché de me tenir en accord avec ces maîtres, qui ont établi un corps