‹ Grammaire comparée des langues classiques phonétiqueChapitre 11 sur 82 · Gramm. comp., trad. fr., § i · texte numérisé non relu

Gramm. comp., trad. fr., § i

4. Nous empruntons celte abréviation, ^ % aux signes mathématiques pour designer les racines.

fv GRA3IMAIRE COMPARÉE 4 [§ 5]

prthu (large) = 7:\arj, de la y/ prath (être étendu) ; et de la syllabe ru, par exemple dans çrnaumi (j'entends), yj cru = xXuw.

On a pris avec raison l'habitude de transcrire en ar les racines et les thèmes sanscrits que les grammairiens indiens présentent en r, par exemple ♦/ kar pour ♦/ Ar, pitar pour /wYr, tmstar et non tvastr, savitar et non saw'tr.

§ 5. — On a pu remarquer l'absence de IV et de Yo brefs parmi les voyelles sanscrites. Il est vrai qu'en beaucoup de cas les brahmanes modernes prononcent comme un e Va médial et comme un 6 Va des finales sanscrites ; mais cette prononciation ne se fonde sur aucune autorité réelle, et en présence du soin minutieux avec lequel l'alphabet sanscrit note les moindres nuances des autres sons, on est fondé à croire que, si celle-ci avait existé à l'origine, il n'aurait pas manqué d'en tenir compte, comme l'ont fait les Grecs et les Latins. On en a conclu avec raison que ces sons ne sont pas primitifs, et nous verrons tout à l'heure, par la comparaison des langues alliées, qu'ils sont des équivalents de Va bref.

D'ailleurs ce qui achève de le prouver, c'est que le même phénomène s'est présenté dans le gothique. Cette langue manque d é et d'o, et les remplace dans ses transcriptions par ai et au. Ainsi pour peeXÇe&aft, Ulphilas écrit baiailzaibul; et pour apostoius, apaustaulus.

VOCALISME.

§ 6. — DU VOCALISME DANS LES LANGUES INDO- EL'ROPÉENNES en général.

§ 6. — On entend par vocalisme la théorie qui rend compte du rôle des voyelles et de leurs permutations, soit dans la formation et la dérivation des mots d'une même langue, soit dans la comparaison de plusieurs langues entre elles.

Les langues indo-européennes se distinguent par une sensibilité particulière des voyelles, c'est-à-dire par leur variation d'intensité, suivant le plus ou moins d'importance de la syllabe que la voyelle occupe par rapport au reste du mot. De là un double système de gradation des voyelles, affaiblissement d'une part et de l'autre renforcement. Il convient de tenir compte aussi, d'une langue à l'autre, des simples substitutions de voyelles qui ne fortifient ni n'affaiblissent les syllabes qu'elles affectent.

L'affaiblissement des voyelles a lieu suivant une échelle de pesanteur relative partant de la plus forte de toutes, qui est Va (è et ô s'y substituent le plus souvent en grec et en latin), descendant à Vu f à 17 et jusqu'à la suppression de la voyelle trop légère.

Le renforcement s'effectue par une triple voie : 1 0 par l'allongement de la voyelle brève ; 2° par sa transformation en diphthouguc; 3° par sa nasalisation, c'est-à-dire par l'adjonction après la voyelle d'une nasale qui lui donne un son approchant du français an, in, on. Nous ne faisons qu'indiquer pour le moment ce dernier procédé, qui est usité dans les flexions sanscrites. Les verbes grecs et latins en ont

conservé des traces, par exemple Aapiêàvw, exaêov; rumpo, rupi, sscr. lumpâmi, alupam.

L'accent tonique et la compensation sont les causes principales des variations d'intensité des voyelles.

Les variations phonétiques des voyelles, par affaiblissement, par renforcement et par simple substitution, ont lieu dans quatre circonstances différentes :

1° Elles modifient les voyelles radicales, affixales, flexionnelles, dans la formation des mots. Ainsi la y/ dhà de dadhàmi (t(0i)(&i) devient dhi au participe passif védique dhita (posé); la syllabe ni formative des verbes de la 9 e classe sanscrite devient nà devant les désinences légères du singulier : krïnîmas (nous vendons), krinâmi (je vends). A l'inverse karaumi (je fais) devient, devant les désinences lourdes du pluriel, kurmas (nous faisons) .

2° Elles différencient les dialectes d'une même langue. Tel est le dorien xoi(/.av en face de l'ionien 7rot{jLY(v (berger).

3° Elles différencient les âges successifs d'une même langue. Tel est l'ancien latin voster en face de la forme classique vester.

4° Enfin elles différencient entre elles les langues congénères, comme nous le verrons en comparant ici le sanscrit avec le grec, le latin et les langues germaniques.

Nous ne considérons en ce moment que les permutations internes, qui ont lieu dans les mots isolés, et non les permutations externes, s'exerçant entre les finales et les initiales des mots qui se touchent soit dans la composition, soit dans l'euphonie résultant simplement du voisinage.

VOCALISME

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