LA VOYELLE
§ 'i0. — La voyelle u est primitive en sanscrit dans buddha (sapiens), yj budh (savoir), cp. iruvBavojiai ; dans juga, ï&fw 9 /ugum,$}Ûï.juk (joug), sscr. yfjug (jungere), etc.
En certains cas elle s'allonge. Dhur (timon), acc. sing. dhur «m, fait au nom. sing. dhûr pour * dhurs, au pluriel dfiûrbhis, etc. De même en grec Tu de vSwp est tantôt bref, tantôt long, suivant les cas.
En grec, en latin et en gothique, l'allongement pur et simple de Vu ne se laisse guère distinguer de son guna.
Ce que nous avons dit des renforcements de IV en sanscrit et dans les langues congénères s'applique également à Vu. Le guna de Vu en sanscrit est au. On le
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trouve dans baudhati (scit), %J hudh; dans jujauga (junxit), %J jug. Bkavati (Rt) est le guna àe%Jbhû (<puco), pour * bhauati.
La vriddhi de Vu est du; elle sert surtout aux dérivations secondaires. Ex. : de juga (jugum), on a fait dér iver par guna jauga (méditation) ; et de là par vriddhi jâugika (adonné à la méditation).
§ 41 . — Le guna de Vu se représente en grec par au, eu, ou. Le plus fréquent de beaucoup est eu. Telle est la relation de «peu^o à l'aoriste e<puyov; de iceuûojtai, yjbudh (savoir), au parfait ^7ru<j(xat. Zeu; remplace par un simple guna la vriddhi qui est dans le sanscrit correspondant djàus (ciel), de dju, %J div (splendere).
Au est le guna de Tu dans auw (allumer), comparé au latin urere, yj us (le s s'est conservé dans ustum). Ou est un guna dans l'homérique eÎÀYiAou6a, cp. -rftuôov (je vins); dans plusieurs formes dialectales; dans sTrouStf (hâte), de <rc:eu8(i> (se hâter) , contenant luimême le guna d'une y/ spud que Ton croit retrouver avec une légère altération dans le latin studere; dans àouû> (laver), comparé à Aup) (ordure), Auôpov (humeur), et au latin luere.
§ 42. — Le guna latin de l'a ne se fait jamais en eu, mais en au et surtout en ou qui, dans la période classique, s'est transformé en ù. C'est ainsi que pour Lùcéna, lumen, plus, jus, jûdex, jûrare, on trouve les formes archaïques loucina, loumen, plous, jous, joudex, jour are.
La forme douce re (inscription funéraire des Sci-
pions : abdoucil) ne laisse pas de doute que l'fi de dûco ne soit un guna de Vu qui est dans dûce/n.
Au est un guna dans aurum et aurora, venant tous deux de urere, sscr. ^ us (brûler, briller; un grand nombre de racines confondent les deux sens), cp. sscr. usas (aurore). On reconnaîtra également un guna dans av (pour au) de lavere , forme renforcée de luere, cp. Août).
§ 43. — En gothique le guna au s'est affaibli dans beaucoup de cas en iu f , lequel s'est affaibli encore en te dans le haut- allemand moderne. Tuh, qui représente le latin ducere, et qui est pur dans tuhum (nous conduisîmes), reçoit le guna dans lau/i (je conduisis), et le modifie en iu à l'indicatif présent tiaha (je conduis), nhall. ich ziehe. De même lub (aimer, cp. lat. lubere), angl. love, fait lubuni (nous aimâmes), liuba (j'aime), nhall. ich liebe ; bug (plier), angl. boWj fait bugum (nous pliâmes), baug (je pliai), biuga (je plie), nhall. ich biege.