VU|M
Dans les composés, la gémination d'une lettre s'explique quelquefois par l'assimilation d'un ç étymologique, qui était tombé dans le mot simple où il aurait joué le rôle d'initiale. Ex. : 7:eptpfuToç (entouré d'eau courante), de xepi + féto pour *<rp£F(*>, sscr. y/ sru (couler); (piAo|/.{x.giSrI<; pour <pO,o + *<7a,eioViç (rieur), sscr. yjsrni (rire).
Quelquefois pourtant, l'assimilation s'exerce en sens contraire, c'est à dire de l'antécédente à la subséquente. Ex. : tjcxoç (wncoç) pour * tV./'oç (cheval), sscr. açm; Térrapeç pour *?éT/-ape<; quatuor, sscr. kalvàras.
On peut attribuer à une action analogue d'accommodation de l'antécédente à la subséquente l'influence que h ç exerce pour aspirer l'explosive pure qui le suit, par exemple dans o^tÇw (fendre) pour *oxt£û>, cp. sscr. y/kid pour *skid, lat. scindere. Le sanscrit offre un phénomène analogue dans sjsthà pour *stà, s tare, ioravat.
Il y a dissimilation des dentales devant t et 8 ; elles se changent alors en ç. Ex. : iretOo), y/nô (persuader), fait xetd-ÔYi'vai et xic-to;. La dissimilation va même
quelquefois jusqu'à éviter deux syllabes aspirées de suite. Ainsi on a è-reÔTiv (je fus posé), etuÔtv (je fus sacrifié), pour *e8é8Y)v, *e8u8r,v, y' 8e, 8u; 7w8t)ti (aie été
i. Cette assimilation devant u n'a lieu que pour les labiales. Les gutturales s'accommodent seulement en y ' ôé/ 0 !** 1 » Scyfxcu; et les dentales en ç : TrEfÔto, ictirsiaixat.
délié!) est pour *>uÔ7]6i, cp. les impératifs sanscrits en dfu, hi; tuçgç (vapeur), est pour *80<poç, cp. sscr. dhûma (fumée).
La métathèse d'aspiration d'une syllabe à l'autre s'observe en grec comme en sanscrit. Ainsi, le thème Tpix (cheveu), gén.sing. Tpfyoç, ne pouvant maintenir son aspirée devant le ç du nomin. sing., transporte son aspiration sur le ? initial et fait ainsi ôpi£ (ôpix-ç) . Pour la même raison, TpeY^o (je cours) fait au futur 6pé£<i>; et au futur 2£a> (ex-co), ep> change son esprit doux (♦/ vah y porter) en esprit rude.
D'autres métathèses encore sont fréquentes en grec, surtout pour les liquides. Ex. : xapàwc et xpa££a (cœur) ; Sepxojjiai (je vois) et eSpaxov (je vis) ; Ppoxoç (mortel) pour *(jt,oproç, etc.
§ 87. — Les consonnes finales admises en grec sont peu nombreuses. Ce sont v, p, ç, et les seuls groupes xç (Ç) et irç (ij;). On ne relève comme exceptions que oùx (non), où devant les consonnes, et ex = ex, il devant les voyelles. Les dentales tombent, lorsqu'étymologiquement eHes devraient terminer un mot. Ex. : 7)<rav, <yô|/.a sont pour *7)<ïavT = erant, *<ï(o(juxt, cp. aa>|x.otToç. Le m final étymologique se change en v dans les flexions : eXuov pour *£7j>o(x, Xo'yov pour *Xoyo(x., lorsqu'il ne tombe pas, comme dans iwtTépa == sscr. pitaram.
L'euphonie des mots engagés dans la phrase ne se fait guère sentir en grec classique 1 que dans ovy
1. Pour le grec archaïque des inscriptions, voy. plus loin, S l".
•a. cohp. 7
pour où* devant les esprits rudes : o r/ outoç (non iste) ; et dans les prépositions dont la voyelle finale a été élidée devant la même position : éf pour arco, t<p' pour dir(, xa0' pour x«t«, etc.