FORMATIONS EN GREC
§ 96. — K. Comme nous l'avons vu (§ 92) , le grec a conservé cette explosive intacte dans beaucoup
de cas où le sanscrit l'a modifiée, comme dans kuwv,
\. Dans quelques mots le kh correspond à un y grec, Ex. v' hhaul (boiter), cp. gr. ycoXoç; nakha (ongle) gr. o-voy-oç; canhha (coquille), gr. xoy/»j, lat. concha. Bopp {Gr. comp., §13) suppose que, dans ces rares exemples, le kh était primitivement un gh.
xapàia, xitfiai, Séxa, £etxvu(ju. Quand il y porle atteinte, il ne la fait pas passer de l'état explosif à l'état continu, ce dernier genre de lettres lui étant étranger, mais il la fait changer de famille, et y substitue une labiale ir, ou une dentale t. Ex.: la y/ riiï (abandonner), primitif *rik, fait en latin linquere, mais en grec AgiTrw; quinque devient icevTe ; coquere, xéirmv. Suivant M. G. Curtius 1 , le changement du x en tz s'est étendu à |- environ des emplois du x originaire.
Le changement du x en t est beaucoup plus rare. On le trouve dans tic = quis ; tpevtc = quinque = pankan; téaGoiç£<;=!calMras, quatuor, cp. l'homérique moupeç, etc. Il faut probablement voir ici une palatale dégénérée. En effet les palatales contiennent un son de t. Quant aux causes de la transformation de la gutturale en labiale, nous en parlerons plus loin (§ 104).
§ 97. — r. Le grec a conservé le 7 comme le x originel dans une foule de cas où le sanscrit Ta affaibli en palatale. Ex.: yévoç, sscr. gana (race); yovu, sscr. gânu (genou).
Si le k se change en p en grec et même quelquefois en sanscrit, le g ne se change pas en b dans la seconde de ces langues; au contraire le grec subit ce changement d'une manière notable. Ainsi sj gà (aller) devient (iW{u; guru (lourd), comparatif garijâs, devient Papu; gau (bœuf), ftouç.
Enfin le grec offre quelques exemples d'un changement de y en comparable à celui de x en t. Ainsi
i. Journal de Kuhn } III, 401 sqq.
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AUftifrop (Gérés) est pour ru'-ittînop (la Terre-mère). Par suite d'une permutation analogue on rapproche SeX<puç du sanscrit garbha (utérus); et tôCk<tfe (frère), homérique àîeXçeioç, s'explique par sa-garbhja (couterinus).
§ 98. — X. Aux exemples cités (§ 95) de l'équivalence du y grec au gh sanscrit, ajoutons : cmfyw (aller), v / stigh (monter); ^oXi^oç (long) sscr. dîrg/ia, pour *dârgha, comparatif drâghljâs; ypico (oindre), ^ ghrs (broyer). L'aspirée dégénère en simple y à l'intérieur du mot, dans eyw, (/.eya'ç, cités plus haut; dans èyyuç (près), sscr. âhus pour *anghus (étroit).
Très-rarement le grec change le gh originaire en une dentale 0. On peut citer Gepfxo;, qui correspond au sanscrit gharma (chaleur) .