‹ Grammaire comparée des langues classiques phonétiqueChapitre 46 sur 82 · Nac/ttràge, p · texte numérisé non relu

Nac/ttràge, p

italiotes voisins, d'où elle a pu se glisser dans le latin lui-même.

Le latin n'offre qu'un seul exemple du changement de g en b. C'est dos pour le sanscrit gau, qui a fait, par son isolement, soupçonner peut-être ici un emprunt direct du latin au grec. La mutation latine normale est en t\ Ainsi vivere vient de sjgïv; venire se rattache à y] gà; vorare à y/ gr (avaler), qui a fait en grec piêpwdxw. La même permutation se constate à l'intérieur du latin entre ningere et nwes; entre /luctus, confluges et fluvium.

§ 1 02. — Dans le plus ancien alphabet latin, la lettre c représente à elle seule les deux sons de k et de g. On en a conclu que la langue dut traverser à cette époque une période de prononciation incertaine entre la sourde et la sonore gutturales, analogue à celle que l'on constate aujourd'hui dans le haut-allemand 1 . Quoi qu'il en soit, c'est de là que proviennent certains échanges entre ces deux lettres, tels que viginti pour *vicinti, cp. sscr. vïçati et gr. etxart (dor. pour eîxocri); negotium pour nec-otium ; gubernator pour le grec xuéepvvrryiç ; l'incertitude qui régna toujours entre Caius et Gaius^ etc.

Le grec a aussi quelques-uns de ces g pour k. Comparez (/.ayeipoç (maigre) au latin rnacer; payai à misceo. En général il existe entre le sanscrit, le grec et le latin, des permutations sporadiques de sourdes en sonores et réciproquement, telles que y 7 guh (cacher), gr. x«uô(o ; y/ dih (teindre), lat. tingere. Mais ces exem-

i. Corssen, Aussprache, I, 5, 39.

pies sont trop rares et clairsemés pour qu'on puisse leur assigner une régularité quelconque et en conclure une loi philologique.

§§ 103-106. LE q LATIN ET LES GROUPES

qu, gu t du.

§ 1 03. — Q correspond au koppa phénicien. Cette lettre, étrangère à l'alphabet grec classique, fut empruntée par les Latins à l'alphabet dorien de Gumes et de Sicile. Elle ne marche en latin que suivie d'un // consonnant, qui joue en partie le rôle de i>, comme nous le verrons en parlant de cette dernière lettre, représentant ainsi le groupe primitif kv, qu'on retrouve rarement en sanscrit où il s'est tout au moins changé en çv. Ainsi le latin queror, questus, se rapporte à yj çvas pour *kvas (soupirer). Ainsi encore açva pour *akva répond au latin equus. Mais le plus , souvent, peut-être par suite de la chute du v dans le groupe ki>, le qu latin ne remplace plus qu'un k sanscrit ou son équivalent. Ex. : quis = \èd. kis; quod = véd. kad; quatuor = katvàras ; coqu > = pakàmi ; quinque — pankan ; quiesco — yj ( î.

Disons tout de suite que cette adjonction de Vu ou du e au k et à ses équivalents n'est pas spéciale au seul latin : on la retrouve aussi dans les langues germaniques. Le gothique hveita (blanc) répond directement 1 au sanscrit çvaila; et le goth. huas, ahall. hwer (qui) , répond au ka sanscrit. Dans les langues germaniques modernes h initial est tombé, comme dans

4. Pour le A gothique répondant au A sanscrit, voy. plus loin, §132.

ca. coup. S

l'allemand weiss, wer, ou a subi une métathèse comme dans l'anglais white, what. Le dialecte écossais a seul gardé l'ancienne forme : qiihat, qukair (avec h inorganique), pour«'/i/zl, where 1 .

§ 1 04. — On s'est posé la question d'origine pour les groupes kv {qu),g\> (gu), &> (du). Sont-ils primitifs ou proviennent-ils de l'adjonction d'un de leurs éléments à l'autre ? A cet égard, trois opinions sont en présence. Bopp 1 regarde le v comme une adjonction euphonique. Pour 31. Benfey 8 , au contraire, le v serait la lettre fondamentale qui aurait appelé devant elle une gutturale euphonique 4 . Peut-être ces deux manières de voir ne sont-elles pas inconciliables, et se rapportent-elles chacune à des cas différents, d'où résulterait une tendance générale à grouper ensemble, sur l'appel de l'un ou de l'autre, \ev avec une guttu-

1. Sajs God to the Hielandman : « Quhair wilt thou now? » Vers du xvu* siècle cité par Macaulay, Ht st. of Engl., ch. xni. Voy. J. Gr'mm, Deutsche gramm., I, 516. Il se peut que l'anglais wlu.t, etc., n'ait pas subi de métathèse, mais qu'il vienne, par « liute de la gutturale initiale, d'une forme analogue à quhat.

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