SANSCRIT, EN GREC ET EN LATIN
§ 114. — P. Il est primitif en sanscrit, sauf Peuphonie et sauf les cas où il tient la place d'un k (§ 92).
Il s'est transmis fidèlement au grec et au latin dans un grand nombre de mots, tels que pitar =7raT7)p = pater; prthu = t:\clvj , cp. lat. planus; sarpâmi = ïpK(ù=serpo.
§ 115 — B. Les rapprochements relatifs au b font douter que cette lettre ait existé dans l'aryen primitif et que le b sanscrit soit autre chose qu'une dégénérescence du bh. En effet, 1 0 au b sanscrit ne correspondent ni les b grec et latin ni le p gothique. 2° Les racines sanscrites donnent souvent un sens analogue à deux formes en b et en bh : y 7 bhind et bînd y bhil et bil (findere) ; bhal et bal (describere) ; bhan et ban (Joqui, sonare). 3° Le grec remplace le plus souvent le b initial sanscrit par un r. Ex. : bahu (multus) = 7rap (gros); bàhu (bras) = iriiyuç (coudée);
i . Corssen, Beitràge, p. 177. Dvàr, Ôupa, fores, désigneraient donc essentiellement une brèche pratiquée dans un mur.
s/ budh (savoir) , ttjvÔ avocat ; yj badh (lier) , 7ret6a> ; buclhna (terrain), cp. rcuSplv (cependant on a aussi puOoç, profondeur). On a expliqué ce changement d'une manière ingénieuse 1 par la supposition que les b sanscrits de ces mots étaient pour bh, et que le * grec qui leur correspond était un <p privé d'aspiration à cause de l'aspirée de la syllabe suivante, comme dans aprsyco, èîraçpTo, pour âfjtcpeyw, etc. 4° Enfin aux mots sanscrits y/ bandh,badh (lier), budhna (terrain) correspondent les mots latins fides, fîdere y fiium, fundus> comme si les primitifs eussent été *bhadh, *bhudhna. Le gothique band, bodn, en vertu de la loi de substitution, conduit au même résultat, qui est de faire conclure à un bh originel à la place du b sanscrit.
La plupart des b du grec et du latin proviennent d'autres sources, que nous avons déjà indiquées* et que nous indiquerons encore plus loin ; surtout du v avec lequel la prononciation du b fut souvent confondue en Grèce et en Italie 8 .
§ 1 1 6 — PH. Le ph sanscrit n'est pas plus primitif que les autres aspirées sourdes de cette langue. Il appâtait comme une dégénérescence du p et quelquefois il est pour sp, comme kh pour sk; par exemple dans phaina (écume), comparé au latin s puma.
§ 117 — /?//,#. Au contraire, l'aspirée sonore bh est une lettre bien établie, originelle en sanscrit et rem-