DES GALLICISMES
602. n y a dans la langue française certaines phrases, certaines tournures particulières auxquelles l'usage a attaché un sens purement conventionnel, et qui résistent presque toujoms à l'analyse, c'est-à-dire à une décomposition raisoanée. Ces locutions s'appellent gallicismes, mot qui signifie quelque chose cTexclusivement propre à la langue française.
Si nous avons cette phrase à analyser : Dieu est miséricordieux, chacun des trois termes a un sens clair, bien connu, gui nous amène à comprendre la signification de la proposition dans son ensemble, en sorte qu'ici notre esprit passe des parties au tout sans aucun effort. Au contraire, dans les phrases : Il m'en veut.
Il a beau Jeu.
Si fêtais que de vous, etc., etc., l'étude des éléments ne conduit aucunement à la connaissance de la proposition, car ces éléments ont un sens détourné de leur sens ordinaire. Ce sont des phrases que nous ne comprendrions pas si nous n'en savions à l'avance, et par pure convention, la véritable signification.
Ces trois phrases forment trois gallicismes.
Les gallicismes proviennent le plus souvent d'une ellipse, d'un pléoucLsme ou d'une inversion. Il faut alors, pour les soumettre à l'analyse, suppléer l'ellipse, retrancher ou signaler le pléonasme, et faire disparaître l'inversion.
Ou bien, et c'est ici le cas le plus difficile, le gallicisme provient de la présence de certains mots qui ont une signification détournée. Le seul moyen de résoudre alors la difficulté, c'est de remplacer le gallicisme par une autre phrase équivalente, composée d'éléments analysables. Alors le gallicisme disparaît, le fond de la pensée reste le même, la forme seule a changé.
Gallicismes dont on peut justifier les termes d'uîtb manièiik satisfaisante.
première série.
Équivalents analysables :
Ce {le lieu) que (où, dans lequel) je demeure est ici.
Ce {le lieu, le pays) que (où) régnait le vieux Aceste est li.
C'est sous l'équaleur que se j Ce {le lieu) que {mis pour où) se trouvent les animain à poil trouvent les animaux à poil ras. j ras est sous l'équateur.
C'est dans le creuset qu'on I Ce dans que {dans lequel) on éprouve l'or. ' épronv« l'or est le creuset.
Gallicismes :
C'est ici que je demeure.
C'est là que régnait le Aceste.
GRAMMAlKE FUANÇAISE.
Gallicismt
C'est à un moine çw'esl due l'invention de la poudre à canon.
C'était merveille de l'entendre.
C'est se tromper que de croire au bonheur.
C'était autrefois l'usage en Egypte ^'embaumer les corps.
C'est à vous de jouer.
C'est bien le moins qu'il...
Ce sont les Grecs qu'on poursuit.
Le plaisir des bons cœurs, c'est la reconnaissance.
C'est moi qui suis Guillot.
C'est à vous que je parle.
C'est de vous que l'on parlait.
Eqvwalejits analysables :
Ce, l'invention de la poudj-e à
canon est due à un moine.
Ce, l'entendre, était merveille.
Ce (cela), croire au bonheii/, est
se tromper.
Ce (cela), embaumer les corps,
était autrefois l'usage en
Egypte.
Ce, jouer, est à vous.
Ce, qu'il..., est bien le moins.
Ce (ceux) qu'on poursuit sont
les Grecs.
Ce forme pléonasme.
Ce (celui) qui est Guillot est moi.
Ce (celui) à. que (aug-we/) je parle est vous.
Ce (celui) de que (dont) on parlait est vous.