V. Hu(îO
693. Foudre, feu du ciel, est du féminin : La foudre tillonne les nues. Quel cœur as- tu donc, toi qui n'as pas craint d*être frappé de la foudre? (Chateaubriand.)
Au figuré, foudre, servant à désigner un guerrier à qui rien ne résiste, un orateur véhément, etc., est du masculin : Un foudre de guerre. Un foudre d^éloquence.
Un bruit court que le roi va tout réduire en poudre Et dans Valencienne est entré comme un foudre.
BOILBAU.
Comment ! des animaux qui tremblent devant moi I Je suis donc un foudre de guerre 7
La Fontainb.
Quelquefois, et dans le style élevé , les poètes emploient le mot foudre au masculin ; Expirer sous les FOUDRES VENGEURS. Ces FOUDRES de bronze que l'enfer a INVENTÉS pour la destruction des hommes. (Fléchi er.)
Daigne le juste ciel .
Ne lancer que sur moi ses foudres mérités.
CORNKILLB.
Mais alors le mot foudre rappelle à Tesprit l'image matérielle de ces traits ou carreaux forgés par Yulcain , et que Jupiter était censé lancer sur la terre quand iJ voulait foudroyer ou effrayer les mortels.
694. Gens (1) veut au masculin tous les adjectifs qui le précèdent, ainsi que ceux qui le suivent : Tous les
GENS VERTUEUX SOnt HEUREUX. HeUREUX leS GENS qui se portent bien.
Quand un adjectif (ou participe) précède immédiatement GENS, cet adjectif et tous ceux qui peuvent le précéder se mettent au féminin ; ceux qui suivent gens
(i) Gens est féminin de sa nature; c'est le pluriel de gent, race, famille, nation. Il ne s'emploie au singulier que dans la poésie familière : La GENT qui porte le turban. (Acad.) La gent trotte-menu. (La Fontaine.)
restent au masculin : Les, vieilles gens sont soupçonneux. Ce sont les meilleijresge^s que f aie jamais \us. (Aa\D.) Certaines gens étudient toute leur vie; à la mort, ILS ont tout appris, excepté à penser. (Domergue.) Remarque, Cependant, si l'adjectif qui précède immédiatement GENS est terminé au masculin par un e muet, comme brave, honnête, habile, cet adjectif et tous ceux qui peuvent le précéder se mettent au masculin : Tous les braves gens. Les