PLURIEL DANS LES NOMS PROPRES
706. Le nom propre ne prend pas la marque du pluriel, bien qu'il soit employé à ce nombre :
1<> Quand il désigne la personne même qui est connue comme portant ou ayant porté ce nom :
Les Corneille et les Racine ont illustré la scène française.
Il s'agit ici de Corneille et de Racine eux-mêmes; la preuve, c'est qu'on pourrait, sans altérer le sens, supprimer l'article les, et dire simplement : Corneille et Racine ont illustré la scène française. L'emploi de l'article n'est, dans ces sortes de phrases, qu'un artifice oratoire pour appeler davantage l'attention.
Cependant les poètes, pour le besoin de la mesure ou de la rime, s'affranchissent quelquefois de cette règle.
Clio vint l'autre jour se plaindre au dieu des Ter»
Qu'en certain lieu de l'univers •
On traitait d'auteurs froids, de poètes stériles, Les Homères et les Virgiles.
BOILEAO.
SYNTAXE. — DU NOM. l?9
Je sais ce qu'il coûta de périls et de peines
Aux Condés, aux Sullys, aux Colberts, aux Turennes,
Pour avoir une place au haut de l'HélicoD,
Voltaire.
Tu parles comme au temps des Dèces, des Émiles.
Voltaire.
2* Quand il désigne plusieurs personnes d'une mêrrie famille, sans que rien de particulier distingue cette famille de toutes les autres :
Les deux Corneille sont nés à Rouen.
3° Quand il désigne un ouvrage auquel il sert de titre : Envoyez-moi deux Télémaque.
C'est-à-dire deux exemplaires de Télémaque.