FORBIATION DU FÉMININ DANS LES ADJECTIFS
95. Règle générale. On forme le féminin dans les adjectifs en ajoutant un e au masculin : prudent, prudente ; saint, saintE ; méchant, méchantE ; grand, grandE ; poli, poliE ; vrai, vraÏE ; savant, savantE.
Nous n'avons que trois adjectifs terminés par eu : bleu, feu, hébreu : La toilette d^une femme hébreue.
La forme féminine hébreue ne s'emploie qu'en parlant àez personnes; pour les choses, on se sert d'un autre adjectif: lex caractères hébraïques, la langue hébraïque. Quant à l'adjectif feu, il est soumis à des règles particulières que nous donneroiis dans la syntaxe.
La règle générale qui précède a de nombreuses ei- *.eptions que nous allons faire connaître.
96. Les adjectifs terminés au masculin par une muet ne changent pas au féminin : Un homme aimable, une femme aimable.
96. Les adjectifs terminés au mascuim par el, eil, en, ei, on, doublent au féminin la consonne finale devant Ve muet :
Le pouvoir temporel. La puissance temporelle.
Un teint ve?-metl, \ Une fleur vermeille.
ORAMMAIlUi COMPLÈTE. 2
âRAMMAIRE FRANÇAISE.
Un ancien usage.
Un frère cadet.
Un pied mignon.
Une ancienne loi.
Une sœur cadette.
Une bouche mignonne.
98. Cependant, six adjectifs en et : complet, concret , discret, inquiet, replet, secret, ne doublent pas la consonne et prennent un accent grave sur l'e qui précède le t : complète, concrète, discrète, inquiète, replète, secrète.
Ces adjectifs prennent un accent grave à cause des mots compléter, concrétion, discrétion, inquiétude, réplétion et sécrétion, qui sont de la même famille. Si l'accent aigu disparaît dans ces adjectifs pour faire place à l'accent grave, c'est que, d'après le génie de notre langue, ce dernier caractérise généralement l'e suivi d'une syllabe muette.
99. Les adjectifs nul, épais, gros, gentil, exprès, profès, doublent aussi la consonne finale devant Ve muet :
Testament nul.
Brouillard épais.
Gros livre.
Petit garçon gentil.
Un ordre exprès. Un religieux prof es.
Clause nulle. ^ Herbe épaisse.
Grosse somme.
Petite fille gentille.
Une défense expresse.
Une religieuse professe.
Dans exprès et profès , l'accent grave disparait, parce qu'il devient inutile au féminin avant deux s.
iOO. Bas, gras, las, pâlot, sot, vieillot, paysan, doublent également les dernières consonnes avec addition de e, et font basse, grasse, lasse, pâlotte, sotte, vieillotte, paysanne; mais aucun des autres adjectifs en as, ot, an, ne redouble au féminin la consonne finale : ras, rase; leuui, dévote; sultan, sultane
401. Pour plus de douceur dans la prononciation, les adjectifs terminés en f changent au féminin cette consonne en ve : vi¥, vi\E; neu¥, neuyE-, brev, brèyE :
Un esprit vif.
Un chapeau neuf.
Un ton bref.
Une imagination vive.
Une robe neuve.
Une parole brève.
L'accent gi-ave dans brève empêche qn'H n'y ait deux syllabes mnottes (le siiito.