SUJETS JOINTS ENSEMBLE PAR LA CONJONCTION NI
839. Lorsque le sujet se compose de plusieurs noms ou pronoms joints ensemble par la conjonction ni, le verbe se met ordinairement au pluriel :
Le soleil ni la mort ne peuvent être regardés fixement. (La Rochefoucauld.)
Ni le BONHEUR ni le mérite ne font l'élévation des hommes. (Vauvenargues.)
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
La Fontai«b.
840. Il y a un cas où, après deux substantifs joints par m, le verbe doit nécessairement se mettre au singulier; c'est quand l'idée attributive ne peut se rap-
porter en même temps à deux personnes ou à deux choses, et qu'elle ne convient nécessairement qu'à une seule :
Ce n*est ni M. le duc ni M. le comte qui sera nommé ambassadeur d'Espagne.
Ni cette dame ni sa sœur «'est la mère de cet enfant.
Si les sujets ne sont pas de la même personne, le verbe s'accorde avec la personne qui a la priorité, comme pour la conjonction et :
I\i vous ni moi ne connaissons l'avenir.
841. Après deux sujets unis par les locutions et non, mais non, l'exclusion étant donnée au second, le verbe s'accorde seulement avec le premier :
C'est l'ouvrage, et non la personne, qui intéresse la postérité. (Voltaire.)
C'est l'action, et non pas le héros, qui fait l'épopée. (Voltaire.)
C'est votre père, mais non votre mère, qui a été compromis.
C'est la raison,
Et non pat l'habit, qui fait l'homme.
Lebrcn.
Si, au contraire, la négation retombe seulement sur le premier de deux sujets unis par mais, l'exclusion est donnée au premier et l'accord se fait avec le second :
Ce nest pas le talent, mais la fortune qui est honorée dans le monde.