CHAPITRE VI
347. L2 participe est un mot qui tient à la fois de la nature du verbe et de celle de l'adjectif.
348. Il tient de la nature du verbe en ce qu'il emprunte à celui-ci l'idée fondamentale qu'il exprime dans tout le cours de la conjugaison et en ce qu'il lui fournit même quelques-unes de ses formes primitives : Nous parlions en marchant, marchant exprime évidemment l'Mée qui accompagne le verbe marcher dans toute sa conjugaison.
349. Il tient de la nature de V adjectif en ce qu'il sert souvent à qualifier les personnes ou les choses en exprimant comment elles agissent ou dans quel état elles se trouvent : Un vieillard respecté.
350. Il y a deux sortes de participes : le participe présent et le participe passé.
351. Le participe présent est toujours terminé en ant, comme aimant, avertissant, entendant, recevant :
Une forte puissance agit sur les flots, les soulevant et les ABAISSANT alternativement, et faisant un balancement de la masse totale des mers, en les b.eu\]a^t jusqu'à la plus grande profondeur. (Buffon.)
Ce participe est nommé présent parce qu'il exprime toujours une action présente par rapport à une autre action passée, présente ou future :
Je les trouve lisant : ils lisent actuellement.
Je les ai trouvés lisant : ils lisaient alors.
Je les trouverai lisant : ils liront à ce moment.
352. Il est souvent précédé de la préposition en, et alors il marque une simultanéité plus caractérisée entre les deux actions : // lit toujours en se promenant, c'està-dire il lit et se promène en même temps, il lit pendant qu'il se promène.
DU PARTIGiPE. 77
333. Le participe présent devient adjectif lorsqu'il exprime comment sont les personnes ou les choses dont on parle; dans ce cas, il prend le noTà-à' adjectif verbal et s'accorde en genre et en nombre avec le mot auquel il se rapporte : L'hirondelle donne la chasse aux insectes VOLTIGEANTS. (BuFFON.) Lcs épis JAUNISSANTS n'attendent que la faux. (Lamartine.)
334. Le participe passé a diverses terminaisons : aimé, averti, reçu, ouvert, écrit, pris, etc.
333. On lui donne le nom de participe passé, parce qu'il exprime presque toujours un temps passé. Il est tantôt variable, tantôt invariable : Les lettres et les arts ONT FLEURI SOUS Louis XIV. Uunivers est l'ensemble de toutes les choses que Dieu a créées.
336. C'est dans la conjugaison passive seulement que le participe dont il s'agit peut se rapporter au présent : Cet enfant est chéri par sa mère; mais il n'en porte pas moins, par abus, le nom de participe passé.
337. La difficulté du participe passé ne consiste pas tout entière dans sa variabilité. Dans ces phrases : J'ai FOURNI, fai PERMIS, j'ai CONSTRUIT, les participes fourni, permis, construit, sont au masculin singulier, c'est-àdire invariables; et cette invariabilité offre aussi des difficultés, puisqu'ici la même consonnance donne lieu à trois terminaisons différentes : i, is, it.
338. Cette distinction est importante au point de vue de l'orthographe usuelle. Voici la règle à suivre : il faut retrancher la lettre e du participe passé mis au féminin; il en résulte naturellement le masculin sin^-ulier. Ainsi on écrit fourni avec un {, permis avec un s construit avec un t, parce que ces participes ont pour féminins fournie, permise, construite.
Ce moyen fort simple est infaillible, car il dépend de l'oreille, qui ne trompe jamais quand on la consulte.
Il faut excepter absous, dont le féminin est absoute; dissous, dont le féminin est dissoute, et bénir, qui a deux formes au participe : béni, bénie; bénit, bénite. (Voir § 271.)