‹ Grammaire des arts du dessin: architecture, sculpture, peintureChapitre 26 sur 175 · APPAREIL POLYGONAL · texte numérisé non relu

APPAREIL POLYGONAL

mité de leur poids. Le ciment joue ici, au contraire, un rôle très important, et on lui donne une saillie visible, non seulement afin d'accuser avec énergie la maille inégale et sauvage qui enchaîne toutes les pierres, mais encore afin que le temps et l'air aient quelque chose à ronger avant d'atteindre au ras du mur.

C'est aussi pour donner satisfaction au regard que l'architecte, quand il a bâti en moellons ou en briques, met en évidence des chaînes de pierres, c'est-à-dire des piles formées d'assises en pierres de taille, qui renforcent la maçonnerie par des points d'appui plus résistants. Ces pierres de taille sont alternativement présentées par leur face étroite (en boutisses) et par leur face longue (en carreaux). Leur liaison avec la muraille qu'elles soutiennent est rendue sensible par les pierres longues qui s'y engagent, et dont la partie excédente se nomme harpe. La chaîne est dite simple quand elle fait harpe d'un seul côté ; double, quand

elle a deux harpes. La plus petite distance qu'on doive mettre entre les chaînes est égale à la hauteur du mur; la plusgrandene doit pas dépasser le triple de cette hauteur. Il est si vrai que lasolidité touche à la beauté, que souvent l'architecte, là même où il n'élève pas de chaînes, prend

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