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MONUMENT DRUIDIQUE DE LA R O C II E- A UX-F É ES

étant alors couvert en terrasse, le second rang de pierres fait saillie sur le premier afin d'écarter la chute des eaux pluviales et d'en préserver le

pied des colonnes ou le pied du mur. Comme nous l'avons dit, c'est la forme la plus ancienne de construction en pierre dans l'antique Orient, en Egypte, en Perse, dans l'Inde et au Mexique. Mais les Grecs, vivant sous un climat plus variable que celui de l'Afrique ou de l'Asie, eurent besoin de toitures, et ils durent surajouter à la terrasse orientale une couverture à deux pentes qui termina l'édifice sur deux façades par l'élévation triangulaire que l'on appelle fronton. Toutefois, la stabilité de cette construction nouvelle reposa toujours sur des supports horizontaux. Leur architecture ne différa donc point de celle des Égyptiens ; elle eut le même principe, celui des pierres posées à plat sur les murs ou les colonnes. Ce fut une architecture en plate-bande ; on nomme ainsi le système que nous venons de décrire.

Cependant la plate-bande exigeait des pierres d'une grande portée et d'une épaisseur correspondante; or tous les pays n'en produisent point de pareilles. L'architecte se trouvait donc dans la dépendance des matériaux, puisque c'est la grandeur des pierres qui déterminait l'écartement des points d'appui. Que si on voulait se passer de pierres et employer le bois de charpente, on tombait dans l'inconvénient d'une construction moins solide, peu monumentale et plus sujette à périr par la pourriture et par le feu.

Il n'y avait qu'un moyen pour l'architecte d'échapper à une telle servitude. Il pouvait sans doute, comme les Romains l'ont fait souvent, par

exemple au théâtre d'Orange, suppléer aux grandes pierres par ces pierres plus petites appelées claveaux, qu'on taille en forme de coin, et qui se soutiennent par leur coupe et au moyen d'armatures en fer cachées aux regards. Mais cette méthode, dont la pratique devient aujourd'hui si générale, est essentiellement vicieuse, parce qu'elle n'offre ni Ja solidité réelle ni la solidité apparente. L'œil aperçoit avec inquiétude ces plates-bandes factices qui menacent de glisser et semblent tenir par miracle, tandis que l'esprit en prévoit la ruine avec frayeur.

Il fallut donc inventer un moyen pour couvrir de grands vides avec de petits matériaux, et pour espacer les supports, non plus selon la gran-

deur des pierres, mais selon les convenances de l'architecte et la destination du monument. Ce progrès immense fut accompli lorsqu'on eut trouvé l'art de construire une voûte. La plate-bande put être alors rem-

placée par un arc. Au lieu de réunir deux points d'appui avec une pierre d'un seul morceau, on franchit l'intervalle qui les séparait en appareillant des pierres plus petites suivant une courbe. Nous verrons dans la suite de cet ouvrage combien cette courbe a varié. Les Etrusques et les Romains l'ont dessinée en plein cintre, ce qui veut dire en demi-cercle; quelquefois ils l'ont surbaissée, c'est-à-dire formée par un demiovale, ou, comme s'exprime le langage populaire, en anse de panier. Les Arabes ont préféré l'arc outre-passé ', autrement dit en fer à cheval. Les chrétiens du moyen âge l'ont exhaussé en ogive. Mais, quelle que soit l'importance historique du style ogival et du style arabe, ces deux architectures n'en sont pas moins réductibles au système de l'arc, parce que la solidité des parties soutenues résulte de l'appui mutuel que se prêtent deux pesanteurs inclinées, deux arcs de cercle. Il est donc vrai de dire que toutes les variétés de l'architecture se peuvent réduire à deux principes générateurs : la plate-bande et l'arc.

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