‹ Grammaire des arts du dessin: architecture, sculpture, peintureChapitre 37 sur 175 · LA KM 1ER DU PART II EN ON · texte numérisé non relu

LA KM 1ER DU PART II EN ON

concave en haut et convexe en bas, elle prend le nom de dnucine ; si elle est concave en bas et convexe en haut, c'est un talon. Lorsque la moulure est simplement concave, on l'appela cavet. — Ainsi la corniche dorique se compose de trois membres, la mutule, le larmier et la cymaise. Telles sont les parties constitutives du véritable ordre dorique, du dorique grec. Cet ordre grave, mâle et imposant, où la construction ellemême engendre sa décoration, ne nous est bien connu que depuis l'affranchissement de la Grèce par la victoire de Navarin. Coïncidence fatale ! il s'est trouvé que les Turcs se sont rendus maîtres de l'Attique et du Péloponèse vers le milieu du xv8 siècle, lorsque la seconde Renaissance éclatait en Italie et se préparait en France, au moment où les grands architectes de l'Occident auraient eu besoiD de connaître les vrais modèles et de s'en inspirer, de sorte que la terre classique de l'architecture

en plate-bande nous a été fermée durant les quatre cents ans qui nous séparent du moyen âge. Déjà, sans doute, au xvin0 siècle, deux architectes anglais, StuartetRevett, et un architecte français, LeRoy, avaient exploré les antiquités d'Athènes et dessiné les monuments de la Grèce, mais le temps n'était pas encore venu où l'on pourrait comprendre la

beauté de ces monuments, si étrangère à nos habitudes invétérées. Il fallait qu'une esthétique passionnée et intelligente eût déblayé le terrain; il fallait que la routine fût vaincue par l'étude. L'architecture grecque ne pouvait être comprise du premier coup, pas plus que la sculpture de Phidias, qui a passé, même de nos jours, pour un ouvrage de l'époque d'Adrien ] Enfin il nous est permis de penser aujourd'hui tout haut ce que disait naguère avec tant de chaleur, d'éloquence et d'autorité, un des maîtres de la critique contemporaine, M. Vitet (Etudes sur les Beaux-Arts):

« Combien voilà-t-il de temps que nos yeux se sont accoutumés à la majestueuse rudesse du véritable ordre dorique? Que d'hésitations, que de tâtonnements avant d'en venir là ! Ce proéminent chapiteau ombrageant de son vaste tailloir un coussinet rustique au galbeépais, fuyant et aplati, ces cannelures aiguës, ce fût conique, descendant jusqu'au sol sans base ni talon, sans cothurne ni sandale, depuis quand sentons-nous que c'est là de l'art grec et delà vraie beauté? L'ordre dorique promulgué par Vitruve, tel que sur sa parole on l'enseigne en Europe depuis plus de trois siècles, a-t-il la moindre ressemblance avec celui-là? Support banal, maigre colonne, chapiteau froid et effacé, tailloir timide et sans saillie, traduction romaine, en un mot, d'un admirable texte grec, tout est amoindri, tronqué, défiguré dans le dorique de Vitruve ; et pourtant, quand Yitruve écrivait, les grands modèles étaient debout. Depuis Pœstum et Sélinonte jusqu'au fond de la mer Egée, on n'avait qu'à choisir. Tout le sol hellénique était couvert de types du dorique véritable. Vitruve n'en dit rien. Pas un mot de ces vieux chefs-d'œuvre, pas même du plus jeune, du plus brillant de tous, du Parthénon; il n'a pas l'air de savoir qu'il existe. En revanche, il sou tient doctement quel'ordre dorique est impropre à la construction des temples, que les anciens l'ont ainsi reconnu. Lesanciens! qu'entend-il par ià?Le voilà donc qui rejette lctmus par delà les anciens, dans les temps à demi barbares ! Les anciens, pour Vitruve, ce sont les Grecs d'Alexandrie,

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