HODILLON DANS LA POSITION MODILLON LA PANSE EN AVANT
ordinaire. Maison-Carrée de Nimes.
tion de tous les siècles, est remarquable par la richesse de ses ornements que Palladio trouvait de la plus belle invention, bellissima inventione. La dissonance introduite dans l'ornementation par les formes anguleuses de la denticule y est, selon nous, une richesse de plus. Il est donc permis, en s'appuyant sur des autorités imposantes, de réunir dans une même corniche corinthienne des modillons et des denticules, mais à la condition de donner peu d'importance à ce dernier membre et de ne l'appliquer qu'aux entablements les plus riches.
le même plan que les arbalétriers, portent comme eux les lattes qui reçoivent la couverture. Chaque chevron, dans ce système, fait l'office d'une force. C'est ainsi qu'en usaient nos charpentiers à l'époque dite gothique, selon le témoignage de M. Viollet- Le-Duc {Dictionnaire de l'Architecture française, au mot Arbalétriers), et c'est ainsi que l'on construit encore beaucoup de toitures en Allemagne. Il est probable que la charpente des Grecs ressemblait à celle que pratiquaient les charpentiers du moyen âge. De cette manière, il devient facile de comprendre comment les mutules doriques et les modillons corinthiens, qui sont beaucoup moins espacés que ne le sont les forces, peuvent cependant les représenter. — Il est à observer ici que, dans le second dessin, ce ne sont pas les chevrons qui font saillie, ce sont les pièces horizontales, les entraits; maison peut supposer un autre genre d'assemblage, qui mettrait en relief la pièce inclinée et en ferait sentir l'inclinaison.
Du reste, la corniche de la Maison-Carrée est défectueuse par une singularité qui se retrouve à l'arc de triomphe d'Orange. Les modillons, placés à contre-sens, montrent leur panse aux spectateurs, au lieu de l'appuyer contre le nu du mur, ce qui est en principe une faute, motivée ici par le besoin d'avoir une touche de lumière plus énergique. Lorsqu'un modillon est placé horizontalement, la solidité apparente veut que la plus grosse volute tienne à l'édifice. Quand le modillon, étant plus haut que large, est posé verticalement, il convient que l'enroulement supérieur soit le plus gros pour ménager une assiette plus large à la partie supportée (fig. ci-contre). Il y a peu de différence, on le voit, entre l'entablement corinthien et l'entablement ionique. C'est surtout par la décoration qu'ils diffèrent. Dans l'ionique, les ornements sont délicats, ils sont abondants et magnifiques dans le corinthien. La frise y est ordinairement brodée de ces feuillages imaginaires et enroulés qu'on appelle rinceaux, et dont les tiges sont représentées parfois produisant des demi-figures d'hommes et d'animaux. Ici, des enfants sortis d'une plante semblent effrayés d'une fleur qui donne naissance à une tête de lion ; là, ce sont des sphinx, des quadrupèdes ailés, des griffons qui tiennent des guirlandes ou paraissent garder un flambeau ; d'autres fois ce sont des béliers qui se menacent de leurs cornes, ou bien de chimériques sirènes qui végètent parmi les feuillages. Au temple de Tivoli, la frise corinthienne est ornée de bucranes (ce qui veut dire des têtes de bœuf
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