DE LA RÉPÉTITION DRS PRONOMS
Œ rigueur, appelle en vain à son secours la cruelle mort. » (Féoeion.3
L'Eternel est son nom, le monde est son ouvrage , il entend les soupirs de l'humble qu'on outrage, Juge tous les mortels ayec d'égales lois, Et du haut de son trône interroge les rois,
"Racine, Eeîher, acte III, se. 4.)
sont des phrases très correctes. Au surpius le goût ne connaît pas (le règles; lui seul peut faire juger s'il faut répéter ou ne pas répéter les pronoms personnels sujets, dans tout autre cas que ceux que nous avons indiqués.
Ze, la, lesy et en général les pronoms en régime, se répètent avant chacun des verbes dont ils sont les régimes : a Je veux le$ voir, les c< prier, les presser, les importuner, les fléchir. »
Un iits ne s'arme point contre un coupable père : Il détourne les yeux, le plaint et le révère
(Voltaire, Bruine ^ actel, se. 2.)
Son visage odienx m'afiBige et me poursuit.
(Racine, Esther, acte II, se. 1 . ) (Beauzée, au mot Répétition . )
Avant les verbes qui sont.à des temps différents : «Ce que je vous « ai dit, je le crois et le crairaiy jusqu'à ce que j'aie la preuve du « contraire. » (Lévizac.)
Avant les verbes qui, quoique composés du premier, expriment une action différente : €ll le fait et le défait sans cesse. » (u même.)
Enfin le relatif que se répète aussi , lorsque les verbes dont il est le complément ont des sujets différents, ou le même sujet désigné par un pronom répété ; a C'est un malheureux que les remontrances a les plus affectueuses n'ont point touché, que les menaces n'ont « point ébranlé, que rien n'a pu arrêter, et que personne ne ramé- « nera jamais à son devoir. *' (Beauzée )
Voyez, page 31 6, et rarticle XV, § 4^ ce que nous disons sur la place des pronoms régimes.
Règle applicable d tous les pronoms.
Le pronom ne peut jamais se rapporter à un nom pris dans un sens indéterminé, c'est-à-dire , qui n'a ni article, ni équivalent de l'article, exprimé ou sous-entendu, tels que mon^ ton^ un, tout, quelque, plusieurs y et autres semblables; ainsi l'on ne doit pas dire: « L'homme est animal qui raisonne. » — « 11 m'a reçu avec politesse
^^ hM LA RiPÉTITlON DBS PRONOIIS.
c qui in*a charmé ; » mais bien : c L'homme est un animal qui rai- « soime; il m'a reçu avec une politesse qui m'a charmé; » parce que animal eipolUesse, employés dans les premières phrases sans article, ne sont que de purs qualificatifs ; ils expriment seulement une manière d'être, et alors le qui relatif ne saurait s'y rapporter. En effet, ce serait passer du général au particulier, ce serait rattacher deux idées à un mot qui n'est rien par lui-même, qui tire toute sa valeur du substantif auquel il se rapporte.
Au lieu qu'à l'aide du mot un, équivalent de l'article, animal eipoliusse deviennent de vrais substantifs, et dès lors ils peuvent être suivis du relatif qui, puisqu'ils sont pris dans un sens particulier
On ne dira donc pas : « Il n'est point d^humeur à fiiire plaisir, « et la mienne est bienfaisante. » — « Dans les premiers ùges du « monde, chaque père de famille gouvernait la sienne avec un pou- « voir absolu. » Il faut prendre un autre tour et dire, par exemple : « Il n'est pas d'humeur à faire plaisir, et moi, je suis d'une hu- « meur bienfoisante. » — « Dans les premiers âges du monde, « chaque père de famille gouvernait ses enfants avec un pouvoir « absolu. »
On ne dit pas non plus :
« Pourquoi les femmes prient-elles Dieu en latin quelles n'en- « tendent point? »
« Je vous fais grâce, quoique vous ne la méritiez pas. »
n faut dire :
« Pourquoi les femmes prient-elles Dieu en UUin, puisqu'elles « n'entendent pas cette langue? »
ft Je vous fais grâce, quoique vous ne le méritiez pas. )>
Dans la dernière phrase, le pronom le se rapporte à faire grâce du genre masculin et du nombre singulier : « Je vous « fais grâce, quoique vous ne méritiez pas que je vous fasse « grâce. »
Voyez ce qae nous avons dit, page SS4, sur remploi du prénom h.
(MM. de Port-Royal, page 129. — Duclos, page 136 de ses noies. — Th. Corneille, sur la S69e Hem, de /^ati^«to<.— L'Académie, page 384 de ses Obem-' votions, ^ Condillac, chap. 12^ page216. — De WtfUy et plusiews autres Gramm. modernes.)
Mais quelquefois le déterminatif est sous-^ntendu. Lorsqu'on dit, par exemple : a II n'a point de livre qu'il n'ait lu. Est il villa dans