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DU PLUS-QUE-PARFAIT

Le plus-que-parfait (380 bis) marque une chose non seulement passée en soi, mais encore passée à l'égard d'une autre chose qui est aussi passée; ainsi quand je dis : « ï avais déjeuné quand vous « vîntes me demander; » je fais entendre que mon déjeuner était passé à l'égard de votre arrivée ou du temps où vous vîntes, qui est aussi un temps passé à l'égard de celui où je parle.

Au premier coup d'œil il semble que le plus-que-parfait et le prétérit antérieur ne diffèrent point entre eux ; ils offrent néanmoins ime grande diff^ence. La chose ou l'action exprimée par le prétérit

(380 biê) Plut'qu9'P€wfaiL GeUo dénominaUon impUqae contradiction, paree qu'elle suppose le parfait susceptible de plus ou de moins, quoiqu'il n'y ait tien da mieux que ce qui est parfait. — Quelques-uns nomment ce temps passé anté^ rieur.

0KS OK0X.FUTUR8. 6fit

astiriiitr est toujoan accessoire et subordoniiée à celle qui FaoetHopagne, et qui est l'action principale , celle sur laquelle s'arrête l'attention : « Quand yeu$rec<mnu mon erreur je fus honteux des mau- « vais procédés que j'avais eus à sou égard. » Mon intention est de dire que je Jus honteux ^ etc., mais seulement après que j'eus reconnu mon erreur; c'est ce que j'exprime à l'aide du prétérit antérieur. C'est tout le contraire à l'égard du plus-que-parfait : « ïavais dé- « jeune quand vous vîntes me demander; » mon intention est de dire que j'avais déjeuné y et qu'alors vous tintes. L'action exprimée! par le plus-que-parfait est donc celle qui fixe principalement Tes- j prit, et l'autre n'est que secondaire. '

Quand on emploie le prétérit antérieur, la chose ou l'action qu'on a principalement en vue est présentée la dernière, et lorsqu'(m se sert du plus-que-parfait, elle tient au contraire le premier rang.

(Restaut, page 21 5. — Lérixac, page 9ts, 1. 11.) 70 DES DEUX FUTURS.

Le futur absolu marque qu'une chose sera ou se fera dans un temps qui n'est pas encore : « Nos corps ressusciteront au jour der- « nier. »

Ce futur a la signification de l'impératif, quand il exprime un commandement ou une déflense : « Vous respecterez vos parents, vous « ne mentirez point, > ce qui signifie : respectez vos parents , ne

mentez point. (WaiUr, page 26O. — RetUul, page 2IT. — LéTizac, page 97, t. II.)

Il y a un tour de phrase assez particulier, où le futur se place au commencement, avant le sujet exprimé par un qui relatif : « Croira « qui voudra Thistorien Capitolin et quelques autres écrivains qui « font danser les éléphants sur la corde. » (lc dicu cnt. de Féraud.)

I^ qui relatif dans ceUe phrase indique le sujet plutôt qu'il ne rexprime, puisque la locution complète serait : celui qui voudra, croira. Ki c'est une locution très fré* quente dans notre langue avec tous les temps^ et surtout dans le langage familier: Attrape qui peut; veille qui voudra; entrait qui voulait; arrive qui plante, tie*

Le futur passé ou antérieur marque qu'une chose sera faite lorsqu'une autre qui n'est pas encore aura lieu : « Quand j^aurai fini « mes affaires je vous irai voir. » Dans cette phrase, la fin de mes affaires est encore à venir, mais je la marque comme passée à l'égard de ma visite, qui est aussi à venir. Ce futur passé s'exprime par le futur des auxiliaires avoir ou être, et le participe passé du vorbe. Il se met ordinairement après dès que, aussitôt que^ après que^ quand et autres conjonctions semblables. fnestaut, page sis. — Fôraad.;

660 DBS DEUX fOtOKS.

-* Qb ionpi s'emploie encore d'une manière toute particulière, au lieu ém piélè> lit Indéfini, quand on ne veut pas aflQrmer ia cliose^ mais indiquer sa pensée atec la forme du doute : «Vous aurez négligé quelque précaution ; > c'est-à-dire, peutêtre avez-vous négligé, etc. « J'aurai mal pris mes mesures ; m sans dont« j'ai mal pris mes mesures, etc. A. L.

Remarque.^— AU lieu du futur, on se sert abusiyemeut du coodH tioaoel présent : « On nous a dit que vous consentiriez à faire cette « démarche. » — « Votre frère m'a assuré que vous trieur à la cam- « pagne au commencement du printemps prochain. » — «Le bruit « a couru que je quitterais ce pays incessamment. » Il faut : que vous CONSENTIREZ y que vous IREZ, que je quitterai , attendu qull n*est pas question ici de condition moyennant laquelle les actions de coïtsentir, à* aller, de quitter, doivent avoir lieu; mais qu'il s*agit seulement d'exprimer que ces actions s'exécuteront dans un temps où l'on n'est pas encore.

Cette observation, toute raisonnable qu'elle parait^ est cependant contraire A rnsage. On doit mettre, il est vrai, le futur quand le premier verbe est à un temps présent : « Je n'ose, je n'oserais point affirmer qu'il viendra, » Hais lorsque ce permler verbe est à un temps passé, le second se met presque toujours au conditionnel : «Je n'osais pas, je n'ai pas osé affirmer qu'il viendrait. » C'est d'après ce principe que Racine a dit :

Avei-vous prélenda qu'ils se tairaient toujours? et non pas qu*ils se tairontt quoiqu'il s'agisse d'une chose future . li résulte de cette dilTérence, que le conditionnel, correspondant i un temps passé, remplit à regard du futur les mêmes fonctions que l'imparfait à regard du présent. Le condiUonnel Cbl donc, pour ainsi dire, l'imparfait du futur. En effet, si je dis il promet qu*U viendra, j'affirme Tidée du futur comme existant actuellement d'une manière positlve et absolue. Hais après un temps passé, l'idée do futur n'est plus déterminée; elle indique aussi bien un fait actuellement accompli qu'un fait encore i venir : Je pensait, j'avais pensé que vous viendriez (hier ou demain?) Ce n'est donc plus là on futur absolu, mais un futur relatif, subordonné à un autre temps, etdépend jnt comme est l'imparfait; or^ le conditionnel est le mode de l'affirmation relative au présent comme au futur ; c'est donc le conditionnel qu'il faut employer. Tontefols si l'on veut, après un temps passé, affirmer d'une manière plus formelle, et rendre en quelque façon l'Idée actuelle et présente, alors on emploiera le futur : « Je vous ai déjà dit et répété qu'il viendra, » Mais cette dernière forme, loin d'être la règle géoérale, n'est plutôt qu'une excepUon. A. L.

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