PRONOMS CONTRACTES
§ 139. — De même que les articles fe, les, les formes proclitiques « le, les » du pponom personnel se combinaient dans Tancienne langue avec certa,ines prépositions. Du équivalait non seulement à de suivi de l'article, mais aussi à de suivi du pronom le; on disait : « il est temps du faire », au lieu de : « il est temps de le faire. »
§ 140. — Les pronoms « fe, les » se combinaient aussi avec les autres pronoms personnels je^ me^ te, se, avec la négation ne, avec le pronom relatif qui, avec l'adverbe afûrmatif si. On disait: <<jel suivrai » pour «je le suivrai »; « jamais nel ou nés reverrez » pour « jamais vous ne le ou ne les reverrez » ; « sis met en rang » (Gl^anson de Roland) pour «•«/ les met en rang », c'est-à-dire « ainsi il les met en rang ». On trouve nu au lieu de nel pour ne le, de même que du au lieu de àel pour de le : « nu ferez » signifie « vous ne le ferez pas ».
§ 141. — Me est souvent réduit à m (même devant une consonne), après si, ne : « sim, nem ».
Enfin le pronom se se combinait aussi avec certains mots, et se réduisait alors à s. Or nous avons vu que les, dans les combinaisons analogues, se réduit également à 5. Ainsi nés représente ne les (Voy.§ 140), ou ne se; le sens de la phrase peut seul indiquer laquelle de ces deux interprétations il faut choisir.. Ce sera ne se dans le vers suivant de la Chanson de Roland :
Nés poet guarder que mais ne U ateignet.
Traduisez : « Il ne se peut garder que le mal ne l'atteigne. »
On trouve aussi guis pour qui se, sis pour si se.