‹ Grammaire élémentaire de la vieille langue françaiseChapitre 102 sur 167 · CONTRE · texte numérisé non relu

CONTRE

§ 498. — La préposition « contre » avait au moyen âgo plusieurs sens qu'elle n'a pas conservés.

Elle signifie : en face de, du côté de, vers.

Chanson de Roland : « Cuntre le ciel ambesdous ses mains juintes. » C'est-à-dire : « ses deux mains jointes vers le ciel. » 2015.

Joinville : « Et estoient couchié contre orient. » C'est-àdire : « et ils étaient couchés vers l'orient. ». 639.

§ 499. — Elle signifie encore : au moment de, vers.

Chanson de Roland : « Cuntre midi ténèbres i ad granz », c'est-à-dire : « Vers midi il y a, etc. ». 1431.

Froissart : « Li roi d'Engleterre, contre le mois de mai-^ retourna en lamarce de Londres. » C'est-à-dire : « Le roi d'Angleterre, vers le mois de mai, etc. » i, 288.

DE Principales valeurs de la préposition « de ».

§ 500. — La préposition « de » marque principalement le point de départ, dans l'espace, dans la durée, ou au figuré : « Il vient de Paris, il est arrivé d'hier, il tient de vous. » A cette signification principale se rattachent des sens dérivés assez nombreux, dont quelques-uns offrant des particularités à noter.

De marquant le rapport de possession.

S 501. — Le rapport de possession est généralement indiqué : entre deux noms par de, après le verbe être par à. Nous avons vu que, par exception, à pouvait être employé entre deux noms. De même, par une exception inverse, de pouvait être employé avec le verbe être.

Sermons de saint Bernard : « Layez venir ami les petiz, car de teil gent est li règnes de ciel. » C'est-à-dire : « Laissez venir à moi les petits, car le royaume du ciel est à telles gens, esta eux. » 543.

De et non a devant un infinitif.

§ 502. — Quand un infinitif dépend d'un autre verbe, nous avons vu que l'ancienne langue le faisait souvent précéder de la préposition à au lieu de « de ». Inversement, on trouve de au lieu de à :

Après s'attendre :

Commynes : « Car de nostre costé on s'attendoit de les chasser à force d'artillerie. » p. 54.

De s'est d'ailleurs employé, après « s'attendre «Jusqu'au xvii0 siècle :

La Fontaine : On ne s'attendait guère De voir Ulysse en cette affaire. » Fables, x, 3.

§ 503. — Après penser :

Roman du Chevalier au lyon : « Pansez de tost venir arrière. » 2296.

§ 504. — Après « il y a, il est » :

Châtelain de Couci : « Or n'i a que dou bien couvrir », c'est-à-dire : « or il n'y a qu'à bien couvrir. » 2354.

Pièce d'archives citée par Godefroy : « Demandèrent les ungs aux autres qu'il estoit de faire. » C'est-à-dire : « Ils demandèrent les uns aux autres ce qu'il y avait à faire. »

On disait de même : « Il n'y a mais que de» dans le sens de : « Il n'y a plus qu'à ». « Il n'y a fors de » pour « il n:y a qu'à».

De relativement à la durée.

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