‹ Grammaire élémentaire de la vieille langue françaiseChapitre 129 sur 167 · AÏNS, AINÇOIS, CAR, JUSQUE, SINON · texte numérisé non relu

AÏNS, AINÇOIS, CAR, JUSQUE, SINON

§ 657. — En dehors des conjonctions où entre que, iî en est peu dont l'usage ancien diffère de l'usage actuel.

Les adverbes oins et ainçois avaient pris, comme conjonctions, le sens de « mais », qu'ils ont conservé jusqu'au xvie siècle. Ils formaient aussi les locutions conjonctives ains que et ainçois que, qui signifiaient : « avant que ».

§ 658. — La conjonction car dérive d'un mot latin (quare) qui signifie « pour laquelle chose, donc ». Elle a d'abord eu en français la même valeur.

Chanson de Roland : « Gumpainz Rollanz, l'olifant kar sunez. » G'est-à-dire : « Compagnon Roland, sonnez donc l'olifant. » 1059.

Après « la raison est » ou « la cause est », car remplace souvent que.

Oresine : « La première reson porquoi il ont erré en ceste chose est car il n'ont pas regardé... »

§ 659. — Jusque se trouve souvent avec le sens de « jusqu'à ce que ».

Chanson de Roland : « Jusque il viengent el camp. » C'est-à-dire : « Jusqu'à ce qu'ils viennent sur le champ de bataille. » 1838. '

§ 660. — Les deux parties de la conjonction sinon (si ou se et non) n'étaient pas inséparables comme aujour d'hui :

Villehardouin : « Ne jà... ne sera recouvrée se par ceste gent non. » C'est-à-dire : « Et elle ne sera jamais recouvrée sinon par ces gens. » 38. |

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