‹ Grammaire élémentaire de la vieille langue françaiseChapitre 82 sur 167 · EMPLOI DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE VERBES · texte numérisé non relu

EMPLOI DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE VERBES

I. — Verbes auxiliaires « Être » et « Aller » suivis du gérondif-participe.

§ 427. — Les auxiliaires avoir et être s'employaient, comme de nos jours, pour former plusieurs temps du verbe: le passé indéfini, le plus-que-parfait, etc.

§ 428. — L'auxiliaire être, à ses divers temps, suivi du participe présent des verbes, servait également à remplacer les temps correspondants de ces verbes ; on disait : « je suis arrivant », dans le sens de « j'arrive ».

Chanson de Gaydon : « Sainte Marie, car me soiez aidans ! » C'est-à-dire : « Sainte Marie, aidez-moi ! » 350.

§ 429. — Avoir et être ne sont pas les seuls verbes auxiliaires de la langue française. Les verbes aller, devoir (au présent ou à l'imparfait), suivis de l'infinitif d'un autre verbe, perdent souvent leur valeur propre, pour ne plus exprimer qu'une nuance du futur : « je vais vous le dire, j'allais me tromper, il doit ou il devait partir demain. »

§ 430. — Dans l'ancienne langue l'auxiliaire aller s'employait encore avec le gérondif, de la môme façon que être avec le participe présent. On disait : « il allait parlant » pour « il parlait ».

Chanson d'Aliscans : « Li gentix quens s'areste maintenant, A Damedieu va son gage rendant. » 88.

Traduisez : « Le noble comte s'arrête maintenant, au seigneur Dieu il rend son gage. »

Quand nous employons aujourd'hui cette tournure, nous laissons à aller quelque chose de sa valeur propre. La locution « il va disant que... «contient à la fois l'idée d'aller et celle de dire, et n'est pas sj'nonyme de : « il dit que... »

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