‹ Grammaire élémentaire lexicologiqueChapitre 2 sur 142 · DE LA «PREMIÈRE EDITION · texte numérisé non relu

DE LA «PREMIÈRE EDITION

On pense généralement que les hommes ont commencé par exprimer leurs pensées au moyen de signes; aux signes succédèlrent sans doute Tes cris, pnis les sons articulés, et, dès qu'ils eijirent donné des noms aux objets qui les environnaient, les mots devinrent les signes de leurs idées.

Ce langage, qui n'était tout d'abord qu'un assemblage informe de sons, rappelant' énergiquement les propriétés de la chose dôsig^iée, fut saps doute le langage commun des différentes fanjilles qui peuplèrent la terre dans IjBS premiers Ages du monde? mais peu à peu ces familles de pasteurs venant à se disperser, la langue s'altéra, se transforma, et l'on vit naître une foule d'idiomes nouveaux; en sorte qu'aujourd'hui II y a presque autant de laftgues que de peuples différents : langue française» langpe anglaise, lj»ngue italienne,, langue allemande, etc. Encore .chaque peuple, à c6té de sa langue nationale, a-t-il une quantité de dialectes, de' patois.

Une langue est plus ou n^oins riche, selon qu'elle a plus ou moins de mots, et que ces mots sont soumis à des acceptions plus ou moins précises et plus ou moins variées.

.Toutes les langues, pauvres à leur. origine, ^enrichissent à mesure qu'elles vieillissent; les auteurs qui les écrivent, l^s orateurs qui les parlent créent des termes nouveaux pour rendre plus facilement ou plus élégamment leurs penséesj et ^joutent de nouvelles acceptions aux mots 'déjà connus. ' ,

La langue française est une des plus riches : elle compte |i peu près 100,000 mots, et ce nombre augmente chaque jour.

Beaucoup dô mots, insidieux^ désctgrémentf sagacité* cavalier ^ cavaliètemenU urbanité^ ' sublimitét prosatevn*, renaisBancOy emportement ^ «a paBêionner^ intolérance^ impardonnable^ bienfaisance, impatient dujot^^ avidité, pudeur, burlesque^ félicité^ amphore, amourette, historiette, et une foule de tournures, telles que bien mériter de..., il n'est pas donifié à tout te monde de..., etc., inconnus il y a deux siècles, sont si bien acclimatés aujourd'hui, qu'on croirait^ difficileo^ent à une si récent introduction. ' •

Ces 100,000 mots dont se compose notre langage ont été classés d'après leur analogie, leur signification. Il y en a dix espèces, savoir : le nom ou substantif , l'article,J'adjectiff le pronom, leverbà, le participe, Padverbe, la préposition, la conjonction et l'interjection, *

Cette classification est importante, nous allons la rendre sensib^. Figurez-vous un vaste jardin contenant. 100,000 fleurs réparties en dix espèces ;.roâ0, tulipe, csillet, dahlia, violette, marguerite, réséda, pens^, verveir^e, lilas.

Une fleur cueillie au hasard dans ce ' vaste parterre appartiendra nécessairement à l'une des dix espèces énoncées ci-dessus.

De même, la langue française^, est un ^immense jardin tout rempli de mots, qui se divisent en dix classes. Un mot quelconque pris dans le d^:tionnaire sera forcément nom, article, adjectif, pronom, verbe, participe, adverbe, préposition, conjonction ou interjection. :

Ces dit espèces de mots s'appellent les dix parties du discours, c'est-àdire du langage. Leur étude fbrme l'objet de la Grammaire.

P. LAROUSSB

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