‹ Grammaire françaiseChapitre 146 sur 196 · SENS DÉTERMINÉ. SENS PLUS VAGUE · texte numérisé non relu

SENS DÉTERMINÉ. SENS PLUS VAGUE

Les peuples de l'Europe ou d'Europe.

Les villes de l'Asie ou d'Asie.

Je viens de l'Espagne ou d'Espagne.

Une carte de la France ou de France.

Mais si le sens est déterminé par une circonstance particulière, il faut Tarticle :

Le démembrement de la Pologne.

Les cercles de l'Allemagne.

Les villes de TEurope méridionale.

Les guerres de l'Amérique du Sud.

^ On supprime l'article devant les substantifs employés adjectivement et qualifiant un autre substantif :

Votre père est médecin.

ÉdouMd I«', roi d'Angleterre.

p£uris, capital» de la France.

Lord Ghesterfleld^ Anglais célèbre par son esprit.

4° On met l'article devant les noms de titre, de dignité , de profession, précédant les noms propres.

Le roi Henri IV fit décapiter l9 maréchal de Biron.

Le docteur Harvey découvrit la circulation du sang, vers 1620.

Nous n'avons pas de temps à perdre.

Vous n'avez pas fait de fautes.

Je ne leur donne point de vin.

Je ne leur adresse pas de reproclie.

Article aveo les noms employés dan* un lent général.

i^ L'article du, de la^ des, se place devant les substantifs employés dans un sens général, quand le verbe est aflirmatif ou interrogatif ; mais on le remplace par de, si le verbe est négatif.

Nous avons du temps.

Avez-voTis fait des fautes?

Donnez-leur du vin.

Lui adressez-vous des reproches?

De même on dit : // ne peut parier sans faire des fautes, e'esl^Mire, il fait des fautes. Le sens est afûrmaiif, malgré la négation. — Il parle sans faire de faute*, c'est-à-dire, il ne fait pas de fautes. Le sens est négatif, malgré l'affirmation.

^ On ne met pas l'article du, de la, des , devant un substantif pris dans un sens général, quand il est précédé d'un collectif, d'un partitif, ou d'un adjectif.

Mais on emploie l'article , si Tadjectif et le substantif forment ensemble une expression substantive , une espèce de substantif composé. . • ^^

Vous faites une foule de fautes. i Voilà dû 1!)eau temps. Il écrivit beaucoup de lettres. | C'est de la vraie poésie. Donnez-leur d'excellent vin. | Des petits pâtés bien cuits.

Remarque. Après les partitifs bien, la plupart, on met tonjoors l'article : bien du monde, bien des gens, ta plupart des hommes. Après beaucoup, on ne met jamais l'article : beaucoup de monde, de gens.

RépétUion ou ellipse del'artîclei de l'adjeetîf OS, et du pronom

possessif.

L'article, comme Tadjectif déterminatif ce, cette, ces, et le pronom possessif mon, ton, son, etc.^ doit se répéter devant chaque substantif , et même devant deux adjectifs se rapportant à un seul substantif, quand ils expriment des qualités contraires.

I^ gloire^ les richesses et les honneurs.

Le préfet et le maire.

Le cœur, l'esprit, les mœurs, tout gagne à la culture.

Le mercredi et le samedi.

Ces études et ces exercices sont utiles.

Il a perdu son temps et sa peine.

Honorez votre père et votre mère.

Les bons et les mauvais auteurs.

Les ouvrages sérieux et les frivoles.

Les philosophes anciens et les modernes.

Le premier et le second étage.

Ces grands et ces petits appartements.

Le sage a ses bons et ses mauvais moments.

Il a loué sa grande et sa petite ferme.

AtlTlCLÈ. 153

Mais on ne doit pas répéter l'article devant des substantifs qui sont à peu près synonymes, ni devant des adjectifs qui n'expriment pas des qualités contraires.

Le pieux et sage Fénelon.

Cette belle et aimable personne.

Vos bons et utiles services.

Les décrets et ordonnances.

Ces certificats et approbations.

Les Indiens sont lort attachés à leurs castes ou tribus.

En OQire, l'ysage a consacré une fonle de locutions où l'article .n'est exprimé que devant le premier substantif et le premier adjectif.

les père et mère on les pères et mères.

Les officiers et soldats.

Les arts et métiers.

Les lettres et paquets.

Tous les maires et sons-préfets.

Aux villes et villages de France.

Les lundi, mercredi et samedi.

L'histoire ancienne et moderne.

Les langues française et anglaise.

Des vers grecs et latins.

Des locutions correctes on incorrectes.

Les bonnes ou mauvaises actions.

Les premier et second étages.

Les xviii" et xixe siècles.

Tous les naturalistes et voyageurs. i Les seigneurs catholiques et protestants.

Ces locutions sont peu conformes à l'exactitude grammaticale, mais elles donnent plus de précision à la pensée.

C'est le même besoin de précision et de rapidité qui fait supprimer l'article devant tous les substantifs.

Français, Anglais^ Lorrains, que la fureur assemble, Avançaient, combattaient, frappaient, mouraient ensemble. Gloire, honneur, fortune, tout disparaît à la mort. Pauvreté n'est pas vice. — Contentement passe richesse.

Dans certaines locutions , le sens change selon l'emploi ou la suppression de rarticle.

Entendre la raillerie ( l'art de railler).

Toute la maison e.st occupée.

Un officier du génie.

Entendre raillerie {savoir la supporter).

Toute maison est occupée.

Uu officier de génie.

▲rUole invariable dana IiS »IiU8, UB MOZW0, IiS MXXUX.

L'article le est invariable lorsqu'il forme avec plus^ moinSf mieux, une expression adverbiale qui modifie un adjectif, un verbe ou un adverbe.

C'est auprès de ses enfants qu'elle est le plus heureuse.

C'est dans leur négligé qu'elles sont le plus belles.

C'est pour la musique qu'ils sont /\plus heureusement doués. ^

Elle est heureuse le plus; eUes sont belles le plus; ils sont doués le plus heureusement.

Mais l'article est variable, si l'on compare la personne ou la chose à d'autres. Alors on sous-entend un substantif.

De toutes les femmes, c'est la plus heureuse. (Femmes sous-entendu.) Assuérus choisit, parmi les prétendantes, celle qui lui parut la plus

belle. (Prétendante.) Les arts les plus utiles ne sont pas les plus considérés. ( Les arts

les plus considérés.)

Ifti

Artîole défini mît. pour l'artiole îndéfim.

Devant les noms de mesure et de nombre, on emploie l'article défini fe, la, pour l'article indéfini un, une.

Le beau drap coûte 40 francs le mètre.

Les œufs Yaïent i franc la douzaine.

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