VERBES NEUTRES
Le participe passé d'un verbe neutre conjugué avec être s'accorde toujours avec son sujet, d'après la première règle : Elle est tombée.
Mais tout participe neutre, conjugué avec avoir ^ est invariable, parce qu'il ne peut jamais avoir de complément direct : Elle a riy ils ont parié.
Certains verbes neutres semblent offrir des difficultés ; mais ces difficultés ne sont qu'apparentes.
Il y a des noms , comme des noms de temps et de prix^ qui ont l'air d'être des compléments directs ; mais ce sont des compléments indirects d'une préposition sous-entendue. Le participe auquel ils sont joints doit donc rester invariable.
Les soixante ans que Louis XV a régné (c'estrà-dife pendant lesqii>els)j
Les trois mois que nous avons voyagé.
Ces dix années, il les a vécu dans Tinfortune. (Pendant ces dix années.)
Je n'ai dormi que six heures, mais je les ai dormi sans interruption. (J. J. Rousseau.)
Les cent louis que ce cheval a coûté, il les a valu.
Il n'y a point de complément direct dans ces phrases. En effet, l'action de régner, de voyager f de viprSy de donner, de coûter, de valoir, ne part pas d'nn sajet pour se
Eorter sur nn objet, sar les soixante ans, sar les trois mois, sur les cent louis, etc. es soixante ans ue soaffrent pas l'action d'être régnés, ni les cent louis celle d'être coûtés ni valus, 11 y a ellipse d'une préposition : Les soixante ans peudant lesquels U a régné.
Mais si un verbe neutre devient actif dans le sens figuré, le participe passé est variable ou invariable, selon qu'il est précédé ou suivi de son complément direct.
Que de soins votre éducation m'a coûtés I
Les pleurs que sa mort vous a coûtés.
Tels sont les honneurs que mon habit m'a valus.
Les mois soins^ pleurs, honneurs, sont des compléments directs, et ils demandent l'accord du participe.