PONCTUATION
lité qu'on lui attribue, ainsi que les incises et les incidentes, du reste de la phrase :
Fénelon, un de nos meilleurs écrivains^ est surnommé le Cygne de
Cambrai.
De votre nom, Joas^ je puis donc vous nommer. (BACiins.) Le temps, qui change tout^ change aussi nos humeurs. (Boileau.)
La virgule sert encore, dans le pléonasme, à séparer les mots surabondants, et dans Tellipse, à remplacer les verbes 80us-entendus :
Et que m'a fait, à moi, cette Troie où je cours? (Racine.)
L'éloquence doit être partout persuasive; la douleur^ touchante; la coière^^ impétueuse ; la sagesse, tranquille. ( Voltaire.)
On ne met point de virgule devant et, ni, ou, à moins que ces conjonctions ne soient répétées plus de deux fois, ou que la première partie de la phrase ne soit un peu longue :
Je ris et je pleure. Il ne boit ni ne mange.
Fénelon réunissait à la fois et l'esprit, et la science^ et la douceur,
et la vertu.
Votre père est maintenant à Paris, ou il ne tardera pas à y arriver.
2» Le point (.^. On met le point à la fin de la phrase, c'està-dire lorsque 1 enchaînement des mots cesse :
Le sage est ménager du' temps et des paroles.
3o Le point et virgule (;]. Le point et virgule sépare !<> les différents membres d'une phrase, quand ils sont un peu longs, ou subdivisés par des virgules ; 2** une phrase d'une autre phrase qui en est la conséquence ou le développement :
1. Il faut se représenter que sous ses pas l'éléphant ébranle la terre;
que de sa trompe il arrache les arbres; que d^un coup de son ' corps il fait brèche dans im lûur. ( Buffon.)
11 faut qu'en cent façons, pour plaire, il (un écrivain) se replie;
Que tantôt il s'élève 'et tantôt s'numilie:
Qu'en nobles sentiments il soit partout fécond;
Qu'il soit aisé^ solide, agréable et profond. (Boileau.)
2. Un flls ne s'arme point contre un coupable père; Il détourne les yeux, le plaint, et le révère.
4° Les deux points (:). On ne les met guère qu'à la fin d'une phrase qui annonce un discours direct ou une énumération :
L'aigle de la montagne un jour dit au soleil :
« Pourquoi luire plus bas que ce sommet vermeil? » ( Lamartine.)
11 y a trois vertus théologales : la foi, Tespérance et la charité.
iOO GRAMMAIRS FRANÇAISE.
Les autres signes de la ponctuation sont :
i^ Le point d'interrogation (?). On le met après une phrase interrogative :
Que Youliez-Yous qu'il fit contre trois? — Qu'il mourût. (Gohreille.
On ne le met pas, quand Tinterrogation dépend d'un verbe :
Dites-moi combien il y a de jours dans Tannée.
2° Le point d'eiclahation M ). On le met après une exclamation de joie, de douleur, d admiration, de surprise, etc.
Hélas! durant ces jours de joie et de festins,
Quelle était en secret ma honte et mes chagrins ! (Racine.)
3** Les points suspensifs (...). Ils annoncent une interruption dans le sens :
J^ai vu... sans mourir de douleur,
J*ai vu... (siècles futurs, vous ne le pourrez croire )
Ah ! j'en frémis encor de dépit et d'horreur : J'ai vu... mon verre plein, et je n'ai pu le h
oire ! (Scabron.)
4** Tiret ou trait de séparation (— ). Il indique le changement d'interlocuteur, et fait éviter la répétition de dit'il, répondit-il f reprit-il^ etc. :
Il est vert. — Il est jaune. — Il est rouge, morbleu ! Interrompt chacun avec feu . ( Florian. )
5o La parenthèse ( ]. Elle sert à introduire dans la phrase une pensée qui en modifie le sens, mais qui n'est pas nécessaire à la construction :
Un jour qu'au cabaret son maître était resté ( C'était, je pense, un jour de fête ), Notre singe en liberté Veut faire un coup de sa tête.
6o Guillemets (a »). On les place au commencement et
à la fin de paroles citées :
Alexandre ayant été blessé, dit : « On m'assure en vain que je suis le fils de Jupiter; cette blessure me fait trop sentir que je ne suis qu^un homme. »
La manière de ponctuer est un peu arbitraire. Il est difficile de donner des règles pour tous les cas. C'est le goût , le sentiment, qui sont les meilleurs guides de Técrivain pour la ponctuation comme pour les qualités du style.