‹ Grammaire françaiseChapitre 2 sur 196 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

que les ajiciennes ; d'autres oat fait des ouvrages scientifiques, volumineux, où les règles se compliquent d'exceptions et de remarques, que les professeurs peuvent seuls comprendre et expliquer. Quelques livres de grammaire sortent de la classe commune, et ont un mérite essentiel, celui de la simplicité. Malheureusement ils n'apprennent presque rien, parce qu'ils n'ofi^ent que des définitions arides et sèches, que des règles vagues, où l'esprit cherche en vain un lien et des rapports nettement déterminés. C'est la lunûère, mais une lumière pâle, à peine sufQsante pour guider et faire éviter les ornières du chemin.

Ennemi des innovations téméraires comme de la routine, également éloigné d'une simplicité qui mène à la sécheresse, et de formules savantes qui ne sont bonnes qu'à eflfrayer les enfants, nous avons essayé de faire un livre clair^ simple et méthodique, enchaîné logiquement daqs toutes ses parties, et aussi complet qu'un pareil traité peut l'être.

Dans les Connaissances préliminaires, nous avons donné une grande importance à la prosodie et à la prononciation.

Dans la Grammaire proprement dite, destinée à mettre à la portée des enfants les notions les plus élémentaires sur les diverses espèces de mots, nous avons réduit les parties du discours à quatre, et les conjugaisons à deux. Quant à V analyse grammaticale y nous croyons l'ayoir. exposée avec une simplicité poussée aux dernières licnites.

Nous avons donné un soin particulier à I'orthographe ,

FRÉFÀGE. yil

qui est traitée dans le livre lU Peut-être trouvera-t-on des choses neuves àm^Y Orthographe d'usage^ sur la dérivation ^ sur le redoublement des consonnes et sur les sons homonymes; et dans V Orthographe d^ règles^ sur le genre des substantifs, sur 1«8 substantifs composés , et sur les substantifs précédés d'ui^e préposition.

On remarquera peut-être aussi quelques innovattons dans le LIVRE III, qui comprend la Syntaxe, sur Vathalyse logi^ que 9 rendue aussi facile que l'analyse grammaticale; sur l'emploi du pronom et de l'adjectif; sur l'orthographe du participe passé, réduite à deux règles; sur l'emploi de l'indicatif et du subjonctif; et enfin sur celui de l'imparfait et du passé défini, cette difficulté presque insurmontable pour les étrangers:

Nous avons rejeté beaucoup de règles contestables. Une grammaire, destinée à l'enseignement, ne doit contenir que des règles acceptées par la généralité des grands écrivains. Elle est à la langue ce que le catéchisme est à la religion. On ne discute pas dans un catéchisme les opinions individuelles de tous les Pères de l'Église. Mais nous avons admis quelques règles que les grammairiens condamnent parce qu'elles sont en opposition avec des phrases prises dans des auteurs classiques du xvii* siècle. Cette raison ne nous a point paru suffisante. La langue est sujette aux changements comme les idées; une grammaire bien faite doit signaler ces changements, pourvu toutefois qu'ils aient été introduits, non par les grammairiens, mais par les successeurs des créateurs de la langue.

vm PRÉFACE.

En un mot, nous avons cherché à simplifier les classifications, à n'admettre que les divisions et les subdivisions utiles, à réduire les règles aux principes généraux les'plus importants, surtout à faire analyser, à faire réfléchir^ à exercer, non la mémoire, mais le jugement et l'intelligence.

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