‹ Grammaire françaiseChapitre 63 sur 196 · CHANGEMENT DE LETTRES DANS LA DERIVATION · texte numérisé non relu

CHANGEMENT DE LETTRES DANS LA DERIVATION

Dans la formation des mots, on ajoute quelquefois des lettres, comme b dans flambeau, dérivé ie flamme, et dans tombeau, dérivé du latin tumulus; c dans noircir, dérivé de noir; d dans gendre, dérivé de genre.

DERIVATION. «5

Quelc[uefoi8 on supprime des lettres, comme o dans par- 1er y dérivé de parole; u dans règle , racine de régulier; i dans esprit, racine de spirituel; e dans studieux, dérivé Sétude.

Souvent on remplace des lettres par des lettres analogues : on change les lettres fortes en faibles, ou les faibles en R^rtes, selon que l'euphonie l'exige, c*e8t-à-dire selon que le son est plus ou moins agréable. Par exemple :

c se change en 9 . . . .hanc banquette,

tronc tronquer.

D t,., ,vendre vente.

pied piéton.

F V. . . .attentif, attentive.

motif motiver.

[c . . . ,doux douce.

\ch . . .faux faucher,

\sc... faix faisceau.

s... ,paix paisible.

choix choisir.

ss ,., faux •fausse.

toux tousser.

I y.,.. roi royal.

ennui ennuyer.

L u. . ,. château. . . . • . .châtelain,

bateau batelety'lier, etc.

Pour faire une étude assez complète de la dérivation, il faudrait savoir la langue latine, à laquelle nous avons emprunté les trois quarts de nos mots, et la langue romane, qui a servi d'intermédiaire entre le latin et le français.

Ainsi, il y a beaucoup de mots dont on ne peut retrouver les lettres muettes qu'en recourant au latin. Par exemple :

Aoùf, d'AugQsta8(proD.ilougas^as). Ponls, de puf^us.

PaoQ, de pavo, payonis. Corps, de corpus.

Ni(i. de ntdiis. Temps, de lempns.

Cle/, de clat)is (/pourv). Cours, de cursus.

Doigt, de di^i^us. Puits, de pufeus.

Legs, de lesatum, venu de lex, legis. Rets, de Te%retis (filet).

Fils, de /llïvLS.

De même, sans la connaissance de la langue romane, il est impossible de suivre les transformations successives de certains mots. Ainsi le mot œil, venu du latin oculus, ocellus^ a été successivement ocel^ oel, cet, œU. Du singulier œily pro • nonce ceuilf vient le pluriel yeux, qui a été d abord œuiîs et iœuls, puis iœuix, iœux, et enfin yeux. Cet exemple peut suffire pour montrer les curiosités et les difficultés de la dérivation.

GRAMMAIRE ]?RANÇÀIS£.

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