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CHAPITRE III

DE L’ADJECTIF

SECTION I

ADJECTIFS QUALIFICATIFS

156 Exercice — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en soulignant d’un trait les adjectifs qualificatifs. — Indiquer oralement un nom attribut, un nom complément d’un nom, un nom complément d’objet direct, complément indirect, de circonstance.

La route de Pierrefitte à Luz.

C’est, sans contredit, la partie la plus austère et la plus caractérisée des Pyrénées. Tout y prend un aspect formidable. Les monts se resserrent, le Gave s’encaisse et gronde sourdement en passant sous les arcades de rochers et de vigne sauvage : les flancs noirs des rochers se couvrent de plantes grimpantes dont le vert vigoureux passe à des teintes bleues, sur les plans éloignés, et à des tons grisâtres, sur les sommets. L’eau du torrent en reçoit des reflets tantôt d’un vert limpide, tantôt d'un bleu mat et ardoisé comme on en voit sur les eaux de la mer. De grands ponts de marbre d’une seule arche s’élancent d’un flanc à l’autre de la montagne au-dessus des précipices. Rien n’est si imposant que la structure et la situation de ces ponts jetés dans l’espace et nageant dans l’air blanc et humide qui semble tomber à regret dans le ravin. La route passe d’un flanc à l’autre de la gorge, sept fois dans l’espace de quatre lieues.

Lorsque nos deux voyageurs franchirent le septième pont, ils aperçurent au fond de la. gorge, qui insensiblement s’élargissait devant eux, la délicieuse vallée de Luz, inondée des feux du soleil levant. La hauteur des montagnés qui bordaient la route ne permettait pas encore au rayon matinal d’arriver jusqu’à, eux. Le ravin était endormi encore; le merle d’eau ne faisait pas entendre son petit cri plaintif, dans les herbes du torrent; l’eau bouillonnante et froide soulevait avec effort les voiles de brouillard étendus sur elle : à peine, vers les hauteurs, quelques lumières doraient les

ADJECTIFS QUALIFICATIFS

anfractuosités des rochers et la chevelure pendante des clématites; mais, au fond de ce sévère paysage, derrière ces masses noires, âpres et revêches comme les sites animés de Salvator, la belle vallée, baignée d’une rosée étincelante, nageait dans la lumière et formait une nappe d’or dans un cadre de marbre noir".

George Sand (Œuvres complètes , Calmann Lévy, éditeur).

(Brevet élémentaire.)

157. Exercice oral. — Donner dix adjectifs désignant des couleurs, comme blanc,— cinq marquant une qualité, comme beau,— et cinq marquant le défaut opposé, comme laid .

158. Exercice oral. — Indiquer les nuances de sens qui distinguent fort, vigoureux , robuste. — * matinier, matinal , malineux.

159. Exercice. Dans les phrases suivantes remplacer chaque tiret par un des adjectifs étranger , secret , ras , long, j-aloux, complet , blanc , haut, bleu , doux , lourd , massif , vif, généreux , doux, persuasif , dur, hautain, vif, intelligent , laborieux, favori , grand, harmonieux, discret, ambigu, sec, majeur , épais , oblong, niais, chinois, en les mettant au genre et au nombre convenables.

Les douaniers arrêtent au passage les marchandises — .

L’enfance a une grâce — qui désarme les cœurs les plus cruels.

On appelle — campagne une — plaine sans bois, sans accidents de terrain.

Cette mère était — de l’affection de ses enfants.

La fête serait — si vous y veniez aussi.

Le sage Sophronyme avait une barbe — et une — taille; ses yeux — étaient vifs et perçants, sa voix — , ses paroles simples et aimables.

Malgré sa forme — et — l’éléphant a une démarche — et rapide.

La patience est une amie — qui partage avec nous le fardeau de nos peines.

11 ne suffit pas d’avoir raison;* il faut soutenir ses idées d’une manière — et — et non avec des paroles — et — .

Charles était un enfant lent et paresseux ; Madeleine au contraire était — , — et — .

La chasse était la distraction — du roi Louis XIII.

Les portraits de nos — mères du xvm* siècle nous les montrent portant de charmants costumes aux couleurs — et — .

N’employez jamais d’expressions —, ni de paroles — , mais efforcez-vous de rendre la vérité toujours aimable.

En France, une jeune fille est — à vingt et un am*

EXJSfcC. SUR U 6RAMM. COMPL,

DE L’ADJECTIF

Les œuls de l'autruche ont une coquille fort — , la forme en est

— et la couleur semblable à celle de l’ivoire.

Rien n’est plus déplaisant qu’une figure — .

Toute ville — est remarquable par sa malpropreté.

160. Exercice. — Dans les phrases suivantes remplacer chaque tiret par un des adjectifs profond, haut , épais , idéal , gentil , gracieux, beau , trivial , colossal , matériel , nioral, fatal . pastoral, étranger, froid , tempéré , naturel , méridional . septentrional, boréal , initial , patriarcal, central , en les mettant au genre et au nombre convenables.

Les fortifications du moyen âge consistaient surtout dans des fossés — , des murs — et — .

Les peintres du siècle dernier représentaient souvent des paysages — , avec des temples, des ruines, des barques de pêche rentrant au port.

Les vers de ce poète sont — et — plutôt que — et élevés.

Prenez garde de tomber dans des détails — .

Deux statues — en granit étaient placées à l’entrée du temple. 11 ne suffit pas de pourvoir aux besoins — d’une nation, il faut encore satisfaire ses besoins — .

Les batailles de Pharsale et de Philippes furent des événements

— à la république romaine.

Les romans — , si goûtés du temps de Florian, sont aujourd’hui tombés dans l’oubli.

— à nos contrées plutôt — que —, la datte et la grenade sont

— des climats — .

Les longues nuits des pays — sont éclairées par les aurores — . Si vous supprimez Dieu; comment expliquez-vous le mouvement

— de notre univers?

Il y a dans la Bible des scènes — qui charment l’esprit des enfants. Tous les postes — sont maintenant munis du téléphone.

161. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les phrases suivantes?

Monseigneur, laissez les choses en leur état ancien et ne faites rien de nouvel. (Froissart, xive siècle.)

11 n'est pas sage qui n’a peur d’un fol.. (II. Es tienne, xvl* siècle.) Est bon avoir grant garnison de pots pleins de mol savon, (Le Jouvencel , xve siècle.)

Vous irez à Cologne la fort cité garnie. ( Saxons . xne siècle.)

Car tant est fort et cruel sa prison. ( Couci , xue siècle.)

Que l’herbe vert en est ensanglantée. ( Roncevaux , xii® siècle.)

ADJECTIFS QUALIFICATIFS

Nature en fait issir feu qui jette grandisme clarté. (Brunetto Latini, xme siècle.)

Il arriva en son camp où fut fait grandissime allégresse pour sa reconvalescence. (Carloix, xvi° siècle.)

162. Exercice. — Copier ou écrire sous la dictée les vers suivants en remplaçant chaque tiret par un adjectif qui convienne au sens et à la mesure.

La mort d’un bouvreuil

L’aube sur l’herbe — avait semé ses perles,

Et je courais les prés à la piste des merles,

Écolier en vacance, et l’air — du matin,

L’espoir de rapporter un — butin,

Le bonheur d’être loin des livres et des thèmes Enivraient mes quinze ans tout enivrés d’eux-mêmes.

Tel j’allais par les prés. Or, un joyeux bouvreuil,

Son poitrail — au vent, son bec ouvert, et l’œil En feu, jetait au ciel sa chanson — ,

Hélas! qu’interrompit soudain l’arme brutale.

Quand le plomb l’atteignit, tout sautillant et vif,

De son gosier saignant un petit cri —

Sortit, quelque duvet vola de sa poitrine,

Puis, fermant ses yeux clairs, quittant la branche — ,

Dans les joncs et les buis de son meurtre souillés^

Lui, si — de vivre, il mourut à mes pieds!

Ah! d’un — mouvement qui passe sur notre âme Pourquoi rougir? la honte est au railleur qui blâme.

Oui, sur ce chanteur mort pour mon plaisir d’enfant,

Mon cœur, à moi chanteur, s’attendrit bien souvent.

Frère ailé, sur ton corps je versai quelques larmes;

— et m’accusant, je déposai les armes ;

Ton sang n’est point perdu. Nul ne m’a vu depuis Rougir l’herbe des blés et profaner les buis,

J’eus pitié des oiseaux, et j’ai pitié des hommes.

Pauvret, tu m’as fait — au dur siècle où nous sommes.

A. Brizeux ( Poésies , Lemerre, édit.).

163. Exercice de mémoire. — Apprendre par ce&ur les vers précédents quand on y aura rétabli les adjectifs.

Djs l’adjectif .

SECTION II

ADJECTIFS NUMÉRAUX, DÉMONSTRATIFS, INTERROGATIFS, POSSESSIFS ET INDÉFINIS

164. Exercice. — Copier ou écrire sous la dictée le moroeau suivant en écrivant tous les nombres en lettres.

Les grands ponts du monde

On vient de publier une statistique intéressante sur tous les grands ponts du monde entier.

Dernièrement, on a inauguré, en Russie, un pont colossal de 1664 mètres sur le Dniéper. Comme importance, au point de vue de la construction, ce pont est le sixième.

Le premier et le plus considérable de tous est le pont qui, à Montréal, dans le Canada, passe sur la rivière de Saint-Laurent. Ce pont relie la capitale du Canada au réseau du grand railway et surtout à l’embranchement qui mène aux États-Unis. Il est unique dans son genre; sa longueur est de 2637 mètres; les piliers, qui s’élèvent à 20 mètres au-dessus du niveau du fleuve, soutiennent un cylindre colossal en fer, dans lequel s’engouffrent les trains du chemin de fer canadien.

Le second pont selon son importance est celui de ïEast-River qui met en communication New-York et Brooklyn. Il a une longueur de 1826 mètres.

Un des plus grands après lui est le pont de Rapperswyl. Il mesure 1600 mètres de longueur et passe sur le lac de Zurich.

Le pont du chemin de fer près Orenbourg (Russie) a un parcours de 1484 mètres. Celui de Moerdick, en Hollande, n’a que six mètres de moins que lui.

Parmi les ponts français il faut citer le pont Saint-Esprit, sur le Rhône, 728 mètres; le pont du chemin de fer sur la Garonne à Bordeaux, 501 mètres, et le pont en pierres également sur la Garonne, 407 mètres. On peut citer encore, parmi les plus importants, le pont deBeaucaire, sur le Rhône, qui mesure 438 mètres.

165. Exercice orâl. — Donner les mots de la même famille que venir, construction. — Donner les homonymes de tous, mètre , point, pond.

166. Exercice. — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en remplaçant chaque tiret par un ad/ectif démonstratif.

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