‹ Grammaire française complèteChapitre 74 sur 108 · COMPLÉMENT DU NOM · texte numérisé non relu

COMPLÉMENT DU NOM

256. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par un des mots talent , épice , truffe, laque , porcelaine , écaille , agate, malachite, plume, prince, touriste , avril, grésil , grêle, pluie , architecture , fleur, fruit , homme, animal, ruban , muguet, plume, science , abricot , framboise, orange , bonne qualité , talent, honneur , qu’on écrira selon la règle.

Ce musicien est rempli de — et charme toujours son auditoire.

Il se tient tous les ans à Paris deux marchés très connus : la foire au pain d’ — et la foire aux jambons.

On vend jusqu’à des pelures de — , tant ce précieux tubercule est recherché par toutes les bourses.

Le ministre Louvois est le premier en France qui ait fait parade d’une tabatière, elle était de vieux — . On vit ensuite des tabatières de — de Saxe, des tabatières d’ — , ornées de dessins, des boîtes d’ — , de — , montées en or.

Dans le réduit obscur d’une alcôve enfoncée S’élève un lit de — à grands frais amassée. (Boileau.)

SYS TAXE DU NOM

Les villes de Suisse sont pourvues de constructions qu’on prendrait plutôt pour des maisons de — que pour des hôtels de —

Il n’est si gentil mois d’ —

Qui n’ait son chapeau de — ,

c’est-à-dire que dans ce mois il y a toujours quelques averses de — ou de — .

On appelle arabesques des ornements d’ — empruntés aux Arabes et qui se composent d’un mélange de — , de — et quelquefois de ligures d’ — -, et d’ — .

Cette dame avait sur son chapeau un nœud de — , un bouquet de — et une touffe de — .

O11 dit avec raison de quelques hommes que ce sont des puits de

La ville de Clermont-Ferrand est célèbre pour ses pâtes d’ — et de — , pour ses confiture» d’ — et de plusieurs autres fruits.

Choisissez pour femme une jeune fille remplie plutôt de

que de — .

Les souveraines ont toujours plusieurs dames d’ — .

257. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les noms en italique dans les phrases suivantes?

Les devins aperçurent deux aigles volans vers eux, dont Y une tenait entre ses griffes un serpent qu 'elle perçoit d’oultre en oultre avec ses ongles. (Amyot, xve siècle.)

Il faut s’aimer d 'une amour mutuelle . (Ronsard, xvi® siècle.)

L 'automne est sec de sa nature. (Paré, xvie siècle.)

Quelques fois Yautomne est fort tempérée. (0. de Serres, xvie siècle.)

Adonne toi à l’estude des lettres pour en tirer quelque chose qui soit toute tienne. (Montaigne, xvi® siècle.)

Isocrates a escrit un plaidoyer en la defense de Alcibiades, touchant une couple de chevaulx. (Amyot, xvie siècle.)

Mémoire à mon solliciteur,

De m’envoyer par ce porteur,

Qui prend à Paris mes paquets,

Un couple de bons perroquets. (St-Gelais, xvie siècle.)

Vostre hymne est achevé , je ne vous loueray plus. (Ronsard, xvi® siècle.)

EXERCICES

Vous disnez pour un grammercy . (Makot, xvie siècle.)

La meule d’un moulin ne moudra que le grain qu’on aura mis dessous; si c’est de l’orge, on aura de Yorge moulu. (Bossuet.)

Si maint œuvre de moi, solide autant que beau ,

Peut tirer un héros de la nuit du tombeau. (La Fontaine.)

Auparavant que Pasque soit passée. (Carloix, xvie siècle.)

Il [le rhumatisme] a son commencement, son augmentation, son période et sa lin. (Sévigné.)

Souvent petits gens en menoient grand’noise [querelle]. (Communes, xve siècle.)

Toutes gens dont il avoit obéissance. (Froissart, xive siècle.)

258. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les noms en italique dans les phrases suivantes?

Le souvenir de leurs aïeuls devient leur opprobre. (Massillon.)

Il délaissera toutes espiceries, ails , oignons, etc. (Paré, xvie siècle.)

Quand Yaguet d’un pirate arrêta leur voyage. (Malherbe, xvie siècle.)

Les sots sont la broussaille du genre humain. (Marmontel.)

Il en faisait sa plainte une nuit; un voleur Interrompit la doléance. (La Fontaine.)

Ainsi fut faite la funeraille feste. (J. d’Auton, xvie siècle.)

Sur cette nippe-\h vous auriez peu d’argent. (Regnard.)

En cette saison mourut son pere, auquel il fist très grant et solennel obseque. (Communes, xve siècle.)

Le sang luy sortoitpar la bouche, par le nez, par les œilz (yeux). (Rabelais, xvi® siècle.)

Ce qui me fait d’autant plus eshahir qu’ayans de tels resveille matins nous soyons si endormis. (Lanoue, xvie siècle.)

Tous ces chef s-d' œuvres antiques

Ont à peine leurs reliques. (Malherbe, xvie siècle.)

259. Exercice. — Copier le morceau suivant en le transcrivant avec l’orthographe actuelle.

Les animaux chez les anciens

Les Romains avoient un soing publicque de la nourriture des oyes, par la vigilance desquelles leur Capitole avoit été sauvé. Les Athéniens ordonnèrent que les mules et mulets qui avoient servy au bastiment du temple appelé Hecatompedon feussent libres, et qu’on les laissas* naistre par tout sans empeschement. Les Agri-

SYNTAXE DU NOM

gentins avoient en usage commun d’enterrer 'serieusement les bestes qu’ils avoient eu cheres, comme les chevaulx de quelque rare mérité, les chiens et les ovseaux utiles, ou mesmes qui avoient servi de passetemps à leurs enfants : et la magnificence, qui leur estoit ordinaire en toutes aultres choses, paroissoit aussi singulièrement à la somptuosité et nombre des monuments eslevez à cette fin, qui ont duré en parade plusieurs siècles depuis. Les Égyptiens enterroient les loups, les ours, les crocodiles, les chiens et les chats, en lieux sacrez, embasmoient leurs corps, et portaient le dueil à leur trespas. Cimon feit une sépulture honorable aux iuments avec lesquelles il avoit gaigné par trois fois le prix de la course aux ieux olympiques. Et Plutarque faisoit, dict-il, conscience de vendre et envoyer à la boucherie, pour un legier proufit, un bœuf qui Pavoit longtemps servi. Montaigne (1535-1592).

260. Exercice. — Copier les vers suivants en les transcrivant avec l'orthographe actuelle.

Fable

Jadis un loup, dit-on, que la faim espoinçonne,

Sortant hors de son fort, rencontre une lionne,

Rugissante à l’abord, et qui monstroit aux dents L’insatiable faim qu’elle avoit au-dedans.

Furieuse, elle approche ; et le loup qui l’advise D’un langage flatteur luy parle et la courtise :

Car ce fut de tout temps que, ployant sous l’effort,

Le petit cede au grand, et le foible au plus fort.

Luy, dis-je, qui craignoit que, faute d’autre proye,

La beste l’attaquast, ses ruses il employé.

Mais enfin le hasard si bien le secourut Qu’un mulet gros et gras à leurs yeux apparut.

Ils cheminent dispos, croyant la table preste,

Et s’approchent tous deux assez près de la beste.

Le loup, qui la cognoist, malin et deffiant,

Luy regardant aux pieds, luy parloit en riant :

« D’où es-tu? qui es-tu? quelle est ta nourriture,

Ta race, ta maison, ton maistre, ta nature? »

Le mulet, estonné de ce nouveau discours,

De peur ingénieux, aux ruses eut recours

EXERCICES

Et, comme les Normands, sans luy respondre : « Voire' Compere, ce dit-il, je n’ay point de mémoire ;

Et comme sans esprit ma grand mere me vit :

Sans m’en dire autre chose, au pied me l’escrivit. »

Lors il leve la jambe au jaret ramassée,

Et d’un œil innocent il couvroit se pensée,

Se tenant suspendu sur les pieds en avant.

Le loup qui l’apperçoit. se leve de devant.

S’excusant de ne lire avecq’ ceste parolle,

Que les loups de son temps n’alloient point à l’escolle ;

Quand la chaude lionne, à qui l’ardente faim Àlloit précipitant la rage et le dessein,

S’approche, plus sçavante, en volonté de lire.

Le mulet prend le temps, et du grand coup qu’il tire Lui enfonce la teste, et d’une autre façon,

Qu’elle ne sçavoit point, luy apprit sa leçon.

Mathurin Régnier (1573-1613).

26f {«. Exercice complémentaire. •— Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en soulignant tous les noms compléments

Venise au moyen âge

A l’époque des croisades, la république de Venise était le plus respecté des États de l’Europe, celui qui, par l’absence de tout fanatisme religieux, avait le rôle politique le plus impartial, et dont les ambassadeurs avaient le plus d’autorité. Mais cet ascendant était soutenu par une énorme puissance matérielle. Venise posséda jusqu’à trois cents navires de guerre montés par trente-six mille marins, et les richesses du monde, acquises par le travail légitime, apportées en tributs ou ravies par la conquête, vinrent s’entasser dans ses deux mille palais et ses deux cents églises ; un seul de ces îlots eût acheté un royaume d’Afrique ou d’Asie. Sur un fond de boue, où jadis le pêcheur posait avec précaution sa cabane de branchages, s’était dressée une ville somptueuse, la plus belle de l’Occident. Des forêts entières de mélèzes, coupées sur les montagnes de la Dalmatie, avaient servi à consolider le sol; plus de quatre cents ponts de marbre réunissaient d’îlot en îlot le réseau des rues et des places, et de superbes digues de granit, construites « avec l’argent de Venise et l’audace de Rome », défendaient la ville merveilleuse contre les fureurs de la mer. Les splendeurs de l’industrie et les magnificences de l’art contribuaient à faire de Venise une cité sans égale.

Elisée Reclus (. L'Europe méridionale , Hachette et Cie, édit.)

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