‹ Grammaire française [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 169 · Grammaire française [microforme] · texte numérisé non relu

Grammaire française [microforme]

Les livres qui ont pour objet l'art de parler et d'écrire correctement en français se multiplient : il faut savoir distinguer les grammairiens des grammatistes.

Un grammatiste ne fait que répéter ce que d'autres ont dit avant lui; et il le répète dans une forme qui sourent n’est pas la meilleure, d'après un plan qu'il ne se préoccupe même pas d’ajuster aux besoins particuliers de ses lecteurs. Pour faire croire qu'il a des opinions personnelle:, il met des règles positires où ul devrait s'abstenir de décider, il émet des doutes où il n'y a plus rien d'indécis ; il suit tantôt un auteur attaché aux vieux usages, tantôt un grammairien réformiste, et l'on ne voit pas pourquoi il adopte les vues de l'un plutôt que de l'autre. Son seul souci est de fabriquer sans peine un livre classique, et qui se rende.

Le grammairien a d’autres préoccupations. L'étude et l'observation luiont appriscomment les principes généraux dela parole s'appliquent, ainsi que s'exprimait Girault Duvivier, « aux institutions arbitraires et usuelles d'une langue particulière » ; il n'est pas plus l'v+clare de la routine que de la manie d'innover ; il n’ignore pas qu'une langue vivante se meut sans cesse, et s’'accroit, et change, et se modifie : maïs il sait aussi que la tradition a des droits, et sa science est assez avertie pour rejeter les noureautés nv nèneraient à la décadence, pour admettre et consacrer les réformes qui peuvent être la source d’une perfection. Le grammairien connaît et les vieilles lois et les règles nouvelles; remontant aux principes et s'appuyant sur les meilleures autorités, il fait un choix judicieux des préceptes les plus sûrs, qui conviennent à la fois au génie de la langue et à son développement naturel. Et ces préceptes, son enseignement les présente, en corps de doctrine, sous une forme claire et précise, dans un ordre assorti au dessein qu'il a formé.

Dans un Cours Élémentaire, Le grammairien se met d'abord à la portée des jeunes intelligences, et dans les règles comme dans les exemples, jamais il ne perd de vue ceux à qui il s'adresse : des exercices simples et bien ordonnés accompagnent chaque leçon, et, heureuse combinaison, les élères apprennent en même temps les éléments de la grammaire et les principes de l’analyse.

Les leçons du Cours Moyen rappellent les premières, et vont plus loin ; toujours d’après le mème plan, l'exposé des règles se poursuit, simple et précis, mais capable déjà de satisfaire les esprits les plus curieux.

Enfin, le Cours Supérieur offre, avec les notions essentielles de grammaire historique et d'étymologie, le développement complet de l'art de parler et d'écrire correctement en français.

Et si, Canadien lui-même, il destine son vuvrage à ses compatriotes, l’auteur ‘e plus ie snin d’ér re spécialement pour eux, le continuel souci de leur être plus particulièrement utile ; leurs défauts de langage lui sont con..us : il appuie donc sur les règles qu’ils méconnaissent le plus souvent, il leur propose des exercices appropriés à la correction de leurs fautes habituelles, et son enseignement, mieux qu’un autre, facilite chez eux l'étude de la langue française.

C’est l’œuvre du grammairien, et c’est l’œuvre, fruit de longues études et d'observations patientes, que M. l'abbé Aubert offre aujourd'hui aux professeurs et aux élèves de nos écoles, de nos couvents, de nos collèges.

ApJuTor RIvaARp.

Page 1