LE PETIT MATELOT
Ils l'ont couché sous la vague écumante,
Loin du pays, loin du ciel bien-aimé !
Sur le doux lit que la mer t’a formé,
Dors : sur le sable et sur l’algue mourante, Dors, pauvre petit matelot !
Tout est en deuil, équipage et navire.
Le capitaine — il n’a jamais pleuré —
Mais, cette fois, de son cœur déchiré
Dans ses yeux monte une larme : il soupire :
Mon pauvre petit matelot !
Oh ! qui dira la douleur de sa mère,
Et de son frère, et de sa jeune sœur !
Leur union avait tant de douceur !
Et pour eux trois n’était-il pas un père, Ce pauvre petit matelot !
Au bord des flots, quand viendra la tourmente, A deux genoux, le soir, ils attendront ; Jamais, ils ne le reverront ! Il dort, couché sous la vague écumante,
Le pauvre petit matelot.