‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 118 sur 278 · LE PARTICIPE · texte numérisé non relu

LE PARTICIPE

enfants obéissants. — Ce sont des personnes obligeantes. — C'est une rue passante.

Hisr. — Nos participes présents français viennent des participes présents latins. En latin, le participe présent des verbes de la première conjugaison se termine en ans, et celui des autres conjugaisons en ens.__ Dès l'origine de la langue, on fut amené à donner à toutes les conjugaisons la désinence de la première, an, au lieu de ent, parce que les participes de la première conjugaison sont les plus nombreux.

Participe passé.

363. Le participe passé est un véritable qualificatif exprimant un éfat, une qualité. Ex. : Des bienfaits reprochés sont des bienfaits perdus. — Les bons rois sont aimés de leurs sujets.

NoTe.—Quelques grammairiens a: pellent le participe pass” participe passif.

364. Le participe passé n'a pas la même terminaison pour tous les verbes. Parmi les participes, les uns se terminent par é, à, u : donné, averti, rendu ; les autres par s ou { ; pris, écrit. peint, couvert.

Pour trouver la terminaison du masculin du participe passé, il faut retrancher l'e muet du féminin. Ex. : Suivie, suivi: mise, mis : éteinte, éteint. — Il faut excepter absoute, dissoute qui font au masculin : absous, dissous.

REMARQUE. — De même que quelques adjectifs verbaux perdent leur signification active pour prendre en quelque sorte une signification passive (rue passante, poste restante, musique chantante, couleur voyante), de même le Participe passé perd quelquefois entièrement le sens passif et devient un adjectif ordinaire : un homme arisé, dissimulé : un caractère passionné, etc,

Note. — Les règles d'accord des participes sont exposées dans la Synta.

Hist. — lis la vieille langue, la plupart des participes passés se terminaient par un ?, qu'on remplaçait assez souvent par un d': portet, partit, où ported, partid. Dans la suite, la consonne finale fut supprimée, mais elle est restée dans quelques participes : dit, bénit, confit, etc.

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23. Copiez la poésie suivante en soulignant les participes. — Vous expliquerez oralement les sujets et Les compléments qui se trouvent dans cette poésie.

LE VOYAGEUR ÉGARÉ DANS LES NEIGES DU SAINT-BERNARD £ La neige au loin accumulée En torrents épaissis tombe du haut des airs, Et sans relâche amoncelée Couvre du Saint-Bernard les vieux sommets déserts.

Plus de routes, tout est barrière ; L'ombre accourt, et déjà, pour la dernière fois, Sur la cime inhospitalière, Dans les vents de la nuit, l'aigle a jeté sa voix.

A ce cri d’effroyable augure, Le voyageur transi n’ose plus faire un pas ; Mourant, et vaincu de froidure, Au bord d’un précipice, il attend le trépas.

Là, dans sa dernière pensée,

Il songe à son épouse, il songe à ses enfants : Sur sa couche affreuse et glacée

Cette image a doublé l’horreur de ses tourments.

C’en est fait ; son heure dernière Se mesure pour lui dans ces terribles lieux ;

Et chargeant sa froide paupière, Un funeste sommeil déjà cherche ses yeux.

Soudain, Ô surprise ! Ô merveille !

D'une cloche il a cru reconnaître le bruit ;

Le bruit augmente à son oreille :

Une clarté subite a brillé dans la nuit.

Tandis qu'avec peine il écoute, A travers la tempête un autre bruit s'entend : Un chien jappe, et s’ouvrant la route, Suivi d’un solitaire, approche au même instant.

Le chien, en aboyant de joie, Frappe du voyageur les regards éperdus :

La Mort laisse échapper sa proie, Et la Charité compte un miracle de plus.

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