‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 189 sur 278 · IFS · texte numérisé non relu

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plusieurs

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SYNTAXE DE L'ADJECTIY

par un trait d'union ; il reste alors invariable et forme avec le mot qui suit un adjectif composé.

Ainsi au lieu de dire : Ils étaient à demi morts, on peut dire : ls étaient demi-morts.

647 Remarques.—I. Demie s'emploie quelquefois comme nom féminin pour signifier une demi-heure : Cette horloge sonne les heures et les demies.—La demie est sonnée.

II. En terme d’arithmétique, demi s'emploie comme nom masculin pour désigner la moitié d’une unité : Deux demis font un entier.

III. Miet semi sont des expressions adverbiales ou des préfixes, par conséquent sont toujours invariables ; ils se joignent au mot qui suit par un trait d'union. Ex. : Il n’y a de l’eau qu'à mi-jambes. (Acad.) — La mi-carême ; des fleurs semi-doubles ; des journaux semi-mensuels.

Feu.

548. Feu (défunt) s'accorde lorsqu'il précède immédiatement le nom qu'il qualifie.

Ex. : Votre feue mère était très charitable.

Les feus rois de Suède et de Danemurk.

(Acad.)

Mais, en général, il reste invariable lorsque le nom est précédé de l’article ou d’un déterminatif quelconque.

Ex. : Feu la reine, feu votre sœur.

Feu les rois de Suède. (Acad.)

REMARQUE. — L'usage est de laisser l’adjectif feu invariable devant un nom propre : feu Marie Stuart.

Grand.

549. L'usage veut qu’on écrive grand avec une apostrophe au singulier comme au pluriel. dans les noms composés féminins : grand’mère grand’mères ; grand’messe, grand’'messes.

Grand s'écrit ainsi devant les mots chambre.

chère, chose, classe, croix, faim, garde, hâte, maman, mère, messe, part, peine, peur, pitié, route, rue, sal'e. tante. (Acad.)

560. Grand vhrie et doit être suivi d’un trait d’union dans les noms composés masculins : son grand-père, ses grands-pères.

Hisr. — Plusieurs adjectifs latins avaient la même forme au féminin et au masculin, et dans l’ancienne langue nous avons eu aussi beaucoup d’adjectifs qui ne prenaient pas d'e au féminin. Il est resté dans la langue moderne quelques traces de cette ancienne règle dans certaines locutions usuelles. C'est ainsi que nous avons le féminin grand devant certains substantifs avec lesquels il forme locution.

C’est donc à tort qu’on met une RL op CS dans ces expressions, puisqu'il n’y a pas d’e muet de supprimé. Les anciens grammairiens croyaient que grand’ mère et les autres étaient la contraction de yÿrande mère, etc.

651. Nu est invariable quand il est placé devant un nom sans article, comme dans nu-bras, nu-cou, nu-jambes, nu-pieds, nu-tête ; et se joint au nom par un trait d’union.

Ex. : Les montagnards sont souven nu-pieds et

nu-tête.

Nore. — Les expressions telles que nu-tête, nu-pieds, sont des locutions d’une nature particulière ; c’est comme s’il v avait les pieds à nu, la tête à nu.

Dans tous les autres cas, nu est variable et reste séparé du nom qu’il qualifie.

Ex. : Les enfants doivent parler tête nue aux

vieillards.

Saint Denis suivait pieds nus l’étendard (le la sainte Croix. (FLécuier.)

Toute nue, la vérité offense souvent.

Hisr. — Les règles sur demi, feu, nu, sont postérieures au x viie siècle.

Ci-inclus, ci-joint.

662. Ci-inclus, ci-joint sont toujours invariahles au commer ement d’une phrase.

Ex. : Ci-inclus copie de »1 lettre.

Ci-joint les copies du contrat.

n trait IS : son

ne forme que nous t pas d'e quelques usuelles.

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8 express anciens taient la

devant nu-Cou, u nom

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riables

SYNTAXE DB L'ADJROTIF

Ils sont encore invariables, lorsque, au milieu d’une phrase, ils sont suivis immédiatement d’un nora employé sans article ou sans adjectif déterminatif.

Ex. : Vous trouverez ci-inclus copie de sa lettre.

Dans tous les autres cas, c’est-à-dire quand ils ne commencent pas la phrase et qu'ils se rapportent à un nom déterminé, ci-inclus et ci-joint sont variables.

Ex. : Vous trouverez ci-jointes les copies du contrat.

Franc de port.

663. Quoi qu’en disent certains grammairiens, dans l’expression franc de port on peut, à volonté, considérer franc comme un adjectif variable, ou le considérer comme faisant partie de la locution

adverbiale franc de port et le laisser invariable. Ex. : Envoyons toujours nos lettres franches de port ou franc de port.

Ilm’envoya cette caisse franc de port. (Acad.)

Notre. — L'usage tend à remplacer franc de port par l’adverbe italien franco (sans frais). Ex. : Ces marchandises seront expédiées franco.

Possible.

564. Possible n’est invariable que lorsqu'il modifie une des expressions : Le plus, le mieux, le moins, le meilleur, le pire.

Ex. : Faites le plus d’aumônes possible, c’est-à-

dire qu’il soit possible de faire.

Tâchons qu’il y ait le moins de malheureux possible.

Dans tous les autres cas, possible est variable.

Ex. : Faites tous les efforts possibles pour vous

instruire, c’est-à-dire qui sont possibles.

Faites les plus grandes aumônes possibles. ,

206 SYNTAXE DE L'ADJECTIF | Proche.

566. Proche est adverbe et par conséquent invariable quand il modifie un verbe.

Ex. : Les maisons qu'on a construites proche de

la ville.

Ils habitent proche de notre villa.

566. Quand proche est placé après le verbe étre, exprimé ou sous-entendu, il est à volonté variable ou invariable{"parce qu’alors on peut le considérer comme adjectif, ou comme le premier élément d’une locution prépositive.

Ex. : Les maisons qui sont proches où proche de

la ville.

Adjectifs employés accidentellement comme adverbes

667. Tout adjectif employé accidentellement pour modifier un verbe devient adverbe et par conséquent invariable..

Ex. : Elles chantent juste (avec justesse).

Que ces fleurs sentent bon !

La victoire nous coûta cher (chèrement).

Une jeune fille court vêtue.

558. Remarques. — I. L’adjectif n’est jamais employé adverbialement lorsqu'il est placé comme attribut après l’un des verbes être, paraître, sembler, devenir, etc.

Ex. : Vos mesures sont justes.

Vos parents paraissent bien bons.

C'es livres me semblent chers.

Il. D’après l’Académie, fort est invariable dans les deux expressions : se faire fort (s'engager à) et se porter fort (répondre de). Ex. : Elle se fait fort d'obtenir la signature de son mari. (Acad.) — Elle se porta fort pour sa famille.

Hisr. — La vieille langue considérait dans ce cas fort comme adjectif, et elle avait raison. Autrefois fort, comme l'adjectif grand, n’avait qu’une forme pour les deux genres. Plusieurs grammairiens, ne s’expliquant pas l’invariabilité apparente de l'adjectif, déclarèrent que fort était adverbe.

inva-

che de

e être, riable idérer ément

che de

Le

ement ir COII-

nt).

jamais ‘omime 2, SeNt-

le dans rà)et ait fort — Elle

comnie adjectif Plusieurs rente de

Noms empl accidentellement comme ectifs ; gÉ. désigner la couleur. mia

669. Un certain nombre de noms, comme aurore, jonquille, marron, noisette, olive, orange, serin, etc., sont employés accidentellement pour désigner la couleur d’un objet ; dans ce cas, ils ne varient pas, parce qu'ils sont le complément du mot couleur sous-entendu.

Ex. : Des habits marron, des gants orange, c'est-àdire des habits de la couleur du marron, etc.

Nore.—L'usage tend à considérer ces noms comme adjectifs. Les mots amarante, cramoisi, écarlate, garance, mordoré, rose sont déjà employés comme adjectifs : des ‘’apeaux roses.

Adjectifs réunis pour désigner la couleur.

660. Quand deux adjectifs sont réunis pour désiyner une couleur, ils restent habituellement tous deux invariables, parce que le premier est employé comme nom et qualifié par le second ; il y a ellipse du mot d’un.

Ex. : Des cheveux châtain clair, des yeux bleu foncé, c’est-à-dire d’un châtain clair, d'un bleu foncé.

L'adjectif demeure également invariable avec un

complément : des rubans vert de mer, des robes gris de fer.

Nores. — Il est évident que ivs deux adjectifs varient quand ils modifient chacun séparément le nom qui les précède : des cheveux châtains clairs, si on parle de cheveux châtains de couleur et clairs sur la tête.

Adjectifs composés.

566i. Nous avons vu qu'on appelle adjectif composé une réunion de mots équivalant à un seul adjectif.

662. Quand l’adjectif composé est formé de deux qualificatifs qui peuvent chacun s’appliquer au

substantif, ces deux qualificatifs prennent la marque du pluriel.

Ex. : Des femmes sourdes-r.cites, de: oranges aigres-douces.

563. Mais si le premier qualificatif est vris adverbialement et modifie le secon:!, :e second seul varie. Ex. : Des enfants nouveau-nés.

564. Si l’un des deux adjectifs est employé substantivement, tous les deux alors varient : des nouveaux mariés, des nouveaux convertis, des nouveaux venus, des nouveaux débarqués.

Dans ces cas, nouveau n’est pas suivi du trait d'union.

Remarques. — I. Les deux éléments varient dans premirné et dernier-né : les premiers-nés.

II. Par euphonie, frais varie devant un participe féminin : une rose fraîche éclose, des fleurs fraîches cueillies. Il en est de même de tout dans tout-puissant : toute-puissante.

III. D’après l’Académie et l'usage, mort reste invariahie dans l’expression mort-né : une brebis mort-née.

Nore. — Il est évident que quand l'adjectif composé est formé d’un mot invariable et d’un adjectif, l’adjectif seul varie: les avant-derniers événements.

Emploi particulier de l'adjectif féminin.

566. Dans certaines locutions, l’adjectif s’emploie au féminin, par suite d’une ellipse de quelque nom féminin. Ex. : On en dit de belles sur son compte, (c’est-à-dire de belles choses). Aftende:vous à la pareille (c’est-à-dire à une pareille manicre d'agir). Habit à la française (c’est-à-dire à la mode française).

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