‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 240 sur 278 · Le participe passé suivi d’un adjectif ou · texte numérisé non relu

Le participe passé suivi d’un adjectif ou

d’un autre participe est soumis à la règle générale.

Ex. : Des soins plus importants je l’: : crue agitée. (Racins.)

Dieu a fait notre âme à son image et l’a rendue capable de le connaître et de l’aimer. (Bossuer.)

Ils avaient été les pères de leurs peuples et les avaient rendus heureux pendant leur règne. (MassiLLON.)

NorTe. — Suivant plusieurs grammairiens, on peut écrire : Nous l'avons échappé ou échappée belle (la balle), nous l’avons manqu{ ou manquée belle.

Participe passé ayant pour complément direct un infinitif ou une proposition sous-entendue.

746. Certains participes, tels que dû, cru, su, voulu, pu, permis, et autres analogues, ont souvent pour cemplément direct un infinitif ou une propods sous-entendue ; dans ce cas, ils sont invariales,

Ex. : al n’a pas fait tous les efforts qu’il aurait dü. Je lui ai rendu tous les services que j'ai pu. Je lui ai donné l'instruction que ma fortune

TR'a permis. ; Mais ces mêmes participes, à l'exception de pu qui ne prend jamais l’accord, suivent les règles

générales d’accord lorsqu'il n’y a pas d’infinitif ou de proposition sous-entendue.

Ex. : Il m'a payé la somme qu’il m'a due si lon(temps.

Il veut fortement les choses qu’il a une fois vuulues.

Participe passé ayant pour complément direct le pronom LE, signifiant CELA.

746. Le participe passé qui a po” >mplément direct le pronom le (l') représente une proposition est invariable, parce que ce pronom équivaut alors à cela.

Ex. : Cette personne est plus charitable que je ne

l’avais cru.

Votre victoire est plus grande que vous :

l'aviez pensé. (La Harrr.)

Sa vertu était aussi pure qu’on l'avait «ru jusqu’ alors:

Mais on écrira : Cette maison est telle que nous l'avons contruite. Ici l’est mis pour La, et tient la place d’un nom.

Participe passé entre deux QUE.

747. Le participe passé placé entre deux que el invariable lorsqu'il a pour complément direct là proposition qui le suit immédiatement.

Ex. : Tels sont les changements que j'ai cru que

vous feriez.

Voici les livres que j'ai supposé que vous aimeriez à recevoir.

On écrira de même : Les choses que j'avais cru qui arrirraient : une chose que j'aurais voulu qui fût connue.

Mais le participe est variable s’il a pour com} «ment direct le premier que.

‘Ex. : Voici les médecins que j'ai avertis que vous

étiez malade.

Nors. — D'ailleurs, il vaut mieux éviter l'emploi du pa:ticipe passé entre deux que. Cette tournure, quoïque corre ie, rend la phrase traînante.

Participe passé précédé d’un adverbe de quantité.

748. Le participe passé précédé d’un adverbe de quantité s’accorde (par syllepse) avec le complément de cet adverbe, pourvu naturellement que ce complément le précède.

Ex. : Combien de livres avez-vous lus ?

Que de larmes vos mères ont versées !

Participe passé précédé du pronom EN.

749. Le participe passé précédé du pronom en reste invariable, à moins qu’il n’ait avant lui un autre pronom pour complément direct, parce que le pronom en, signifiant de cela, ne peut jamais être employé comme complément direct.

Ex. : Tout le monde m'a offert des services, personne ne m'en a rendu.

Les champignons sont souvent nuisibles :

je n’en ai pas mangé.

Note. — Il faut admettre que quelquefois en employé dans un sens partitif semble servir de complément direct. Ex. : Nous avons pêché des truites, et nous en avons pris.

Pour expliquer que le participe reste invariable après le pronom en, l:s graramairiens disent que ce pronom est complément dé’ . ‘ . f du complément direct exprimé ou sousentendu, o: : iplément indirect du verbe : Avez-vous lu ces livre: . lu quelques-uns, c’est-à-dire j'ai lu quelques-uns d’eua. - J'ui admiré vos fleurs, et j'en ai cueilli, c’està-dire j'ai cueilli une partie, une certaine quantité d'elles. — Quant à leur découverte, ils en ont parlé longtemps (en est ici complément indirect).

760. Si, indépendamment du pronom en, le participe est précédé d’un complément direct, il s’accorde nécessairement avec ce complément direct.

Ex. : Heureux qui peut rendre à son père et à sa

mère tous les soins qu’il en a reçus dans son enfance.

761. Lorsque le pronom en est précédé d’un adverbe de quantité, le participe se met généralement au pluriel, parce qu’il y a alors une idée de

St NS RUN à

pluralité, et que dans ce cas, l'adverbe de quantité avec en est considéré par plusieurs grammairiens comme complément direct du verbe suivant.

Ex. : Combien en a-t-on vus qui, du soir au matin, sont pauvres devenus! (La Fonraine.) Combien Dieu en a-t-il exaucés ? (Mas- SILLON.)

Les meilleurs grammairiens modernes approuvent cet accord. Cependant, quelques grammairiens veulent que le participe passé, même précédé d'un adverbe de quantité, demeure invariable. D'autres permettent l'accord, mais exceptent le cas où le participe se prononce autrement au féminin qu'au masculin : Vous avez péché des truites ; je sais combien vous en avez pris (et non prises).

« Sur ces questions, l’Académie se tait, les grammairiens sont en désaccord ; et l'autorité des écrivains est ébranlée par les exemples ou les éditions qui se contredisent. Quani l'usage n’est pas constant, on est libre de suivre les opinions qui semblent le mieux fondées.» (LEMA:RE.)

762. L'accord ne se fait pas, si l’adverbe de quantité suit le pronom en au lieu de le précéder. Ex. : De bons livres, nous en avons beaucoup lu.

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