Ni sert à joindre ensemble
1° Deux propositions principales négatives dont la dernière est elliptique. Ex. : Il ne boit ni ne mange. (Acad.)
2° Deux propositions subordonnées dépendant d’une proposition négative. Ex. : Je ne crois pas qu’il vienne, ni même u’il pense à venir. (Acad.)
3° Les parties semblables d’une proposition négative. Ex. : Il ne faut pas être avare ni prodigue.
Remarque. — Souvent ni se répète pour donner plus d’énergie à l'expression : Il ne faut être ni avare ni prodigue.
869. Ni ne doit jamais précéder la préposition sans. Ainsi ne dites pas : Sans piété ni sans travail, mais sans piété n1 travail ou sans piété et sans travail. ‘
REMARQUE. — Quand deux propositions ont une négation
commune telle que rien, personne, jamais, on peut les unir par etouparni. Ex.: Les animauzn inventent et ne perfectionnen!
rien. (BUFFON.)
Car, en effet.
860. Car sert à donner la raison de ce qui précède. Il signifie « et La raison, c’est que », tandis que son synonyme en effet signifie «et la preuve, c’est que», en réalité, véritablement. Ex. : Ilne faut pas faire telle chose, car Dieu le défend. (Acad.) — Dieu défend le mensonge ; en effet, le Décalogue dit : Tu ne seras pas faux témoin. (Racon.) — Reine longtemps de nom, maïs en effet captive. (Race)
SYNTAXE DE LA CONJONCTION 299 Comme.
861. Nous avons vu que comme s'emploie queluefois adverbialement dans le sens de comment, e quelle manière, combien. Ex. : Voici comme
l'affaire se passa. (Acad.) — J'aime à voir comme vous l’instruisez. (Racine) — Comme il est bon !
Lorsque.
862. Quelquefois lorsque est divisé par un autre mot : Lors donc que vous viendrez.
Mais.
863. Mais, à son origine, signifiait plus. On retrouve ce sens dans la locution n’en pouvoir mais : Le malheureux lion bat l'air qui n'en peut mais. (La FONTAINE.)
Mais marque un rapport de restriction, de différence, d'opposition, de gradation. Ex. : Dieu est bon, mais il est juste. — Il n'est pas aussi pauvre que vous, maïs il est plus mal : îtu.—J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouyer. (Racmne.) — Non seulement il est bon, mais encore il est généreux. (Acad.)
Mais s'emploie aussi au commencement d’une phrase qui a quelque rapport avec ce qui a précédé. Ex.: Mais enfin à quoi en voulez-vous venir?— M ais encore, mais enfin, que dites-vous de cela ? (Acad.)
Malgré que.
864. Malgré que ne s'emploie aujourd’hui que devant le verbe avoir. Ex. : Malgré que j'en aie, malgré qu’il en ait, c'est-à-dire en dépit de moi, en dépit de lui.
Dans les autres cas, il faut employer quoique ou bien que. Ne dites donc pas : Malgré qu’il le sache. Dites : Quoiqu'il le sache.
Parce que, par ce que.
866, Parce que, en deux mots, est une locution conjonctive qui signifie attendu que, vu que, par la
raison que. Ex. : Vous serez malheureux parce que vous fuyez le travail.
" 866. Par ce que, en trois mots (par, préposition, ce et que, pronoms), signifie par la chose que. Ex. : Par ce que dit un homme, on peut souvent juger de ses principes.
Pendant que, tandis que.
867. Pendant que marque la simultanéité de deux événements, de deux actes. Ex. : Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud.
868. Tandis que exprime quelquefois sussi la simultanéité, mais avec l’idée d'opposition. Ex. : Tout prospère aux âmes innocentes, tandis qu'en ses projets l’orgueilleux est trompé.
Quand, quant à.
869. Quand, conjonction, prend un d et signifie lorsque, quoique. Ex. : Quand on est orgueilleux, on se prépare des humiliations.
870. Quant à, locution prépositive, prend un t et signifie pour ce qui est de, à l'égard dc. Ex. : Quant à cette affaire, je ne m'en occupe pas.
Quoique, quoi que.
871. Quoique, conjonction, s'écrit en un seul mot et signifie bien que. Ex. : Quoique peu riche, il est généreux. (Acad.)
872. Quoi que, en deux mots, composé de deux pronom: relatifs, signifie quelle que soit la chose que. Ex. : Quoi que rous disiez, il ne vous croira pas.
REMARQUE. — En général, quoique, bien que, encore que, ne s'unissent pas à un participe. Ne dites pas : Quoique venu tard; quoique ayant parlé éloquemment; bien que n'ayant pu le voir.
Que.
873. L'emploi de la conjonction que est très fréquent en français.
Que s’emploie principalement pour unir une proposition subordonnée à la proposition dont elle dépend. Ex. : Je.crois que Dieu etiste.