‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 39 sur 278 · RÈGLE GÉNÉRALE.—On forme le pluriel des · texte numérisé non relu

RÈGLE GÉNÉRALE.—On forme le pluriel des

noms en ajoutent une s au singulier. Ex. :

Un homme, des hommes ; la ville, les villes.

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HISTORIQUE. — Cette s, qui est le signe caractéristique du Pluriel en français, vient de l's qui marquait au moyen âge le cas régime du pluriel, et en latin l’accusatif pluriel. Jusqu'au milieu du xve siècle, les noms français possédaient une déclinaison dérivée de la déclinaison latine, mais incomplète. Les noms avaient deux formes au singulier et deux formes au pluriel : une forme pour le sujet (ou nominatif) et une forme pour le régime (ou accusatif). De ces quatre formes, le français garda les formes qui expriment le régime, tant au singulier qu’au pluriel. Le régime pluriel se terminant par une s, l’s est devenue le signe du pluriel en français.

REMARQUES ET Ex CEPTIONS

136. Les noms terminés au singulier par 8, x, z, ne changent pas au pluriel. Ex. : Le fils, les fils : la voix, les voix ; le nez, les nez.

La plupart des noms terminés au singulier par #8, x, 2, viennent de mots latins dont le radical était terminé pars ou x, ou par une lettre qui s’est changée en s ; ils viennent encore de noms neutres latins dont la terminaison était en s. Ex. : Ursum, ours ; axem, ais : — vocem, voir ; pretium, Prix ; — Corpus, corps. Cependant quelques rares substantifs terminés Par s, x, z, viennent, contrairement à la règle générale, de mots latins au nominatif : fils, de filius.

136. Les noms en au ou en eu prennent un x au pluriel. Ex.: Un noyau, des noyaux; un perdreau, des perdreaux : un feu, des feux.

Cependant bleu et landau sont réguliers et prennent une s au pluriel : des landaus, les bleus de Prusse.

137. Les noms en ou prennent une s au pluriel. Ex. : Un sou, des sous s Un verrou, des verrous.

L'Académie accepte que les sept substantifs en 0% qui prennent un + au pluriel : bijou, caillou, chou, genou, hibou, Joujou, pou, rentrent dans la règle générale et prennent une s au pluriel.

Hist. — Dans la vieille langue, notre s du pluriel étant toujours muette à la fin des mots, on la remplaçait indifféremment par x ouz. On écrivait également vois, voir, voiz.

138. Les noms terminés en al changent au pluriel al en aux: Un cheval, des chevaux ; un canal, des canaux.

que du âge le squ’au décliiplète.

nes au forme > frangulier l’s est

Cependant, il faut excepter bal, cal, carnaval, chacal, festival, narval, nopal, pal, régal, serval et quelques autres très peu usités, qui prennent uue s au pluriel.

Hisr. — Au onzième siècle, al faisait régulièrement als au pluriel : des chevals, des mals. Un peu plus tard, al s’adoucit en au devant une consonne ; alcrs, apparaissent les pluriels en aus: des chevaus, des maus. Enfin, au xive siècle, l’s se change en x, et on eut la forme aux: chevaux, maux. Cet x, marque du pluriel dans les mots en au, eu, etc., vient d’un signe abréviatif, employé autrefois pour le groupe us, et que l’on a confondu avec la lettre x. j

Le pluriel en als, qu’on retrouve dans quelques noms, est, dans les uns, un reste de l’ancien langage, et dans les autres, qui sont plus modernes, une application de la règle générale.

139. Les noms en ail sont réguliers et prennent une s au pluriel. Ex. : Un éventail, des éventails ; un gouvernail, des gouvernails.

Cependant, sept noms en ail font exception et

- changent ail en aux au pluriel ; ce sont : bail,

corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail, dont le pluriel est baux, coraux, émaux, soupiraux, travaux, vantaux, vitraux.

Le pluriel de bétail est irrégulier : bestiaux.

Jusque dans le cours du dix-septième siècle, bétail s’écrivait besiial ; c’est cette dernière forme qui, suivant plusieurs grammairiens, a fourni le pluriel bestiaux.

. Quelques noms ont deux pluriels selon la différence de sens, tels sont les mots aïeul, ciel, œil, travail, ail.

140. Aïeul fait aïeux au pluriel, dans le sens d'ancêtres en général. Ex.: Les Francs sont nos aieur.

Il fait aïeuls dans le sens précis de grandspères. Ex. : Il a encore ses deux aïeuls.

Par suite, on dit : les bisaïeuls, les trisaïeuls.—Au féminin, on écrit : une aieule, des aïeules.

141. Ciel fait cieux au pluric!, quand il désigne l’ensemble de la voûte céleste ou le séjour des bienheureux. Ex. : Les cieux annoncent la gloire de Dieu; Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre règne arrive ! — Mais on dit des ciels de lit, des

ciels de-carrière, des ciels de tableau, des ciels (climat) tempérés.

142. Œil fait yeux au pluriel, quand il désigne l’organe de la vue. Ex. : J ‘ai mal aux yeux : des yeux bleus. ;

On dit aussi : Les yeux du bouillon, les yeux du pain, les yeux du fromage, etc.

Œil fait œils au pluriel, quand il forme le premier terme d’un nom composé désignant tout autre chose que l'organe de la vue. Ex.: Des œils-de-bœuf (fenêtres rondes ou ovales), des œilsde-chat, des œils-de-ser pent (pierres précieuses), des œils-de-bouc (coquillages), des œils-de-chèvre (plantes), des œils-d'or (poissons), des œils-de-perdrix (durillons), etc.

143. Travail fait fraraux au pluriel. Ex. : ZI a terminé ses travaux.

Cependant, d'après l'Académie, il fait travails lorsqu'il s'agit de machines destinées à maintenir les chevaux vicieux, ou lorsqu'il désigne des comptes d'administration. Ex. : Ce maréchal-ferrant ne se sert pas de ses travails. — Le commis a remis les travails au chef de l'administration.

144. Ail, très peu usité au pluriel, f£it aulx dans le langage ordincire, et ails, en botanique. Ex. : Il cultive des ails de plusieurs espèces. (Acad.)

146. REMARQUE. — Juoique les noms soient, d’après leur nature, susceptibles d'avoir les deux nombres, il y en a ceperrdant qui ne s'emploient qu'au singulier, comme or, myrrhe, modestie, santé, agriculture, etc., et d’autres qui ne sont d'usage qu'au pluriel, comme annales, entrailles, hardes, funérailles, répres, confins, matériaux, etc. Ces derniers expriment, en général, des objets essentiellement doubles ou collectifs. D'autres encore sont employés au singulier, mais avec un sens différent de celui qu'ils ont au pluriel : ciseaux, lunettes, mouchettes.

HisroriQue. — Les nombres français viennent des nombres latins : le singulier francais vient directement du singulier latin et le pluriel français du pluriel latin.

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