‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 42 sur 278 · L'ARTICLE · texte numérisé non relu

L'ARTICLE

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146. L'article est un mot que l’on met devant le nom pour marquer que ce nom est pris dans un sens déterminé.

147. Nous n’avons en français qu’un seul article, qui est le pour le masculin singulier, [a pour le féminin singulier, les pour le pluriel des deux genres. Ex. : Le jour, la nuit, les jours, les nuits. *

L'article sous sa forme ordinaire : le, la, les, est appelé article simple.

Hisr. — L'article est en réalité un véritable déterminatif. Il dérive d’ailleurs de l’adiectif démonstratif latin : ilum a donné Le ; illam, la ; illos, illas, les.

148. Devant un mot commençant par une voyelle ou une À muette, on remplace par une apostrophe l’e ou l’a de l’article le ou la. Cette suppression s’appelle élision et l’on dit alors que l’article est élidé. Ainsi l’on dit : l'argent pour le argent ; l'honneur pour le honneur : l'épée pour la épée ; l’histoire pour la histoire.

Dans plusieurs noms français, l’article élidé a fini par se joindre au mot lui-même, et, dans la suite, a été considéré à tort comme partie intégrante de ce mot. C'est ainsi que du vieux mot français hierre, ierre (du latin hedera, lierre), on a fait l'ierre, puis lierre, et piaçant encore une fois l’article devant lierre, on eut la bizarrerie étymologique le lierre. Du vieux mot oriol (du latin aureolus, doré), on a fait l'oriol, puis loriot, et enfin l'expression moderne le loriot. Le latin populaire uvitta avait donné uette ; l'uette devient luette, d’où La luette, à la fin du xtrie siècle. C’est comme si l’on disait Le l'animal.

149. Devant un mot masculin singulier commençant par une consonne ou une k aspirée, on met au pour à le, du pour de le, Devant les mots pluriels, on met aux pour à les, des pour de les. Ainsi l’on dit : au jardin pour à le jardin ; du hameau pour de le hameau ; aux études pour à les études ; des montagnes pour de les montagnes.

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Cette réunion de deux syllabes en une seule s’appelle contraction, et les mots au, du, aux, des, sont appelés articles contractés ou composés.

Autrefois en les se contractait en ès, qu’on retrouve encore dans certaines expressions : bachelier ès arts, pour bachelier dans les arts ; docteur ès lettres, pour docteur dans les lettres ; saint Pierre ès liens, pour saint Pierre dans les liens.

160. Remarque I.—Quelques grammairiens considèrent un, une, du, de la, des, comme articles indéfinis, lorsqu'ils sont placés devant les noms pris dans un sens indéterminé. Ex. : Un conseil, une réprimande, du sentiment, de la raison, des larmes, ne suffisent pas toujours pour toucher le coupable.

Tout en respectan: l’opinion de ces grammairiens, nous considérons un, une, comme adjectifs indéfinis, lorsque ces mots ne sont pas adjectifs numéraux.

151. Remarque II. — Les formes du, de la, des, se placent devant les noms pris dans un sens partitif, c’est-à-dire désignant une partie d’un tout. Ex. : Donnez-moi du pain, de la viande, des légumes.

De là le nom d'article partitif donné parfois à du, de la, des.

7. Copiez le morceau suivant en remplaçant chaque tiret par l’article convenable.

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