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Tout peut être adjectif ou adverbe

227. Tout est adjectif, et par conséquent variable, quand il modifie un nom ou un pronom.

Ex. : L'oisiveté est la mère de tous les vices. Toute puissance vient de Dieu.

Respectons tous ceux qui se dévouent pour le bien.

Nous sommes tous sujets à la mort.

.228. Tout est adverbe, et par conséquent invariable, quand il modifie un adjectif, un participe ou

un adverbe ; il signifie alors si... que, tout à fait, entièrement.

Ex. : Tout utile qu’elle est, la richesse ne fait pas le bonheur.

Elle paraissait tout étonnée.

La joie de faire du bien est tout autrement douce que celle d’en recevoir.

La rivière coule tout doucement.

Norte. — Tout est encore invariable quand il “modifie une expression adjective : Des meubles tout en acajou.

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229. Tout varie en genre et en nombre devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou une h aspirée.

Ex. : La Grèce, toute sage qu'elle était, a commis bien des fautes.

Elles sont toutes honteuses de s'être exprimées ainsi.

Note. — Les grammairiens devraient admettre que tout varie dans le cas ci-dessus par archaïsme et non par euphonie.

230. Remarque I. — Tout est généralement considéré comme invariable dans les locutions tout yeux, tout oreilles, tout en sang, tout ardeur, tout obéissance, etc. Ex. : Elle était tout en larmes. (Acad.) — Dieu est tout vue, tout ouïe, tout intelligence. (Bossusr.)

231. Remarque II. — ]] y a certains cas où tout est adjectif ou adverbe suivant le sens de la phrase. Si l’on veut marquer la totalité, tout est adjectif ; si l’on veut indiquer l'intensité, tout est adverbe.

Ex. : Les enfants sont tous aimables (tous sont aimables).

Les enfants sont tout aimables (tout à fait aimables).

232. Remarque III. — Tout, placé devant un nom propre de ville, reste au masculin, parce qu'il s'accorde par syllepse avec le mot peuple sous-entendu : Tou: Rome courut au-devant du vainqueur. Tout Smyrne ne parlait que d’elle. (LA BRuYÈRE.)

Mais quand c’est la ville et non le peuple qu’on a en vue, on fait généralement varier le mot tout : Toute Rome est couverte de monuments.

Note. — On peut dire indifféremment fous deux ou tous les deux, tous quatre ou tous les quatre, etc. Plusieurs grammairiens ont cru apercevoir une différence de sens entre ces deux expressions, Nous ne voyons pas qu'il y ait entre elles la moindre différence de sens. D'ailleurs les meilleurs auteurs prouvent que cette distinction est vaine.

Suivant l’Académie, au delà de quatre jusqu’à dix, on supprime rarement l’article ; au deià de dix on l’emploie toujours : tous les cinq, tous les six, etc. ; tous les seize, tous les vingt, etc.

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etc.

Tout suivi de autre.

233. Tout, suivi de autre, est adjectif, quand tout autre signifie n'importe quel autre ; alors tout modifie le nom qui suit l'adjectif autre.

Ex. : Toute autre place qu’un trône eût été indi-

gne d'elle.

Il préféra à toute autre gloire, celle d'être appelé le père de la patrie.

Tout est adverbe, quand tout autre signifie tout à

fait différent ; alors tout modifie l'adjectif autre.

Ex. : C’est tout autre chose. (Acad) Québec a bien changé, ‘est une tout autre ville.

Nos mœurs sont tout autres que celles de nos ancètres.

Nors. — Au xvire siècle, la règle était de faire accorder toujours le mot tout avec le substantif.

Hisr. — Aucun est un «.mposé de auque (du latin alig” mn, quelque) et de un.

Autre, en vieux français altre (qu’on retrouve dans :: verbe altérer), vient du latin alterum.

Certain est dérivé du latin certum (certain) à l’aide du suffixe ain.

Chaque vient du latin quisque, qui a donné quesque, chesque, chasque.

Muint a une origine celtique ou germanique.

Même, tour à tour medisme, medesme, meisme, mesme, vient de la forme contractée metipsimum, qui signifie tout à fait lrr1. même.

Nul vient du latin nullum.

Plusieurs vient du latin populaire plusiores ; quelque est formé de quel (qualem) et de que ; quelcunque, de qualemcumque ; tel, de talem ; un, de unum.

Tout, autrefois tot, vient du latin fotum.

62 EXBRCICES EXERCICES

10. Copiez le morceau suivant en soulignant les adjectifs. — Vous expliquerez pourquoi tel mot souligné est un adjectif.

(Fidèle au pacte entre l’Église et l'État qui doit désormais nous régir), notre nationalité, jeune encore, mais riche des dons du ciel, entrera d'un pas assuré dans la plénitude de sa force et de sa gloire. Pendant qu’autour de nous, d’autres peuples imprimeront dans la matière le sceau de leur génie, notre esprit tracera plus haut, dans les lettres et les sciences chrétiennes, son sillon lumineux. Pendant que d’autres races, catholiques, elles aussi, s’emploieront à développer la charpente extérieure de l’Église, la nôtre, par un es ver intime eu plus délicat, préparera ce qui en est la vie, ce qui en est le cœur, ce qui en est l’âme. Pendant que nos rivaux revendiqueront sans doute, dans des luttes courtoises, la suprématie de l’industrie et de la finance, nous, fidèles à notre vocation première, nous ambitionnerons avant tout l’honneur de la doctrine et les palmes de l’apostolat.

Nous maintiendrons sur les hauteurs le draneau des antiques croyances, de ia vérité, de la justice, de cuite philosophie

ui ne vieillit pas, parce qu’elle est éternelle ; nous l’élèverons, fer et ferme, au-dessus de tous les vents et de tous les orages ; nous l’offrirons aux regards de toute l'Amérique, comme l’emblème glorieux, le symhole, l'idéal vivant de la perfection sociale et de la véritable grandeur des nations.

Alors, mieux encore qu'aujourd'hui, se réalisera cette parole praphétique, qu’un écho mystérieux apporte à mes oreilles, et qui, malgré la distance des siècles où elle fut prononcée, résume admirablement la signification de cette fête : « Eritis mihi in populum, et ego erc vobis in Deum. Vous serez mon peuple, et

moi, je serai votre Dieu.»

Mar L.-A. PAQUET,

à l'inauguration du monument Champlain.

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