‹ Grammaire françoise à l'usage des pensionnatsChapitre 9 sur 63 · CINQUIÈME ESPÈCE DE MOTS · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ESPÈCE DE MOTS

Le Ferhe.

Le verhe. est un mot dont le principal usage est de signifier raffirmaiîon. Ainsi , quand on dit, la vertu e^t aimable. le mot vertu exprime le sujet auquel on aftirme que convient la qualité Ôl'' aimable .^ et le verbe est forme cette aftirmation ; et quand on dit , le vice nest pns aimable , on aftirme que la qualité êi aimable ne convient pas au vice.

Il n'y a qu'un seul verbe , savoir , le verbe être ^ parce qu'il n'y a que lui seul qui exprime l'affirmalion. Sans lui, les mots ne pré-

sentent point de jugement , mais seulement des idées de'cousues et dëtache'es. Mais ce verbe unique ne se montre pas toujours sous cette forme si simple. Pour abre'ger le discours, on a inventé des mots qui renferment tout à la fois le verbe être , et tottrihut , c'est-à-dire , la qualité que Ton affirme de l'objet dont ou parie : de là , ces mots, aimer ^ haïr ^ raisonner ^ auxquels on a domié avec raison le nom de verbes^ puisqu'ils renferment le veibe. // aime équivaut à // est aimant j tu hais est mis pour tues haïssant ^ etc. Le verbe être s'appelle verbe substantif. Les verbes qui contiennent le verbe être et l'attribut^ s'appellent verbes adjectifs.

Les verbes se divisent donc d'abord en verbes substantifs et en verbes adjectifs. Il n'y a qu'un seul verbe substantif .^ le verbe être y tous les autres verbes, aimer .^ sortir^ apercevoir , entreprendre ^ etc. , sont des verbes adjectifs.

Les verbes adjectifs se subdivisent en verbes actifs , passifs , neutres , réjlcchis , réciproques., pronominaujc et wii personnels.

On appelle verbes actifs ceux qui expriment une action dont l'objet est énoncé ou sous-entendu : ainsi, dans les phrases, aimer Dieu , sentir son ami , bâtir une maison , les verbes aimer , servir , bâtir , sont des verbes actifs. Dieu .^ ami., maïion.) sont les

oîjjets de Taction que ces verbes expriment. L'objet de raclioii que marque un verbe , s'appeîle le régime ou conivléinent de ce verbe. Dans cet cxempie, /'«/7?ze Dicu^ Dieu est le régime ou complément du verbe faime. On coiinoît le réj^irae ou complément d'un verbe, en mettant, après ce verbe, les pronoms inlerrogatifs ^?f/ ou quoi. J'aime, qui? Pvéponse, Z)ieu. Je bâtis , quoi F Rép. une maison. Dieu esi le comple'ment du verbe faime ^ maison est le comple'meut du veibe je bâtis.

Le complément d'un verbe actif se place ordinairement après le verbe (quand ce n'est pas un pronom). Exemp. J\nme mon père\ ma sœur sait sa leçon. Mais le complément se place avant le verbe , quand ce complément est un pronom. Ex. je t^aime^ pour faime toi j il nous aime .^ pour il aime nous.

Outre ce premier complément qu'on appelle direct ou simple , certains verbes acliis peuvent avoir un second complément, qu'on appelle indirect ou composé : ce second complément se marque le plus souvent par les mots à ou de .'Comme donner un prix à Cenfant^ enseigner la grammaire à l'enfant ; écrire une lettre à son ami y à l'enfant., est le complément indirect «es verbes donner^ enseigner j à son ami .j est le complément indirect du verbe écrire. Jcc/i^er quelqu'un de me?isonge y avertir quelqu'un à'uite/aute ^ délivrer quelquun du danger : de mensonge.^ est

le complément indirect du verbe accuser ^ elc. Au lieu de regarder ces comple'menls comme compléments indirects des verbes , il vaudroit mieux les regarder comme compléments de la préposition qui les précède.

Le verbe passif est celui dont le sujet reçoit ou supporte l'action marquée parle verbe. Pour former le verbe passif, il faut prendre Vohjit de racllon exprimée par le verbe actif, et en faire le sujet qui reçoive faction que marque le verbe passif. Ainsi , pour mettre au passif le verbe brûler de cette plirase : le feu brûle le bois , dites : le bois est brûlé par le feu.

Oa appelle neutres^ les verbes qui expriment un état , ou bien une action qui ne tombe pas directement sur un objet. Ainsi, dormir est un verbe neutre, parce que ce verbe exprime un état. Partir est un verbe neutre \ car ce verbe exprime une action qui ne sort pas du sujet qui la fait. Nuire est un verbe neutre, parce qu'il marque une action qui ne peut pas tomber directement sur un objet. On ne peut pas dire, nuire quelqiûun ^ nuire quelque chose. Les verbes neutres sont ainsi appelés , parce qu'ils ne sont ni actifs ni passifs. Plusieurs ont un coinpîément indirect, marqué par à ou de : nuire à la santé ^ medire de quelqu'un.

On appelle verbes ré/échis ceux qui eX' priment soit laction d'un sujet qui agit sur ïui-aicme , couitiie, ^e conduire} se dé/en-

tire y soit une action faite par le sujet, et qui aboutit seulement à lui, comme, /> me fais une loi ^ c'est-à-dire, je fais à moi une loi. Dans le premier cas, les pronoms me ^ te^ sc^ nous , vous , sont en complément direct 5 dans le second cas , ces pronoms sont en complément indirect.

On appelle verbes réciproques ceux qui expriment Taction de plusieurs sujets qui a«^tssent respectivement les uns sur les autres de la même manière, comme : ces deux hommes se hattoient et se âisoltnt des injures. Tous les hommes doivent sentr^aider.

On a ïiommé verbes pronominaux ceux qui , se conjuguant avec des pronoms de la même personne , n'expriment ni faction qu'un sujet fait sur lui-même, ni une action qui aboutit au sujet, ni même une action faite par le sujet. Si l'on dit : Cette maison se loue trop cher ^ raciion de louer ne to'mbe point sur le sujet maison.^ parce que ia maison ne peut se louer elle-même. Cette action n'aboutit pas à maison , puisque se. n'est pas pour à soi y elle n'est pas non plus laite par le sujet, puisqu'on ne peut pas dire d'une maison , qu'elle loue. Le veibe se louera donc une signification passive, et la phrase équivaut à celle-ci : Cette maison est louée trop cher.

Le verbe unipersonnel est celui qui ne s'emploie qu'à la 3 -. personne du singulier :

comme, // importe^ il faut ^ il pleut ^il j a , cic.

Les verbes se divisent encore en verbes réguliers, en irre'guliers , et défectifs.

Les verbes réguliers sont ceux dont les terminaisons, dans les temps primitifs et dans les temps dérives, sont exactement conformes à celles du verbe qui leur sert de modèle.

Les verbes irréguliers ou anomaux sont ceux auxquels les terminaisons du verbe qui leur sert de modèle , ne conviennent point dans tous les temps primitifs ou dérives.

Les verbes défectifs sont ceux auxquels il manque certains temps ou certaines personnes que l'usage n'admet point.

Cette division sera éciaircie à Tarticle des conjugaisons.

Enfin , Xo.^ Grammairiens ont nommé verbes auxiliaires f deux verbes qui aident à conjuguer les autres \ ce sont le verbe é/re et le verbe Q^'oir.

Le verbe être est donc tantôt verbe substantif, et tantôt verbe auxiliaire. Il est verbe substantif^ lorsqu'il n'est point suivi du participe passé d'un autre verbe, comme dans, je suis sincère y il est verbe aux liaire ^ lorsqu'il est suivi du participe passé d'un autre verbe , comme dans je suis sorti.

De même, le verbe r/to/r est tantôt verbe actifs et tantôt verbe au.ciliaire. Il C'Jt verbe ciCti/\ lorsqu'il u'accumpa^ue point le parli-

cipe passé d'un autre verbe, comme, il a de t esprit. Il est verbe auxiliaire .^ lorsqu'il se trouve joint au participe passé d'un autre verbe , comme , // a joué , /'/ a perdu.

Le sujet qui fait ou qui reçoit l'action que le verbe exprime, s'appelle le nominatif ou sujet de ce verbe. Dans ces phrases , Dieu voit tout j le travail conduit à la félicité '.^ Dieu est le sujet du verbe voit j le travail est le sujet du verbe conduit. Pour trouver le nomiuatif ou sujet d'un verbe , il faut placer devant ce verbe l'interrogation, qui est-ce qui? La réponse à cette question marque le sujet. Ainsi , dans la phrase Dieu voit tout , si je demande qui est-ce qui voit f la réponse est Dieu. Donc Dieu est le sujet du verbe voit.

Les sujets des verbes sont ou des noms ou des pronoms.

Les pronoms que l'on emploie pour servk* de sujets aux verbes , sont les pronoms personnels, /e , tu., il^ elle., nous ., vous., ils, elles. On connoît même qu'un mot est un verbe , quand on peut le faire précéder de ces pronoms- comme ] écris ^ lu écris., il écrit, nous écrivons , vous écrivez , ils , elles écrivent.

Les pronoms yV, nous., marquent la première personne, c'est-à-dire, celle qui parle ^ tu , vous , marquent la seconde personne , c'csl à dire, celle à qui Icn parle ^ //, cile ,

Page 1