‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 253 sur 279 · ACTION · texte numérisé non relu

ACTION

(Invariabilité).

C'est une personne d'un naturel doux, jamais ne grondant, ne contredisant, ne désobligeant. {Ciié par BESCBbH.)

La mer mugissant ressemblait a une personne qui, ayant été long-temps irrit<'e, n'a plus qu'uu reste de trouble et d'émotion.

(Fènelon).

Toute* sont donc de njéme trempe ,

Obéissante, heurtuse, agissante, Hais agissant diversement

tranquille.

(VOLTAIBE.)

Il y a des peuples qui vivent errants dans les déserts.

(BeBNARDIN de St.-PlCBKE).

Pleurante i mon départ que Pliilis était belle l

(TiSSOT.)

Pleurante afÇiTèg son char veuxtu que l'on me voie ?

(Racine.)

C'est PiDSi que devaient naî-

(La Fontaine.)

Seule, errant à pas lents sur l'aride rivage, La curneille enrouée appelle aussi l'orage.

(I)ELILLE.)

Et la Crête fumant du sang du

miiKttaure.

(Kacine.)

Les peuples empressés au bord

de l'Aréltiuse,

Pleurant de son dé( an, ddmi-

rant sa beauté ,

Cnargeaient le ciel de vœux (>our

sa félicité.

(Voltaime.)

Les animaux vivant d'une

Ire ces àuies riraules donevie manière plus conforme à la brute et bestiale. nature, devaient être sujets à

(Bosscet). moins de maux que nous.

(J.-J. RoussiiAu).

La colonne de gauche nous donne des exemples de l'adjectif; voilà ce que le sujet est, sa manière d'être constante, son habitude, sa qualité naturelle. C'est ainsi que nous disons : une femme charmante; une eau courante. Dans la colonne de droite, le sujet est en mouvement, il agit. C'est ainsi que nous disons : des femmes charmant la

(f) Ils ne sont plus participes depuis trois cents ans , puisqu'ils sont invariables quand ils expriment l'action. Lorsqu'ils expriment l'état, ils deviennent adjectifs, et s'accordent toujours. Ils sont ou l'un ou l'antre, maisjamxis toitt à la fois l'un et l'autre. Quand bonne est adjectif {la soupe est bonne), il n'est pas adverbe (/a soupe sent bon) : il est l'un ou l'autre, et jamais l'un et l'autre.

DES PARTICIPES (SYJNTAXE).

se»

société par leurs vertus, leur esprit : des biches courant dans les bois. L'action est toujoiirij iostaatanfe; l'état est habituel, et jamais limité au moment de la parole.

En général, le «urmot/art/"{l) se place avant l'adjectif : une femme toujours channanie; des fleurs sans cesse renaissantes. Il se placi après le modaiif d'action : charmant toujours ; renaissant sans cesse.

Le négatif ne s'emploie avec le morfaii/" d'action ; ne charmant pas; ne renaissant pas; ne grondant ■pas; n'aimant pas. Avec l'adjectif il n'y a de négation qu'avec le verbe être, et le pas ou point précède toujours,au lieu de suivre : n'étant pas charmanie ; n'étant pas grondante ; n'étant ni aimable ni aimante. Avec le ïnorfu/j/ d'action, le verbe être n'est jamais employé, il tendrait dire : n'aimant pas; n'aimant rien.

La pré(M)siiion en ne s'emploie que devant le modatif d'action , et jamais dt vant l'adjectif. En grondant; en jouant, etc.

Quand bien même le complément direct précédeiaii le modatif d'action, il ne varierait point. ■Ain^i il faut dire sans accord :

Le laurier, le jasmm s' arrondissant en voûtes, De leur umbre odorante embellissaient les routes.

(Cassbl.)

Odorante est adjectif, et modifie ombre. Arron- Uissant est précédé de son régime direct se, mais il reste invariable.

Des malotrus soi-disant beaux-esprits.

(Voltaire.)

J'ai vu cette femme obligeante secourir ses sœurs dans ladversité; les obligeant toujours avec celte délicatesse qui la caractérise.

Conipai ons fadjectif obligeante avec le modatif d'actiun obligeant, toujours invariable, quoique précédé de son régime direct les pour lesquelles sœurs, et de là concluons qu'il n'est pas participe.

Page 1