‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 76 sur 279 · I>G LA PARENTHÈSE · texte numérisé non relu

I>G LA PARENTHÈSE

Le mot Parenthèse, formé du grec, est composé de Trapa, entre, de ev , dans, et enfin de Ttôrjp, je place, je mets.

La parenthèse , dit Estarac, peut être envisagée sous deux points de vue, comme figure de construction, ou comme caractère orthographique.

Nous aurions déjà dû parler ailleurs de la parenthèse, considérée comme figure de construction ; mais comme, en l'examinant, même sous ce rapport, elle a une liaison intime avec le signe orthographique qui la distingue, nous avons cru pouvoir renvoyer ce qui la concerne , pour la considérer ici, à la fois, sous ce double point de vue.

La parenthèse est une espèce à' hyperbate, c'està-dire d'inversion (i) partielle, par laquelle un sens complet et isolé est inséré dans un autre , dont il interrompt la suite; conséquémment, pour éviter l'obscurité, il est essentiel que la parenthèse soit très-courte (a).

Après le malheur effroyable

Qui vient d'arriver à mes yeux,

J'avouerai désormais, grands dieux.

Qu'il n'est rien d'incroyable.

J'ai vu, sans mourir de douleur.

J'ai vu {siècles futurs, vous ne pourrez le croire '. ^h! j'en frémis encorde dépit et d'horreur!) J'ai vu mon verre plein, et je n'ai pu le boire.

Si le discours inséré, qui fait parenthèse^efit trèscourt, on ne se sert pas du signe de la parenthèse, mais on le met seulement entre deux virgules.

Que direz-vous, races futures,

Quand un véritable discours

Vous apprendra les aventures

De nos abominables jours ?

(<) Voyez Inversion aux Figures de construction, (a) /Kneas (nequc enini patrius consislerc mentem l*assiis araor) ra-pidum ad naves prœmittit Achatem. /Eneid., 1,645.) Atdebant, ipsique suos jàm morte snb agrà (Di meliora piis, erroretnque hoslibus illum J) Discissos nudis laniabant dentibus artus..

(Gkorc, 5, 5U'i

Voilà pour la parenthèse, figure de construction.

La parenthèse, caractère orthographique, et dont voici la figure :' ( ), consiste dans deux arcs opposés par leurs cavités, entre lesquels on enferme le sens accessoire qui interrompt la continuité du sens principal. C'est dans ce sens qu'on dit : ouvrir la parenthèse ; fermer la parenthèse. Nous connaissons l'emploi de la parent/lèse, signe orthographique, ipar ce que nous en avons dit comme figure de construction. Nous ferons observer que dans la haute littérature et dans le beau style on n'en faitplus un très-grand usage. Cependant, il est presque impossible de ne pas s'en servir dans les ouvrages du genre didactique tel que celui-ci. Elle n'est admise aujourd'hui que dans les interpositions qui interrompent, qui coupent le sens , pour y répandre un plus grand jour, pour donner des explications courtes mais absolument nécessaires ; c'est une espèce de note de musique jetée dans le corps de la phrase, que la prononciation distingue par un changement de ton, comme l'écriture par la parenthèse.

Il (l'incrédule) porte dans son cœur le juge qui le condamne. (Young.)

Une petite bouche, pourvu qu'elle ne le soit pas excessivement (car tous les excès sont des défauts) est belle naturellement, parce quelle s'ouvre avec plus de grâce et un souris plus fin.

On met aussi entre deux parenthèses : les chiffres qui indiquent un numéro auquel on renvoie , les astérisques, les lettres qui indiquent une note au bas de la page ou à la fin du discours, et les noms d'auteurs des morceaux cités.

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