‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 21 sur 139 · SUR LE PARTICIPE PASSÉ · texte numérisé non relu

SUR LE PARTICIPE PASSÉ

fisTAriablc.

(Sans auxiliaire.)

Attendu l'heure avancée. Passé l'heure fixée. Vu les circonstances difficiles.

(Conjugué avec avoir, sans complément direct.)

Ils ont vaincu pour lui. Les vers m'ont échappé.

Voilà qu'elle a fini; l'ouvrage aux yeux s'expose. (Molière.)

Les superstitions ont duré un certain nonabre d'années et tombé ensuite avec la puissance de leurs sectateurs. '

Dans ce désastre affreux quels fleuves ont tari!

Quels sommets ont croulé ! quels peuples ont péri ! ( DeliUe.)

( donjngné avec avoir, et suivi d'un complément direct.)

Les Arcadiens ont négligé les sciences. Ils ont cultivé les arts.

Diriez-vous pourquoi Cyrus a tant conquis de provinces, traversé TAsie, la Médie, l'Hyrcanie, la Perse, et ravagé enfin plus de la moitié du monde? (Boileau.)

Que vous ont fait les Troglodytes? Ont-ils enlevé vos femmes, dérobé vos bestiaux, ravagé vos campagnes ? ( Montesquieu. )

J'ai vu tous les vaisseaux, j'ai compté les guerriers. (C. Delavigne. )

{Précédé d'un complément direct sous la dépendance d'un inttnitifqoi suit. )

Asservie à des lois que j'ai m respecter,

C'est déjà trop pour moi que de vous écouter. ( Racine.)

Je ne serai pas le plus inutile de tous ceux que vous avez envoyé chercher.

. (Boileau.)

TABLEAU COMPARATIF DES RÈGLES

Variable.

Précédé d'an complément direct, et suivi d'un infiniHf régi pir une prépotitiOB. )

n a marché aux ennemis, et Zes a contraints de fuir.

J'admire la sagesse ^u'il a eue de rester neutre dans cette affaire!

La plante mise en liberté garde rinclinaison qu'on Ta forcée à prendre.

(J.-J. Rousseau.)

{Fait, employé dans le sens transitif, et précédé d'an complément.) n est désolé des pertes qu'W a faites. — Qtie de maux mes ennemis i)i'ont faits !

Laissé, précédé d'un complément direct qu'il régit, et suivi d'un infinitif. )

Je me suis abandonl^ à toute ma colère, et Tal laissée aller sans contrainte. Le monde vous a laissés rire et pleurer tout seuls.

(Dû, permis, voviu, employés transitivement, et précédés d'un complément direct. )

Il m'a payé les sommes qu*\\ m'a dues pendant dix ans.

J'use des libertés que la morale et les lois ont toujours permises,

n faut vouloir fortement les choses çu'on a une fois voulues,

( Participe eu suivi d'un infinitif.)

Il a triomphé de tous les ennemis qu'il a eu à combattre. Que de combats il 9k eu ^ souteair.

(Participe précédé de V, complément direct. )

n a une campagne conmie il /'a souhaitée. Cette nouTelle, Tavez-vous crue ? Je Tai crue.

SUR LE PARTICIPE PASSE. — Suite.

( Précédé d'un complément direct, dépendant d'an infinitif réfi par nne préposition. )

Me faites rien qui ne soit 4îgne des maximes de yertu que j*ai tâché de tous inspirer.

Les fleuves que tous avez eu à traverser ont retardé votre marche.

{Fait, suivi d'un infinitif, et employé comme auxiliaire.)

Ce sont mes sentiments qu'on vous a fait entendre» Que de maux mes ennemis m'ont fait souffrir!

-vn.

{Laitié, précédé d'an complément direct, dépendant d'an infinitif qui le luit.)

Ils sont punis pour les maux qu'ils ont laissé faire.

Il lui reproche les rapines qu'îl a laissé exercer par les siens.

vra.

(Dû, permis, voulu, ayant pour complément un infinitif ou une proposition sons'^ntendne.)

Vous ne lui avez pas adressé tous les remerdments que vous auriez du. II a fait toutes les dépenses que sa fortune lui a permis. Je lui aurais fait tous les vers ^u'il aurait voulu,

(Participe eu précédé d'un complément.)

Quelle peine il a eue à réussir.

Quelles difficultés nous avons eues dans cette affaire.

(Participe précédé de V, tenant lieu d'uu infinitif ou d'one proposition. )

n a une campagne comme il /'a souhaité.

La vertu était aussi pure qu'on /'avait cru jusqu'alors.

TABLEAU COMPARATIF DES RÈGLES

, (Participes employés transitivement, et précédés d'an compléineflt dired.)

n nous a aidés de son crédit, de sa bourse.

Bon valet nous a bien servis,

L*évêque de Meaux a créé une langue que lui seul a poHée. (ChateaubriaDd.)

(Sens transitif.)

Les maux çti'eUe a soufferts sont incroyables.

Comment décrire tous les maux que cette guerre avait traînés après elle ?

(Elédûer.) Tels sont les droits quMls se sont arrogés. (Domergue.)

XUL

( Tont prononùfial essentiel, Tariibto.)

Une nouvelle ardeur s'était emparée de leur cœur. ( Montesquieu.] Elle s*est moquée tour ^ tour de ceux qui s'étaient moqués d'elle. Madame la présidente s'est formalisée de la liberté que j'ai prise de lui écrire sons mn simple pli.

( Pronominaux accidentels précédés d'un complément direct. }

Quelles dures vérités ils se sont dites!

n n'est pas un point de théologie sur lequel les hommes ne se soient divisés.

(Voltaire.) Elles se sont trouvées aux Carmélites, et la réconciliation s'est faite.

(M-« de Sévîgné.) Que les époux se gardent mutuellement la foi qu'ils se sont promise.

(Barthélémy.

Je la vis massacrer par la main forcenée, Par la main des brigands à qui tu t'es donnée. (Voltaire.)

( Coûté, valu, sens figuré.)

Cinquante familles seraient riches des sommes que cette maison a coûtées.

(J.-J. Rousseau.) Les honneurs qu'il m'a valus.

Que de soins m'eût coûtés cette tête charmante I ( Racine. )

SUR LE PARTICIPE PASSÉ. — Suite.

Invariable.

( Participes employés irUramitivemehl, précédés d'un complément. )

Il nous c aidé à descendre.

Vos Dotes nous ont bien servi.

Que de paisibles et délicieux Jours nous eussions coulés ensemble.

( J.^. Rousseau.)

(Sens intransitir.)

Les années qu'elle a souffert ont été nombreuses.

De quoi vous ètes-vous occupés durant les dix-huit mois que les négociation» ont traîné en longueur ? (Bescher.)

Puisse le ciel, qui lit dans mon cœur éperdu,

Ajouter à vos jours ceux que j'aurais vécu. ( La Chaussée.)

(Seule exception aux pronominaux essentiels. —S'arroger.) Ils se sont arrogé ce privilège.

( Pronominaux accidentels, suivis d'un complément direct on formés d'un Terbe intransitif. )

Vous êtes-vous accordé cette définition? (La Bruyère.)

Les Français s'étaient ouvert une retraite glorieuse. (Voltaire.)

Ces jeunes gens se sont convenu.

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