‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 33 sur 139 · Q GRA^MMÀIRB GÉNÉRALE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

Q GRA^MMÀIRB GÉNÉRALE ET HISTORIQUE

On dirait très-bien cependant :

Ceci me venge davantage des sottises d*autrui.

Je suis flatté déplaire à un homme comme vous, et je le suis encore davantage de la bonté que vous avez. (Voltaire.)

Ne nous étonnons pas, et ne nous effrayons pas davantage des reproches que let sciences morales ont encourus, (Guizot.)

parce que dans ces phrases le complément qui suit de dépend, non de Tadverbe davantage^ mais du verbe qui précède.

Vil. Leplus^ servant à exprimer la supériorité relative, ne peut être remplacé par davantage ^ qui expriitie la supériorité absolue ; on dira donc :

De toutes les comédies de Molière, le Misanthrope est celle qui nie plaît le plus,

et non , qui me plaît davantage .

C'est le plus que le sens exige encore dans la phrase suivante :

Les impôts sont nécessaires; la meilleure manière de les lever est celle qui faeilite davantage le travail et le commerce, (Voltaire.)

Environ.

I. Environ est essentiellement adverbe et rejette tout complément; il signifie à peu près :

Il a fait environ deux lieues.

Ces neiges et ces glaces occupent environ deux lieues de hauteur. (Buffon.)

Environ dans le même temps, Ninive fut bâtie et quelques royaumes établis,

(Bossuet.)

II. S'il est suivi de la préposition de et d'un nom, ce nom doit être le complément d'un terme sous-entendu :

La hauteur du monticule est environ de quarante pieds, (Buffon.)

C'est-à-dire, élevée.

Il es^ environ de deux heures est une locution tout à fait barbare.

III. Mais environ peut, comme à peu près, être précédé de la préposition de régissant le nom qui le suit :

Son armée était d'environ vingt mille hommes. (Académie.)

Pour ENVIRON DE vingt mille , d'k peu près vingt mille hommes.

Dfi l'adverbe. 77

IV. Si environ est suivi de deux adjectifs numéraux, ces adjectifs ne peuvent être unis par la conjonction ou qui exprime une alternative implicitement marquée par environ.

On ne dira donc pas :

L'ennemi a perdu environ cinq ou six mille hommes ; mais : i>

Uennemi a perdu environ six mille hommes ; OU bien :

L'ennemi a perdu cinq ou six mille hommes; OU encore :

L'ennemi a perdu environ cinq À six mille hommes,

Guère.

I. Guère est plutôt une particule adverbiale, un complément de négation, qu'un adverbe; en effet, il ne s'emploie jamais seul, et toujours il se joint à Taverbe ne dont il restreint la signification :

n n'y a gdère de gens tout à fait désintéiessés. (Académie.)

Dans la %one torride, les fleurs à grands pétales n'éclosent guère qu'à l'ombre même des rameaux qui les portent: ( Bernardin de Saint-Pierre.)

On dit : Il ne s'en faut guère, et II ne s'en est guère fallu^ quand on veut exprimer une différence sans aucune idée de comparaison :

Après un sévère examen, je tombai d'accord avec moi-même que si je n'étais pas m fripon, il ne s'en fallait guère. (Lesage.)

II. Mais si Ton veut exprimer une quantité ou une qualité relative, on doit faire précéder guère de la préposition de :

Il ne s'en faut de guère que ce vase ne soit plein, (Académie.) S'il est moins grand que vous, il ne s'en faut de guère.

(V. ci-dessus. Beaucoup^ p. 69.)

En vers, on écrit gttère ou guères^ selon les exigences de la mesure ou de la rime :

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ? — Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens ; Car vous ne m'épargnez guère.

Vous, vos bergers et vos chiens. (La Fontaine.)

Mais ces monstres, hélas! ne l'épouvantent yuères; La race de Laïus les a rendus vulgaires. ( Racine.)

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Ici, là.

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