DÉCLINAISON DU VERBE PROPRÉMENT DIT
Vas NHÉBRAÏQUE:
Tout verbe en hébreu peut varier de cinq manières
générales la modification qu'il attribue au sujet de la
phrase, et former cinq modes d'action connus dans les grammairés sous les noms de voix (voces), parce qu'ils expriment dans le sujet les diverses sigaifications de l’attribut. Le verbe phdl (faire) , qui est adopté depuis longtems pour être le modèle de tous les verbes réguliers, donne aux cinq modes généraux d’actionle nom des siens.
Ainsi, la première, qui est connue des rudimentaires sous le nom de pÂdl, signifie faire, produire; la seconde, qui est le passif de la première et qui se nomme zouphäl, signifie être fait, être produit ; la troisième, qui est un autre actif inconnu . des rudiments, et qui se nomme éphaïl, signifie faire faire, faire produire ; la quatrième, qui est le passif de la troisième et qui se nomme éphél, signifie faire être fait, être fait faire, faire être produit, être fait produire ; enfin la cinquième, que les rudimens appellent verbe réfléchi ou réciproque , et qui se nomme éhtaphal, signifie se faire, se produire.
Ainsi, pour désigner la deuxième voix, par exemple, de mésar, livrer, op dit le nouphäl de mésar est roumésar, être livré ; c’est comme si, en latin, on disait l’amor de laudo est laudor, au lieu de dire la voix passive du verbe laudo. | |
On rencontre souvent, en hébreu, des verbes qui me sont pas susceptibles de ces cinq voix ; d'autres, qui en seraient susceptibles, mais qui ne les ont pas : ces variétés sont également dans les autres langues. Quelques verbes ont à l’éphäil, à l’étaphäl, etc., la signification de phdl, et réciproquement Îa voix ph4l , quelquefois la signification de quelquéwunes des autres voix, On voit des verbes qui, dans une voix, ont la double signification active et passive.
Cette différence dans la nature des modifications a fait donner aux verbes les différens nomsdetransitifs, intransitifs, communs, etc. La connaissance de ces dénominations diverses est inutile pour la déclinaison du verbe en hébreu comme dans les autres langues. Il est plus utile de diviser lesverbes en réguliers, quisuivent une loicommuneau plus grand nombre, et en irréguliers, qui s’écattent de ettte loi eommune. Quant à l’hébreu, l’irrégularité n’est ordinairement que dans les lettres radicales, Dans les autres lettres, il y a presque toujours uniformité. Par cette raison nous n’exposerous les verbes irréguliers que sommairement; les réguliers auront seuls un développement complet , qui sera commun pour tous, et ce SexEIPppe ment est simple.
Chacun des cinq modes généraux d'action se modifie par les trois modes de l'identité : 1° par le mode impersonnel nominal (infinitif), qui exprime sous la même forme le tems simultané, l’antérieur et le postérieur; 20 par le modé impersonnel modificatif (participe), qui exprime sous la même forme le tems simultané, l’antérieur et le postérieur, et qui suit la loi des qualificatifs pour désigner le féminin et le pluriel; 3° par le mode personnel ou atiributif, qui exprime l’attribut complet déterminé par la personne et le tems.
.Le mode attributif personnel n’a que deux formes d'identité : l’une positive qui, modifiée par un sabmodatif, sert pour la forme subordonnée (subjonctif) et la forme suppositive (optatif); l’autre rationnelle i mpérative (impératif), qui s'emploie pour commander, prier, permettre, exhorter, quelquefois pour promettre, comme lorsque Dieu dit dans les proverbes, 1v, 4 : serva not mea et vive (pour vives).
La forme positive du mode personnel n’a que deux tems : {° l’antérieur à la parole, qui exprime ce qu’on appelle dans les rudimens imparfait, parfait, plusque parfait, aoriste ou prétérit de l'indicatif, du subjonctif et de l'optatif ou conditionnel , souvent aussi le présent et le futur; 2° le postérieur à la parole, quia d'abord la valeur
Ld
des diflérens futurs des autres langues, et qui sert, en outre, à exprimer l'impératif, à signifier Phabitude de l’action on de l'état exprimé par le verbe; et à marquer un tcms indéterminé nommé aoriste, comme quand on dit en français : l’homme sage considère la fin et les moyens d’y arriver. Nous avons dit, d’après Harris, au système des tems, pourquoi le verbe hébraïque n’a point de présent. Dans les phrases incidentes il se traduit par le modilicatif-verbal', précédé de l’aoriste, comme en grec quand on dit : celui qui frappe, & ruxôwv (celui frappant).
La forme impérative n’a qu’un tems qui est proprement un postérieur à la parole, puisqu'il se remplace souvent par le futur. Il manque de la première et de Îa troisième personnes tant du singulier que du pluriel.
D'où il suit que le système de la déclinaison du verbe en hébreu est fort imparfait.
Nous allons présenter dans un tableau Ja déclinaison ou conjugaison du verbe en hébreu, sans toutefois employer les caractères hébreïques, mais nous bornant à en traduire ou figurer la prononciation, comme mogen de diminuer les frais de composition ou d'i impression de cet ouvrage.
Tems.
Se pers. ) mascukin.
1° pers commun,
Passe. 8° pers commun, : { masculin.
Pluriel 29 pers. | fénsinen.
gare pers. commun.
matculin.
—— 3 pers. Gminin.
ingulier masculin.
2° pers | fémiuin, Fuiur. RE marre ; | 3° pers. À féminin.
urie masculin.
: 2° pers. féminie.
1e pers, commun.
Siaguler 2° e a Impératif.‘ de ad Ésar Pluriel! 2° pers. { fémiuio. i
Mode incident (participe). + + . , + .
Mode intégrant {intinitith . . . . . + .
Déclinaison du verbe en hébreu.
Mode phil.
Phäl
phälé phälath phélathi phèlou phâlatham phälathars Phâälathanou
i bal * a2=
hâl
thapbäl thaphäli apbäl iphatsa
spbhälan thaphälou thephalan nouphâi
et ,ae
phäl
pbäli
pbilou
phälsa l
phäl { phal
Le
Mode nouphäl.
nouphäl (même crémens où désinences que pbät)
iphâl {mêmes augmens et crémens que phäl)
noupbäl fmèêmes crémens que
pbäl)
noupbhäl U hou phül F être fait.
Mode éphäil.
éphèil
rte éphôlath éphalathi éphäïlsneu éphélathan !{ éphâlsthen éphälathauou
éphäïil
(mêmes sugmens et ere-
mens que phâl)
épbäil (msèmes crémens que phäl} ?
méphäil Î éphail à faire luire,
Mode éphäl.
Mode éthaphäl.
épbsl
{ même crémens e phäl ) HE
iphil
{mêmes crémens et augmens que nouphäl}
(cette forme manque)
éphäl ephal
éthaphäl
( mêmes crémens que pbäl)
itbephal
(mêmes crèmens”et ef mes augmens que phà devant le tk caractéristique)
éthapbil (mêmes crémens que phäl )
méthaphäl éthaphäl
faire ètre fait, être fuit faire. |se faire.
La déclinaison du verbe en hébreu commence par la troisième personne, parce qu’elle est plus simple que les autres qui sont formées par l'addition de quelqueslettres,. C'est pourquoi quelques grammairiens Îa regardent comme la racine du verbe. D'autres disent que la racine est l’infinitif, parce qu’elle n’est composée d’ordinaire aussi que de trois lettres. Cette dernière opinion est plus conforme à la nature de la modification exprimée pour le verbe, parce que sous cette forme elle est montrée dans toute sa généralité avant qu’elle soit particularisée , déterminée à tel tems ou à telle personne. ‘Leibnitz dit que la racine est l'impératif, parce que cette forme a moins de lettres que linfinitif.
Les verbes réguliers se reconnaissent par trois lettres radicales qu’ils conservent constamment dans toutes leurs formes ; par exemple, phdl (faire), nésar (livrer), béran (bénir), sathab (écrire). Il faut observer que l'écriture hébraïque n’a proprement que des consonnes.
Les verbes irréguliers sont défectueux ou d’une seule lettre, comme ikar (former), ou de deux lettres, comme abé (vouloir); d’autresont quatre lettres radicales, comme carébel (couvrir); quelques-uns ont jusqu’à cinq lettres radicales, commeiphiphé (être beau), séréchéré (tourner).
Les verbes irréguliers ne diffèrent presque jamais des réguliers dans les augmens et les crémens ; la différence n’est que dans les radicales. Cependant leur déclinaison admet quelques variantes que nous omettons ici comme celle des verbes réguliers.