XIV PRÉFACE
riel? La déclinaison latine, fournissant , des pluriels avec s, mais aussi des pluriels sans s, ne donne point de solution. Pourtant c'est bien dans la déclinaison latine qu'en est la cause ; mais c'est dans cette déclinaison interprétée par l'ancienne déclinaison française. Dans nos noms, le nominatif pluriel était marqué par l'absence de Ys sur le modèle de la deuxième déclicaison latine, populi, domini et le régime par Ys sur le modèle de populos, dominos. Puis, comme la langue moderne perdit le nominatif et ne garda que le régime, Ys se trouva la caractéristique du pluriel. En cela, rien d'arbitraire.
" Inversement, au singulier, le nominatif avait Ys, sur le modèle^de dominus, et le régime ne l'avait pas, sur le modèle de dominum. Ici encore, comme au pluriel, nous avons conservé la forme du régime et rejeté celle du' nominatif; l'ancienne langue disait li rois, le roi, li chevals, ou chevaus, le cheval; nous disons, nous, le roi, le cheval. A cette règle de l'ancienne langue, on rencontre une exception digne, comme toutes les exceptions, d'être considérée; c'est cors, tems,ues, lez, qui ont une s même au régime, et qui représentent corpus, tempus, o pus, lotus. Or ces~noms neutres gardent, en effet, dans le latin, 1*5 à l'accusatif; et le français reproduit cette particularité, effacée dans l'italien, corpo, tempo, uopo, al-lato.
Je viens de parler du mérite des exceptions ; en voici une que je recommande, bien que je l'introduise subrepticement, car c'est un fait de vieille langue, sans attache dans la nouvelle, et de ces faits, M Brachet,