‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 92 sur 181 · I. Infinitif présent. Être, en vieux français estre · texte numérisé non relu

I. Infinitif présent. Être, en vieux français estre

Aux ve-rbes défectifs tels que velle, posse, offerre, inferre, esse, qui étaient trop courts pour donner des infinitifs romans, le latin vulgaire ajouta la désinence re et les assimila faussement aux verbes de la deuxième conjugaison. — C'est ainsi que dès le sixième siècle on trouve dans les textes mérovingiens volére (pour velle), potere (pour posse), offerrere (pour offerré), inferrere (pour inferre), essere (pour esse) .

Essere, étant accentué éssere, devint êss're ou estre, qui est notre infinitif français. Cette étymologie est d'ailleurs confirmée par la forme du verbe être dans les autres langues romanes, qui est essere en italien, ser en espagnol, ser en portugais, esser en provençal.

A ceux d'ailleurs qui douteraient qu' essere ait jamais existé, il est aisé de répondre par des textes positifs :

Dans le Recueil d'inscriptions romaines de Gruter (n° 1062, 1), on lit cette épitaphe trouvée à Rome dans une église du septième siècle : Cod estis fui et quod sum essere abêtis, c'est-à-dire quod estis, fui : et quod sum, esse habetis. (Ce que vous êtes, je le fus, et ce que je suis, vous aurez à l'être.) Nous trouvons dans une série de diplômes carlovingiens1, à l'année 820 : e quod essere debuissent.... » — A

i . Perard. Recueil de pièces relatives à V histoire de Bourgogne < Paris, ^664, p. 34-36.

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